Le blog de Nimic II

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lundi 25 mars 2019

Baiona

Baie de Baiona côté port
Baie de Baiona côté plage
Baie de Baiona côté îles
Quelques amis étaient passés nous aider à larguer les amarres. L'un d'entre eux, bien avisé, avait glissé : si besoin, arrête-toi à Baiona ! Eh bien, nous y voilà, après avoir constaté que le complément de charge fourni par l'hydrolienne serait indispensable à l'équilibre énergétique du bord. Je vous présente donc l'objet du délit : un piètement d'engin non adapté à son environnement, ici une machine soumise à de fortes turbulences marines.
Piètement d'hydrolienne déchaussé
Du coup, on admire la baie depuis son centre, où Nimic est venu tranquillement mouiller au cours de la nuit dernière. On en profite pour se reposer, en tenue de circonstances, avant de descendre à terre régler les divers dossiers en cours. Et en attendant que les vents repassent au-dessous des 30 noeuds...!
Chapeau de paille pour selfie

samedi 23 mars 2019

C"est le printemps sur Nimic II

Giboulées de printemps Deux fois dans l'hiver on avait démarré. On était revenu. Trop de pépins techniques, trop d'impondérables météo. Il ne s'agit pas de risquer tout, il s'agit de prendre du plaisir en retombant en enfance, à bord d'un bateau ami, aimé, auquel on a tout donné. Et voilà qu'on en reçoit les grands bonheurs du large, comme ces virgas au lever du soleil le jour du printemps. Les grains d'est qui s'en sont suivis racontaient des légendes de tempêtes à venir. Mais on se glissera jusqu'aux îles avant qu'elles ne fassent céder la dorsale anticyclonique qui s'est installée des Açores à la pointe de Bretagne, avant que les doutes ne prennent le dessus sur les bonheurs.
Et si vous lisez ce post, c'est que la dorsale a tenu... ou alors que la skipper de Nimic II connaît ses limites et a mené sa barque dans un des nombreux ports d'accueil sur la route. Ou plutôt (info de dernière minute), qu'on a rencontré du réseau favorable au large de la Corogne ;)
Cinq jours à manoeuvrer dans le golfe de Gascogne à la recherche du meilleur vent. Tempête de pétole au large de la pointe d'Espagne, les escadrilles de cargos surgissent de nulle part et repartent de même. Les bataillons serrés de goélands se posent à deux cents mètres devant nous sur la mer, dans l'espoir de quelques agapes quand le bateau traverse laborieusement leur groupe. Toutes les demi-heures, un signal est donné et le pack s'envole derrière pour reprendre sa place devant. Ce manège s'est produit une demi-douzaine de fois, j'en ai déduit que nous avions avancé de presqu'un mille sur l'eau. Sur le fond, c'est une autre histoire, le GPS donnait parfois des vitesses négatives par la grâce des courants côtiers ou de marée.
Qu'importe, nous sommes en mer, il fait beau, en journée les panneaux solaires étalent parfaitement la consommation du pilote. Seul petit souci, l'hydro a faussé compagnie à son embase, la ferrure est complètement déformée par la force de l'eau, mal calculée, mal dimensionnée par des novices en matière de mécanique marine. On a récupéré l'engin qui faisait ancre flottante sur son bout de sécurité. On attendra la prochaine escale pour étudier la question. Peut-être même que d'ici-là on aura tout bonnement décidé de se passer d'hydrolienne !
On vous embrasse Bise

vendredi 15 mars 2019

Jamais deux sans trois

A l'heure où vous lirez ces lignes, nous serons peut-être déjà en mer pour notre troisième tentative de départ ;) Alors, pour vous faire patienter dans l'attente des nouvelles de l'arrivée prochaine de Nimic II aux îles Canaries (ou peut-être sera-ce seulement Madère...), je vous propose une lecture : Couverture de Sept Voiles
Argumentaire : "Entre la petite histoire et la grande, Ariane démêle les légendes qui l'ont conduite en Afghanistan, un pays enclavé à mille milles de toute étendue marine alors qu'elle est une fille des îles adonnée à la voile depuis l'enfance. Comment vit-on sa vie quand on n'y a pas trouvé de sens, quand les gens que l'on côtoie y rajoutent en mensonges délibérés, quand la société se délite dans le virtuel ? Le roman nous distrait-il par des sornettes, ou y trouvons-nous matière à nous construire dans la crudité de situations réelles, leurs risques et leurs perspectives, fussent-elles la fuite, l'impuissance ou le combat ? La brûlure de l'expérience et l'urgence de l'écriture recollent les péripéties de l'absurde, recentrent le vécu, et nourrissent l'étincelle d'espoir."
Couverture : dessin de Kaci, avec l'amicale autorisation de l'auteur et l'accord de l'éditeur. Photo : droits réservés. Enjoy !

mercredi 13 mars 2019

Avis de recherche - Wanted

Brûleur de réchaud Optimus
Il est d'origine, fonctionnel, sécurisant, le réchaud à pétrole Optimus du bord. On pourra entendre les arguments contraires des partisans d'un réchaud à gaz, et c'est ce dernier type qui équipe les cuisines des voiliers modernes. Sur Nimic II, on reste attaché aux choix du grand ordonnateur... Sauf que parfois, des pièces viennent à faire défaillance, comme aujourd'hui la grile de l'un des brûleurs, qui vient de céder sous l'emprise de l'âge, l'humidité, la corrosion...
Grille de brûleur HS
Ce modèle n'est plus commercialisé :( L'équipage serait très reconnaissant.e à quiconque disposerait de pièces de ce type et pourrait nous les faire parvenir. Merci d'avance !
Grille de brûleur réchaud Optimus

dimanche 24 février 2019

Jamais fini les bricoles

Grand-voile libérée
Il y a toujours quelque chose à faire sur un bateau qui attend sa fenêtre ! Mais les jours propices au bricolage sont peu nombreux, alors on cumule : hisser la grand-voile pour enlever les ris de la dernière nav, changer les attaches de la capote, changer les poignées en bois du panneau arrière, mettre des tapons un peu partout pour faire beau, imaginer une rehausse à la taille de la capitaine pour la timonerie intérieure, tout ça c'est du détail.
Ferrures de capote et tapons de descente
Nouvelles poignées pour panneau La tête dans la bulle
Le plus important de nos travaux des dernières semaines fut de placer des taquets sur le maître bau (histoire de ne plus se retrouver en drapeau lors d'un apontage solitaire), de poser l'antenne GPS de l'AIS, et de terminer la mise au point de l'hydrolienne. Avec tout ça, on devrait être prêt quand la Corogne sera enfin dégagée :)
Amarrage sur le maître bau
Anttenne GPS pour le transpondeur AIS
Fort Boyard en action
Et en attendant, on admire les derniers travaux de dragage du port, avec le magnifique Fort-Boyard en évolution au mètre près !

lundi 4 février 2019

Vélo de balade ?

Vélo de ponton
Vélo de balade
Mi-coque en noir
Rendez-vous d'affaires
Vélo d'affaires, vélo de chantier, vélo de ponton ? Il m'a accompagnée à chaque moment depuis trois ans, mon seul moyen de locomotion sur le projet Nimic II autour du monde. Je lui promettais justement une révision complète pour restaurer ses fonctions de freinage ou d'embrayage, aux bons soins de Charier qui me l'avait préparé et entretenu tout ce temps. Mais hier, au déclin du jour sur la jetée Est du port de l'Herbaudière, alors que le joli soleil avait pu donner des envies de changement d'air, il a préféré la fonction vélo de balade à celle de vélo de charge, et pris la poudre d'escampette.
J'en appelle aux liens d'amitié qui se sont noués depuis trois ans, ainsi qu'au remord qui'il pourrait ressentir à me laisser ainsi totalement démunie. Je gage que mon fidèle vélo retrouvera sa place sur le projet. Peut-être que les deux dames repérées à l'aider à prendre sa liberté sauront lui faire entendre raison ?

mercredi 30 janvier 2019

Gabrielle

Nimic dans sa toile de sécurité Ils disaient : tu ne vas pas rester à bord, hein ? Comme une araignée dans sa toile, Nimic II s'est préparé à accueillir Gabrielle, la première tempête à traverser le Golfe cet hiver. Le noroît prévu juste par le travers du bateau le basculerait vers le ponton sous l'effet du fardage. Fallait-il fuir vers le fond du port, ou rester appuyé sur le gros pieu du ponton de la SNSM ? On a choisi. Le jeu est d'éviter que les deux masses entrent en collision, avec retenues, amarres et autres défenses renforcées style pneus de camion. L'équipe du port n'était d'ailleurs pas en reste de vérifications.
Vérifications avant tempêteRafales à 12 Finalement, en situation, ça ne dépasse pas les quinze degrés de gite. Par contre, l'anémonètre s'est pris quelques trépidations, dont on a pu saisir les plus modérées. La pointe à 62,1 noeuds a échappé à la vivacité de notre objectif ;) On s'en tire avec un sommeil bien moins troublé qu'en mer et juste quelques traces noires sur le gras de la coque Yess !

lundi 28 janvier 2019

Calme et tempête

Petit matin lumineux à l'Herbaudière
David au secours de l'enrouleur de foc
Florent à l'aiguille pour le Martroger
Les amis sont venus, merci ! Depuis trois semaines maintenant, les petits travaux avancent, aux bons soins de nos voiliers favoris, Simonin dans le gréement, ou Burgaud pour l'électronique. On attend les taquets et les boulons pour renforcer l'amarrage au maître bau. Et bientôt on pourra se mettre à l'affût de la prochaine fenêtre. Pour l'instant, elle est bien fermée, il suffit de jeter un oeil par le hublot pour s'en convaincre, si les oreilles n'y suffisaient pas ;)
Noroît à force 10
Bonne année à tous !

samedi 5 janvier 2019

Réveillon à la mer

Météo de Nouvel An
Une hirondelle à bord
On a largué les amarres à la Saint-Sylvestre en début d'après-midi, avec une météo maussade quoique prometteuse : peut-être une dizaine de jours en régime d'est garantissant une calme traversée du golfe et une descente vers les Canaries dans les meilleures conditions. On passait la bouée de la Grise avec toute la voilure établie au portant sous pilote. Route au 220, la mer est belle, le vent léger, la vitesse entre 4 et 5 noeuds, c'est l'euphorie du grand départ. Ça n'a pas duré.
Dès la tombée de la nuit, soit deux heures et demie sans charge au moteur, on notait une baisse à 88% de la charge du parc des instruments de navigation, qui reçoit pourtant en priorité les imports des panneaux solaires (manifestement inopérants avec ce ciel plombé) et de l'hydrogénérateur (pourtant en situation favorable d'autant que la vitesse augmentait à six noeud avec le vent forcissant). Le moniteur donnait une autonomie de 10 heures. On est alors passé en couplage avec le parc de batteries lumières histoire d'améliorer notre autonomie, soit 22 heures dans ces nouvelles conditions. Et puisqu'on était parti pour réveillonner en mer, on décidait de ne décider que le lendemain ;)
A l'heure de l'extinction des feux le 1er janvier, on a découvert une hirondelle de mer transie dans le cockpit, on lui a promis de la ramener à terre. L'autonomie était passée à 13 heures, et le ciel commençait à s'éclaircir, laissant espérer l'apparition du soleil et l'apport d'énergie par les panneaux solaires. On a alors lancé une requête météo. Ca nous a pris vingt minutes de connexion satellitaire tout de même, pour constater une dégradation des conditions au niveau de la Corogne. La raison était de rentrer à l'Herbaudière. Pour ramener l'hirondelle au sec, bien sûr.
Lever de soleil babord amure
Coucher de soleil tribord amure Chacun aura deviné que, du coup, il fallait rentrer au près. Nos dix-huit heures de grand largue babord amures se sont soldées par soixante heures de près en tirant des bords à voilure progressivement réduite dans le vent forcissant, pour se terminer le dernier jour avec deux ris dans la grand-voile et la moitié du foc enroulé, avec 20 à 30 noeuds de vent et une mer agitée. Heureusement le bateau navigue tout seul barre amarrée dans ces conditions, plus besoin de pilote, et comme le soleil est apparu le 2 janvier, les batteries se sont stabilisées à 70% de capacité. Ouf !
On frôle Belle-Ile
Après un coucou au Goulphar, Nimic II a croisé sa route à la bouée de la Grise pour rentrer avec le flot dans la nuit du 3 au 4 janvier. La capitaine a connu un grand moment de solitude pour l'arrivée au ponton de nuit par vent d'est de 20 noeuds. Le bateau s'est retrouvé en drapeau par l'arrière, il a fallu une demi-heure de reprise d'amarres pouce à pouce pour regagner sa place au ponton visiteurs, sans casser personne dans le port Yess !
L'hirondelle est arrivée vivante, mais pas bien en forme. Peut-être ses mânes nous ont-elles jeté un sort, parce que le lendemain, en complétant mon amarrage, je me suis retrouvée à l'eau, juste à l'endroit où je l'avais délicatement déposée pour qu'elle rejoigne les éléments de l'univers.
Epilogue. On a peut-être trouvé une explication à la défaillance de l'hydrogénérateur : un des boulons de fixation a sauté ! Cela vient compléter la liste des menues défaillances que ces trois jours de mer ont apportées, et qu'on va s'attacher à réparer en attendant la prochaine fenêtre météo et les visites de nos amis.
Hydrogénérateur déboulonné