Le blog de Nimic II

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 21 septembre 2019

Grandes orgues

Mouillage de Porto Santo vu de la montagne
Montagnes avec palmiers...
...et moulins
A défaut de visiter l'usine de biocarburant - qui semble se claquemurer dans le secret, on découvre des paysages grandioses. Malgré la profusion de palmiers probablement destinée à masquer la déforestation ancienne. Et si la lumière semble un peu chafouine, c'est qu'on a préféré les jours de crachin pour crapahuter dans les montagnes plutôt que se faire calciner sous le soleil. Comme le terrain de golf qui accapare la plus grosse part des ressources aquifères de l'Ile.
Golf de Porto Santo
Montagne avec cactus
Montagne avec piano à Porto Santo
Ce qui ne nous a pas empêché d'admirer le grand théâtre naturel des orgues basaltiques, où l'on verrait bien un jour se produire un orchestre de cuivres. Histoire de se mettre en harmonie avec l'univers ;)
Et puis, souvent, il fait beau quand même :)
Cuisinier des Walkyries
Farniente à la plage
En attendant Fiflou
PS: Dans la série 'grandes orgues', je viens de découvrir un petit bijou sur U-Tube : Le vent siffle, en direct de Nimic II.

jeudi 12 septembre 2019

Migrant

Pointe des Galets
Lamanage au port
Personne ne se souvient plus vraiment d'où il arrivait. Tout le monde sait qu'il s'est installé ici avec des idées folles glanées dans les bibliothèques et les tavernes des ports. Il a épousé la fille du Gouverneur avant de repartir pour un long voyage. Et c'est lui qu'on fête aujourd'hui parce que sa vision du monde l'a transformé à tout jamais. Son nom ? J'ai déjà eu l'occasion de le citer dans ce blog... travaillez un peu, que diable ! Lui était un peu plus glamour que le parasite que je tente vainement d'implanter maintenant au même endroit, hinhin.
Collection de ratières
Dans la récente collection de ratières de Nimic, quelle est celle qui a produit le résultat souhaité, le cube de bois chinois, la méchante tapette industrielle ou la cage à ressort malaisienne ? Réponse : aucune ! Pendant toute la semaine l'animal a soigneusement évité les pièges disposés à son intention sur ses destinations gourmandes, et slalomé chaque nuit jusqu'au bouquet de ciboulette qu'il a dévoré avec délices, non sans laisser trace de ses agapes sur les coussins du carré. Je me suis résolue à semer en plus deux appâts empoisonnés, qui, oh miracle, ont disparu aussitôt ! Le rongeur rongé est probablement en train de cuver fatalement sa gourmandise quelque part dans les fonds, où je le repèrerai un de ces jours à cause de son odeur de putréfaction :(
L'énergie du vivant
Migrant de prestige, migrant des bas-fonds... migrants travailleurs ? C'est l'accroche du jour, la surprenante découverte, entre port et montagne, d'une toute nouvelle unité de production de carburant biosynthétique, qui fait travailler les algues : Buggy Power, l'énergie du vivant ! Je vous en dirai plus si j'ai l'occasion d'y aller voir de plus près :)
Mouillage à Porto Santo
Bon, allez... Pour ceux qui donnent leur langue au chat, je signale qu'un nouveau navire vient de se glisser dans le port... Ca vous en dit un peu plus sur ce mystérieux migrant, non ?
Santa Maria do Colombo

mercredi 4 septembre 2019

Faire le point

Un fleuve à la mer
Depuis presque quatre ans que je lui consacre toute mon énergie, Nimic II est aussi prêt que pourra jamais l'être un vieux bateau comme lui. Structures vérifiées et consolidées au besoin. Fonctions essentielles ramenées aux techniques contemporaines. Nouvelle fonction d'autonomie énergétique pour assurer le pilotage automatique. Assurance sécurité et maniabilité incluse dans la conception initiale : gréément en ketch, coque acier, prise minimale à la vague, calculs de résistance pris en compte au maximum, merci Papa.
Depuis presqu'un an que j'habite sur Nimic, j'ai eu le temps d'apprécier son habitabilité et son confort. J'y ai pris mes aises, à se demander même si un grand gabarit pourrait maintenant y trouver sa place... Mais bon, la hauteur disponible sur le tabouret de navigation sous la bulle est d'un mètre quatre-vingt-douze ;) ainsi que la hauteur sous barrots devant le hublot de veille à l'avant. Il est possible d'organiser la vie à bord en deux appartements avec sanitaires, séparés par le carré, merci Maman.
Depuis presque six mois que Nimic et moi sommes partis de l'Herbaudière, toutes les petites conneries qui pouvaient arriver sont arrivées, et réglées. Il y en aura d'autres, c'est le propre des vieux bateaux, on doit être prêt à bricoler dans n'importe quelles conditions, ou encore à faire des listes de problèmes à résoudre à l'escale. C'est ça ou un bateau neuf, dont je n'aurais jamais eu les moyens. Ni même l'envie, en aventure comme en transmission. Et puis, qui a dit qu'un bateau neuf n'avait pas d'avaries ? Ca flambe mieux, au propre comme au figuré, mais ça ne navigue pas forcément mieux. Merci Auzépy-Brenneur.
Incident de bricolage
Alors faisons le point. J'ai le sextant, le mode d'emploi, les tables, mais pas encore l'art et la manière. D'ailleurs, avec tous les outils GPS on obtient instantanément une position à quelques mètres près, alors que le meilleur point astronomique donne une incertitude de quelques milles. A quoi bon ? La vraie problématique pour la suite du programme, c'est de renouveler l'abonnement satellite, pour obtenir des prévisions météo à jour, de compléter la collection des instructions nautiques, pour le choix des atterrissages, et d'étendre la bibliothèque de cartes, qu'elles soient en papier ou en micro-chips à insérer dans la paire de traceurs qui a été attaquée la semaine dernière par notre passager clandestin. Ca coûte la peau des fesses, que je me suis déjà arrachée sur les précédentes dépenses. Dans l'état actuel de mes finances, la perspective est de continuer le projet avec les seules cartes Open CPN sur mon vieux micro, ce qui me paraît léger. Et qui annule l'intérêt des investissements divers précités. Comme si on revenait dix ans en arrière... ou à l'époque des Moitessier et autres Damien. Ben, c'est ça l'aventure. Merci qui ?
Mouillage sur sable fin Sinon, le rongeur laisse ses crottes la nuit, évite la tapette, ronge les liens de ma veste de quart, vole le crayon de la table à carte, panique un peu, quoi... Je le crois logé dans le circuit de chauffage. Quelques bricolages en instance, comme réajuster la hauteur de la capote quand j'aurai trouvé une lame de scie de rechange. Changer l'eau des réservoirs, trop boueuse à mon goût, soit qu'elle ait été remuée par notre navigation, soit que notre précédent plein ait été souillé. Et l'île, dans tout ça ? Volcanique, petite, lumineuse sous le soleil, avec une baie à fond de sable doré tellement limpide qu'on se croirait mouillé dans une piscine. Ca change de la vasière de Seixal ! Je pense que je vais y rester un petit moment histoire de promener mes chaussures de randonnée :) Merci la vie !
Ile de Porto Santo

samedi 31 août 2019

Rêve d'île

Lever de soleil en poupe
Ces quatre jours jusqu'à Porto Santo, le soleil est apparu le matin en poupe dans le sillage de Nimic II. Nous avons quitté le continent par brise modérée de nord-est sur un grand bord de largue tribord amure vers les îles du large pour une première vraie route océanique en solitaire. Euh... en duo, le bateau et moi !
Croisement de cargo
Ou plus sûrement même est-ce en trio, et je ne parle pas de notre furtif et indésirable rongeur de fils. Je ne suis pas seule. Tu es avec moi. Les étoiles étincelantes même cachées, les nuages et les vagues insaisissables, le vent de leur musique, les oiseaux grands voyageurs, les habitants des abysses mystérieuses, le bateau que tu as juste effleuré et son passager clandestin, tout me parle de toi. Fifou. Juste pour mesurer ma folie à la tienne, sache que tu n'es pas seul. Je suis avec toi. Tout le temps. Mon bonheur n'est pas de pavoiser une bannière de solo sailor, elle est là pour la sécurité et je suis prête à l'amener. Mon bonheur serait, est de partager cette aventure avec toi. Echange ou poésie, rêve ou partenariat réel, sous une forme ou sous une autre, c'est cadeau. Tu es avec moi. Tout le temps. Tout fou, tout flou que tu sois. Fiflou. Merci. Ce soir, plutôt que sur la couchette de quart je rêve au mouillage dans la cabine du pacha :)
Rêve de Porto Santo

mardi 27 août 2019

Le torchon brûle !

Remise à l'eau
On avait quitté Amora avec l'intention de faire du fuel à Cascais, puis de mettre le cap sur le grand large. C'était sans compter sur les projets de notre passager clandestin. Le traceur de la table à carte a refusé de faire son office, donner les fonds dans les eaux douteuses :( J'ai dû rester dans le cockpit en attendant de régler ce mystère, je penchais pour un coup d'humidité au moment du lavage du pont avant la remise à l'eau. Mais bernique, le traceur est resté impertubablement noir, et en arrivant au ponton des appros de Cascais mes soupçons se sont portés sur le rongeur du bord...
Connexions du traceur de table à carte Avec l'aide de Rodrigue, de chez Garmin, j'ai finalement identifié le lieu du problème et lui ai donné une solution... sûrement pas catholique, mais qui conviendra pour l'instant !
Régal de rongeur
Bricolage d'alimentation Ca fait quand même cher le morceau de collant, car le coût de la nuitée à Cascais laisse loin derrière celui de l'Herbaudière en pleine saison. J'espère bien que le rongeur aura pensé à y faire plus longue escale, nous, on s'en va ! Nous serons, si tout va bien, à Porto Santo dans moins d'une semaine. Atè jà, todos !

dimanche 25 août 2019

Héron, héron, petit patapon

Au ponton de Tagus Yacht Center
Largement plus d'un mois que Nimic II profite des aménités du chantier Tagus Yacht Center, à Amora. On a essayé de faire entrer dans le cadre le magnifique couple de hérons qui promène sa jeune famille autour de la lagune..
Couple de hérons en chasse
C'est qu'au rythme portugais, il a fallu une certaine patience pour obtenir les résultats souhaités : annexe, tube de chaîne, davier sont réparés. On a aussi amélioré la fixation du taquet de bordé avant tribord, qui ne tenait que grâce à une épaisse couche de mastic Yikes!
Tout ça m'a donné le temps d'une révision complète des winches :)
Winch de bôme en maintenance
Taquet de bordé à remonter
Du coup, trois semaines après l'arrivée au ponton, j'ai décidé de faire un carénage complet. Ca n'était pas du luxe, parce que la lagune en avait profité pour nous envahir.
Carène au karcher
Hélice au propre
Nouvelle carène
Bon, en échange des coquillages et diverses algues, on a récupéré un rongeur à bord :( Ca ne nous empêchera pas de partir vers les îles, Navigation hauturière la fenêtre est en train de s'ouvrir... Mais on ne le laissera pas piquer les vivres !

jeudi 25 juillet 2019

Fif

Fif maximal
Tu fais kiffer les motifs de mon vif. Tu glyphes d'une rime intuitive sur le récif de mes langueurs. Ton pif sniffe le résif de mes humeurs. Tu es l'as de l'esquive, fugitif, disruptif, rétif, répulsif, abrasif, tu griffes ta rancoeur quand le coeur a ses manifs que tes raisons ignorent. Mais le frisson persiste, naïf, convulsif, instinctif, exhaustif, affectif, inductif, combatif, cognitif, jouissif, et c'est le son de ton âme qui résonne dans la transe des cuivres et du trombone. Dans la danse du rire et de la blague. Dans le mouv qui souffle sur les vagues. Furtif. Fif.
Orchastre de fifs
Varech : 'Tout furtif est un orchastre. Son jazz intérieur touche au cosmos parce qu'il peut agir sur la matière même.' Louise : 'Il n'y a pas de lendemains qui chantent. Il n'y a que des aujourd'huis qui bruissent.' Toni : 'Entrer dans la métamorphose de soi. Faire muter les autres, les faire sortir de leur dedans. Accepter que le monde te percute et que tu percutes le monde.'
Lieu de rencontre furtive
Merci à Alain Damasio.

dimanche 21 juillet 2019

Hypalon vs. PVC

Lots de colle pour réparation d'annexe
Et (1), et (2), et (3), et (4) Yess !
Le dernier collage est encore en train de sécher. On croise les doigts. Comme un cosmonaute à l'isolement pendant six mois dans un caisson au sol pour renforcer sa résistance pour des vols spatiaux, me voici depuis plusieurs semaines sur Nimic mouillé au milieu de la baie de Seixal, dans l'attente de réparations indispensables et sans pouvoir descendre à terre. Reliée au plancher des vaches uniquement par le miracle de mon téléphone portable et sa connexion internet 4G, quoique bien pourrie dans cet environnement. Ca permet de tester les vivres stockés en prévision de navigations hauturières, salades de germes, compotes longue conservation et autres légumineuses séchées.
Débarquement risqué sur lagune
Le lecteur assidu se souvient qu'en arrivant à Seixal j'ai fait une visite aux séchoirs du banc de sable nord de la baie, soldée par une méchante estafilade au boudin babord de l'annexe. C'était la dernière semaine de mai, et l'événement avait déterminé Nimic à demander un mois sur coffre dans le chenal, pour disposer du service de passage du marin du port. En cale sèche j'avais fait une belle réparation... pensais-je ! J'avais utilisé la colle PVC PU bi-composants (2) achetée à Noirmoutier sur les conseils de mon shipchandler favori: "Mais non, c'est bien du PVC, votre annexe !", et j'avais en outre commandé sur Internet un lot de patches en PVC pour compléter mon kit de réparation (1), parce que d'autres déboires pouvaient surgir.
Pièce en PVC sur estafilade
Et puis, début juillet, après deux ou trois semaines de remise en service, je me suis retrouvée à souquer comme une malade sur les avirons pour arriver à bord avant que le boudin babord de l'annexe ne soit complètement dégonflé. Ca fuitait, sous la nouvelle pièce ! Il a suffi d'une légère traction sur un coin pour constater que la colle était magnifiquement adaptée aux pièces, mais absolument pas au matériau de l'annexe qui restait imperturbablement non-collé Yikes! Hypalon, donc ! J'ai fait une descente à Lisbonne pour trouver un kit de réparation Hypalon (colle et pièces, 3) chez DND, le shipchandler de Bélem. Puis retour au mouillage pour pratiquer le bricolage correspondant, en suivant toutes les règles de l'art : pièce interne pour garantir la forme, pièce externe débordant d'au moins cinq centimètres dans tous les sens.
Je n'ai même pas eu à attendre de remettre à l'eau. Après trois jours de séchage, un gonflage léger pour tester le collage a provoqué un écartement des lèvres de la plaie, avec suintement purulent d'un liquide ressemblant bien plus sûrement à du miel qu'à un quelconque produit adhésif. Le kit fourni était de l'arnaque, et ne présentait d'ailleurs aucun sceau pour en garantir l'intégrité ou la qualité. Tout était à refaire. Commander sur internet de la colle Hypalon bi-composant (Chez BigShip, 4). Attendre le bon vouloir des livreurs locaux. Trouver quelqu'un qui fasse la livraison à bord au milieu de la baie. Espérer qu'on a enfin entre les mains les produits ad-hoc. Faire les manipulations. Attendre. Prier pour que la transformation de pièces PVC en pièces adaptées Hypalon par le truchement de la colle PVC soit une réalité plutôt qu'un fantasme d'internaute. Attendre encore.
Protection contre la chaleur
Et tester le résultat. Dans l'attente de l'heureuse confirmation de la réussite de mes efforts, on peut se donner les quelques règles suivantes. Ne pas confondre PVC et Hypalon. S'assurer que les produits sont adaptés. Ne pas faire passer l'annexe dans des eaux douteuses. Et enfin, se réjouir d'avoir passé le test, il y en aura d'autres :) Accessoirement, ces conclusions tendent à expliquer pourquoi mes précédentes tentatives pour colmater les fuites d'eau du plancher de l'annexe se sont révélées infructueuses...

mercredi 17 juillet 2019

Furtifs

Fin de coquillage
Patrouille de cigognes
Force cinq sur un plan d'eau protégé du clapot, c'est le bonheur du véliplanchiste. Ils s'en donnent à coeur joie si le vent se lève, dès que la lagune a été libérée par les pêcheurs à pied. Deux mondes qui ne se cotoyent pas mais se partagent les ressources au bon vouloir de la lune, sous l'oeil vigilant des cigognes.
Poursuite sur plan d'eau
Poursuite bis
Planche furtive
Invocation furtive
Sur Nimic II, maintenant qu'on est bien imprégné du dernier Damasio, on essaye de les faire entrer dans le cadre en attendant l'aboutissement des petites réparations en instance.

dimanche 14 juillet 2019

Fête Nat

Casse-croûte de fête
Une salade d'avocat au basilic, une tome fraiche de brebis, le tout lesté de la miche tiède et croquante tout juste sortie du four du bord. Quoi de mieux pour des agapes de fête, ou peut-être même d'anniversaire ;) Bon appétit, musicien !

dimanche 7 juillet 2019

Clandestins

Marque de banc de sable
Ils étaient quatre, il y a trois jours, dans l'eau jusqu'à la taille, en train de pousser leur embarcation dans la marée montante au milieu la baie. L'un d'entre eux a désespérément utilisé un bout de pagaie pour la faire avancer. Le moteur relevé sur le tableau arrière signale l'origine du problème. Une fois de plus, Nimic est en train de manoeuvrer pour ajuster le mouillage qui tient mal au moment de la renverse de vives-eaux. Je viens juste d'envoyer l'ancre par le fond, je les vois en relevant la tête, à deux cents mètres. Je fais un signe et crie : "Vous avez besoin d'aide ?" Le concert de leurs voix indique qu'ils sont étonnés de mon souci, et qu'ils se débrouilleront bien tout seuls. Tout de même, je vois que pour rejoindre le rivage avec leur stock de palourdes arrachées à la lagune, ils vont être obligés de nager en poussant la barque. La brise thermique s'est méchamment levée contre le courant, le clapot est puissant. Je passe un appel sur la VHF du port pour signaler leur situation. Pas de réponse.
Le lendemain, l'un de ces pécheurs à pied était à vingt mètres du bateau, dans cette activité qui me sidère. Pendant des heures en suivant la ligne de fond accessible entre fin de jusant et début de flot, ils baignent dans l'eau jusqu'à la poitrine, creusent la vase autour d'eux à l'aide d'une spatule tamisée à long manche et versent leur butin de coquillages dans une hotte sur leur dos. Certains même fument. Celui-ci, me voyant émerger sur le pont, me lance un joyeux : "Eh bonjour, tu as besoin d'aide ?". Nous échangeons des encouragements ;)
En touchant terre pour ma douche du jour, pourtant, je tiens à demander au marin du port s'il a entendu mon appel de la veille. Comme pour éviter de répondre, il explique : "Ce sont des illégaux, ils vendent leur pêche aux restaurants du coin sans respecter les procédures d'assainissement. Les coquillages doivent passer trois mois en viviers avant d'être consommés." Bien sûr, il ne me serait pas venu à l'idée, sauf en extrême urgence, de manger les produits naturels de ces eaux polluées par l'environnement humain. Mais bon, est-ce une raison pour abandonner des personnes en danger ? Ce sont des illégaux, répète encore hier l'un des moniteurs de l'école de voile, en train de poser des bouées pour l'entraînement d'optimist féminin dont les parcours démarrent à cinquante mètres de Nimic. Il voulait éliminer une petite bouée de signalisation manifestement posée là par les pêcheurs pour marquer la limite du domaine accessible à pied. Je l'ai néanmoins convaincu que par effet miroir, cette bouteille en plastique donnait une indication précise sur la bonne zone de mouillage.
Optimists à l'entraînement
Retour de pêche
Aujourd'hui que Nimic est enfin mouillé sainement, et que les coefficients décroissants vont rendre le séjour plus confortable, j'ai pris le temps de regarder le ballet des pêcheurs à pied à marée basse. J'ai constaté qu'il y en a deux clans différents. Ceux qui débarquent du village de Seixal et y rentrent en sécurité dès que la mer commence à couvrir. Et ceux qui surgissent du bois d'Amora, plus nombreux, moins bien équipés, et surtout plus colorés. Associé au souvenir des bidonvilles d'immigrants que j'ai vus là-bas au cours de mon tour de la baie, ce détail donne un double sens à la notion d'illégalité et de non-assistance à personne en danger. En voyant passer vers Amora leur canot lourdement chargé de sept hommes et femmes aux discussions animées, resté.e.s jusqu'au dernier instant à compléter la cargaison de vivres fraîches pour leurs familles, je me suis dit qu'ils avaient probablement vécu des traversées autrement difficiles avant d'échouer ici.

jeudi 4 juillet 2019

TGIT (blague pour initiés)

A quoi ai-je passé ces derniers jours ?
Clôture de fête traditionnelle
On tire des bords
Aromates amarinés
A profiter des festivités locales tout en soignant ma ligne ;)
Tube de chaîne amoché Mais surtout, à essayer de résorber la liste des travaux en instance, tout en constatant avec horreur qu'elle augmente plus vite que l'énergie qu'on y consacre... Comme des légendes qui se rappellent à nous, les tracas paternels ressurgissent au moment où je fais la fausse manoeuvre qui aboutit au même résultat. Ici, par exemple, le tube d'entrée de la chaîne dans le pont sous le guindeau vient d'être défoncé au cours de manoeuvres de mouillage répétées à cause des grandes marées en cours. Leçon à retenir : ne pas relever l'ancre en tension ! Ca n'imprime que quand on a soi-même fait la connerie, bien sûr ! Donc, je cours les shipchandlers, les artisans locaux, pour des réparations sans réelle valeur ajoutée, mais indispensables à la sécurité générale du bord. J'ai quand même réussi à modifier la hauteur de l'embase de l'hydrogénérateur, qui maintenant n'a plus le cul à demi dans l'eau en position de repos.
Et alors, quel est le programme ? Eh bien, continuer à perdre du temps en flânant sur la côte puis dans les îles, puisque la prochaine saison de traversée de l'Atlantique ne sera pas ouverte avant l'automne... Ce temps de latence a en outre l'avantage d'améliorer l'état du bateau après un départ un peu précipité mais souhaité depuis longtemps, tout en renforçant les compétences de l'équipage Tope-là ! Souriez, on est jeudi !

dimanche 23 juin 2019

Grand pavois

Grand pavois sur Nimic II
C'était l'occasion rêvée de sortir pour la première fois la collection de pavillons de Nimic II : la fête des bateaux traditionnels du Tage, qui se tient pendant une semaine avec pour pivot la baie de Seixal.
Baia do Seixal
Molta, bateau traditionnel du Tage
Voilier traditionnel du Tage
De la musique, de la danse, des jeux d'eaux, du commerce, des balades sur le fleuve, des photos, tout le village est au grand pavois.
Initiation au kayak
Retour d'entraînement
Le repos du scout marin
Prêtes pour le spectacle
Heureusement que j'avais emmagasiné de la bonne humeur. Comme si Nimic faisait une crise de jalousie, j'étais juste rentrée à bord hier soir quand un sinistre glouglou m'a alertée, puis le déclenchement de la pompe du circuit d'eau douce, et enfin la sirène de la pompe de cale.
Yikes! Je vous laisse deviner dans quelle position j'étais à cet instant précis. Mais il m'a fallu beaucoup de concentration pour maîtriser ma panique, identifier dans le noir l'origine du cataclysme, organiser mes pensées et lui trouver une solution. Joint du tuyau d'adduction d'eau déboîté sous l'évier. Problème réglé. Il faudra néanmoins que je me procure du ruban de joint silicone, qui conviendra certainement mieux que le ruban électrique que j'ai utilisé... En synthèse, tout fonctionne parfaitement. Il vaut mieux toutefois que j'ai été présente au moment idoine, à défaut de quoi les réservoirs d'eau douce auraient été vidés dans la mer par le truchement de ces deux pompes en tandem, et je l'aurais découvert au plus mauvais moment, bien sûr. Sans être capable d'identifier le lieu de la fuite, puisqu'il n'y en aurait plus...!
Grand pavois traditionnel
Pavois de fronton administratif
Pavois de rue
Pavois philarmonique
Pavois d'école
Colifichets
Encore des colifichets
Stand de sportifs
Friandises
Pares-soleil
Pavois de fenêtre
Encore une fenêtre
Fenêtre à vendre
Pour garder le sourire : il y a une intruse hors contexte dans ces photos de grand pavois. La personne qui saura la détecter et lui réattribuer ses lieu et date aura gagné une semaine gratuite sur Nimic II ;) Ah, et puis, il paraît que la France entre en canicule, et bien ici, aujourd'hui, c'est vent du sud, avec temps bouché, pluie et froid ! Allez comprendre...

lundi 17 juin 2019

Envers du décor

Mar da Palha, ria de Lisbonne
Baie de Seixal et ria du Tage sur OpenCPN
Déjà, à Baiona, ça m'avait démangée : faire le tour de la baie à pied. J'y avais renoncé à cause de l'impossibilité de traverser le goulet au retour de mon équipée. Ici, à Seixal, le marin du mouillage a accepté de me déposer à la pointe des Corbeaux, le bout de la langue de sable au nord de la ria où Nimic est actuellement sur coffre - tout en m'avertissant que le périple risquait d'être éprouvant. J'ai mesuré, il y a environ trois kilomètres depuis l'entrée du chenal de Seixal jusqu'à l'extrémité ouest de la lagune, où s'élèvent les immeubles d'Alfeite, la banlieue populaire d'Almada, ville de la marine portugaise. Pas de quoi fouetter un chat, me dis-je, ça va me dégourdir les pattes après tout ce temps sur le bateau. J'en profiterai aussi pour récupérer au chantier naval d'Amora, juste en face dans la baie, un boulon pour remplacer celui qui j'ai malencontreusement laissé choir à la baille en cherchant à remonter le tabouret - modifié - de l'hydrogénérateur.
Après le choc esthétique en découvrant la grande plage ouverte sur la 'mer de Paille', baie intérieure de la ria du Tage, je n'ai pas raté l'occasion d'examiner directement les lieux de l'incendie de ces derniers jours.
Vestiges d'incendie sur marais
Squat industriel
Bienvenue chez les furtifs
Ecluse de la saline
Front de défense des marais salants
Herbes sèches semées de détritus. Bâtiments industriels squattés. Marais salants à l'abandon, avec tags pour leur protection. Tous les ingrédients d'un désastre économique, écologique et humain. Ricardo, le marin du port, m'a expliqué que la friche industrielle des anciens séchoirs est détenue par plusieurs conglomérats qui ne trouvent aucun accord, ni pour leur vente ni pour leur réhabilitation. Pour compliquer encore la situation, la partie nord du banc de sable, là où j'ai entendu des manoeuvres militaires au matin de mon arrivée, est un domaine public détenu par la marine.
Une fois satisfaite de ma collection de photos, je me suis lancée bravement sur la piste. Pour découvrir la réalité de la vie locale. Edifiant. Absence du moindre équipement pour piétons. Pistes cyclables, voies de trams ou viaducs d'autoroutes stoppés à mi-construction. Zones commerciales truffées de marques françaises, accessibles uniquement en voiture. Bidonvilles en contreplaqué et tôle ondulée, accolés à des jardins ouvriers, au pied d'immeubles futuristes. Equipements (dé)polluants au milieu des zones d'habitation. Monuments anciens à l'abandon. Globalement, une activité bourdonnante bénéficiant à un petit nombre. Et toujours un accueil ouvert et chaleureux. Sauf à la quincaillerie tenue par une famille chinoise, où l'on a voulu me faire admettre que leur boulon en ferraille était exactement identique à celui, en inox marine, que je leur exhibais. Heureusement, le chantier d'Amora en détenait bien un exemplaire. Et j'en ai trouvé un autre dans les fonds du bateau en rentrant ;)
Point de vue sur la baie de Seixal (NE)
Point de vue sur la baie de Seixal (SE)
Point de vue sur la baie de Seixal (N)
Tout compte fait, le tour de la baie de Seixal, sans me presser, mais les jambes bien lourdes sur la fin, m'a pris presque sept heures de crapahut dans la brousse et de déambulation en front de mer Bise

mardi 11 juin 2019

Fogos

Convoi d'artifices
Mettre le feu au bateau ? Il y a deux nuits, à une heure trente du mat, j'ai été réveillée par une pétarade assourdissante qui m'a fait craindre le pire et m'a jetée tremblante sur le pont... pour admirer un superbe feu d'artifice tiré du fond de la baie de Seixal. Ce qui a finalement donné sens au convoi de caissons hérissés de fanions que j'avais vu la veille remonter le chenal, et qui est repassé le lendemain dans l'autre sens : les rampes de lancement des fusées préparées par les pompiers locaux. Lesquels pompiers avaient également eu fort à faire pour éteindre une reprise de feu de l'autre côté de la baie : les herbes sèches non encore dévorées étaient devenues la proie d'un retour de flamme à cause d'un changement de vent.
Reprise d'incendie
Pièces de brûleur pour le réchaud
Sur Nimic II, pourtant, on se réjouissait de l'arrivée des pièces pour le réchaud de la cuisine, ce qui nous met à l'abri d'un accident de brûleur. Message personnel à mon partenaire de coeur : merci de ta contribution à la sécurité Bise Je tiens à mentionner, néanmoins, que les tapis afghans en laine de la couchette du pacha la protègent de tout risque d'incendie ;)
Ignifugation de couchette

jeudi 6 juin 2019

Cale sèche à Seixal

Nimic II à l'écomusée de Seixal
Comme son nom l'indique, Seixal est l'endroit idéal pour séchages en tous genres. En ce qui concerne Nimic II, on a profité d'un quai asséchant aux grandes marées basses pour procéder à quelques travaux et à un léger carénage. Débarrasser l'hélice de son paquet-cadeau en sacs plastique et coquillages. Eliminer la mousse marine colonisant la ligne de flottaison. Passer cinq couches de composants divers sur l'étrave et autres égratignures des oeuvres mortes. Attendre autant de basses mers pour laisser sécher chaque couche. On notera au passage l'amélioration progressive de la compétence de l'équipage pour gérer la mise au sec et les sarcasmes des badauds étonnés de la position du bateau.
Faveur d'hélice
Primaire sur étrave et autres égratignures
Laque blanche de beauté
Profiter des temps morts pour mélanger une proportion appropriée de durcisseur dans de la colle pour engin gonflable. En enduire une pièce de réparation correspondant à la surface déchirée de l'annexe. Laisser sécher les quelques minutes nécessaires. Appliquer fermement. Laisser la lessive du jour frémir au soleil et au vent jusqu'à obtention du séchage parfait. Ne pas oublier de relever le niveau des réservoirs d'eau laissés quasiment à sec par les dernières semaines à bord. L'ensemble des opérations est un succès, merci !
Annexe en attente de reprendre du service
Petit linge à sécher au vent Après trois jours de yoyo au gré de la lune, Nimic est de retour au coffre au milieu de la baie dans l'attente de pièces pour le réchaud. Au passage, on a découvert quelques coutumes locales, comme le club de kayak-polo qui complète les nombreux clubs de canoé. Peut-être bien que l'incendie de ruines et d'herbes sèches attisé par le coup de suroît de Miguel en fait partie ? Heureusement, la pluie est venue en aide aux pompiers pour l'éteindre. Et sur Nimic, c'est un nettoyage de pont bienvenu après tous ces pataugeages dans la vase du port ;)
Entraînement au kayak-polo
Incendie sur la lagune

samedi 1 juin 2019

Lisbonne de haut en bas

Funiculaire à flanc de Bairro Alto
Petite pause en haut de la rue
Ouvrez la cage aux papillons
Le même, vu du bas
Quand on traîne dans la banlieue de Lisbonne en attendant des pièces - comme des rustines pour l'annexe ou des grilles de brûleur pour le réchaud, on en profite pour parfaire sa connaissance du terrain. Je n'avais jamais eu l'occasion de visiter le Bairro Alto ou le Chiado, c'est chose faite ! Le tram à flanc de colline, côté pile ou face. Les graffitis pour habiter les enfilades de rues. Les cavalcades de toutes époques et de tous âges. Les ex-votos à la paix ou à la repentance. La liberté lisboète est animée de sagesse plutôt que de richesses, c'est ce qu'en retiennent les touristes.
Au trot, au trot, au trot
Prières de pierres pour la paix
Mémorial de l'armada esclavagiste

jeudi 30 mai 2019

Ascension à Seixal

Ellie sur TaiMoShan
Westenwind à Seixal
Capella Endeavour à Seixal
Trente degrés à l'ombre au midi solaire. C'est l'occasion d'un défilé de belles unités de tous calibres que la pleine mer encourage à traverser la lagune pour atteindre au grand large. TaiMoShan - avec ses deux voiles de jonque et sa ligne asiatique - a couru tous les océans avec Ellie, qui n'a rien à lui envier en matière d'ambiguïté et d'audace. Westenwind ou Capella Endeavour sont plus classiques, chacun dans leur genre.
En ce qui concerne le nombre de mâts ou la singularité du skipper, Nimic II n'a pourtant rien à leur envier, coucou ;)
Ma bobine au soleil de Seixal

dimanche 26 mai 2019

Damnés de la terre

Coucher de soleil sur les séchoirs à morue de Seixal
Lagune de Seixal avec grand pont en arrière plan
On m'avait dit, Seixal est une municipalité communiste, c'est pas cher et ils sont très gentils. OK, j'ai pratiqué pendant trente ans, je connais. Le gars qui fait office de capitaine de port dans sa cahute en bois sur la jetée explique fièrement les hauts lieux à visiter, vestiges du monde ouvrier local. La fabrique de bouchons de liège, en ruines, qui n'abrite plus qu'un café-bar pour soirées festives. Les séchoirs à morue sur le banc de sable, également en voie de disparition avancée, et mystérieusement animés de vacarmes guerriers quand s'y déroulent des manoeuvres militaires, à l'ombre du grand pont sur le Tage. Village de Seixal
Street art à Seixal
Liberté toujours
Après une visite du village où se côtoient les ruines et les maisonnettes retapées - le Trentemoult local, j'ai résolu de me rendre dans la lagune. Une fois emmagasinée ma collecte de photos, la réalité locale s'est rappelée à moi, comme pour que je n'oublie pas de payer mon écôt : quand je la remettais à flot pour rentrer à bord, l'annexe s'est crevée sur les éboulis de pierre qui encombrent la grève. Heureusement, je ne suis pas rentrée à pied ;) Merci Bruce et Ellie pour le sauvetage Bise
Pêcheurs à pied avec héron
Tradition locale

jeudi 23 mai 2019

Sauts de puce

Mouillage de Cascais
Pittoresque, accueillant, ce coin de baie de Cascais où Nimic II a posé l'ancre pour plus d'une semaine. C'est oublier tous les bateaux qui sont passés avant, laissant au fond câblots, chaînes, casiers et autres déchets de navigation. Après Baiona et Peniche, le mouillage de Cascais s'avère un champ de mines. Il a fallu quatre jours pour se défaire d'une méchante chaîne dont les anneaux font quinze centimètres de diamètre, et l'intervention d'un pêcheur - reparti fâché de son échec, puis de deux bateaux voisins - merci André, Curt et Khenda, avant le plongeon réussi du club local. Ils interviennent souvent, presqu'une fois par semaine... Quand j'ai demandé qui était en charge de l'assainissement des fonds, ils répondent : "La Marine, mais ils ne le font pas...!" A se demander qui en profite. La police maritime, passée avec l'intention de me coller une amende parce que Nimic avait quitté la zone de mouillage marquée sur les cartes pour se rapprocher de la plage, a finalement fait preuve d'indulgence...
Panoplie de bricolage
Réparation à la plage
Avant de repartir, il a fallu réparer : les deux feux du balcon avant avaient sauté quand j'avais voulu utiliser l'orin pour dégager l'ancre avec la drisse de spi. A un moment, j'ai eu peur d'avoir à refaire entièrement le câblage, car les fils avaient été arrachés. Et puis, une fois de plus, j'ai pu bénir le perfectionnisme paternel : il y avait toute la longueur nécessaire cachée sous le pont Yess !
Grand pont sur le Tage
Nous voilà maintenant à Seixal, petite commune ouvrière sur la rive gauche du Tage, après le grand pont. Poussés par la marée montante et un joli vent de travers, nous avons fait défiler en quelques heures les installations portuaires et monuments fluviaux de Lisbonne, avant de nous laisser choir dans la lagune, qui offre elle aussi son lot de surprises. Cette nuit, à marée basse, Nimic a pris de la gite !
Mouillage de Seixal

- page 1 de 3