dimanche 15 mai 2022

Sans Domicile Fixe

Oui, nous existons toujours, Nimic II et moi ! Ces dernières semaines, pourtant, j'étais loin, rentrée au port d'attache pour me défaire de mon appartement à l'Herbaudière, devenu plus un fil à la patte qu'un mouillage de fortune.
Nimic boat-sitté par Kristian, avril 2022
Sous le soleil de Chaguaramas à Noël (merci Nocciolino !), décembre 2021
Il m'a fallu faire rentrer dans trois malles l'essentiel de cinquante ans de vie familiale et professionnelle...
Cadeau de trente-deuxiėme anniversaire, octobre 1984
Rentrera ou pas ? avril 2022
trier les papiers pour garder l'absolument indispensable...
Nouveau contrat d'assurance pour le bateau, avril 2022
Cartes aériennes dénichées dans les archives paternelles, à usage futur de routières marines, mai 2022
faire le tour de la famille et des amis...
Mite au bord du Lot, avril 2022
Pêche au carrelet aux Souzeaux, mai 2022
Igor-sitting (copyright Edith), avril 2022
la tournée de mes lieux favoris....
Dernier confort aux Pêcheurs, mars 2022
Luzéronde à vélo, avril 2022
Défenses de la Guérinière, avril 2022
Fenêtre sur la Clairière, mai 2022
Nous n'irons plus au Bois, mai 2022
et même prendre le temps de glisser un bulletin de vote aux deux tours de l'élection présidentielle... Pour les législatives, j'en ai délégué la responsabilité à ma procurante habituelle, merci Claire !
Comme la loi française le prévoit, nous voilà maintenant officiellement SDF, et domiciliés à notre port d'attache, l'Herbaudière. Espérons que les deux sacs que je rapporte lourdement chargés entreront dans la soute à bagages !
Cyprès de la plaine des patates, mai 2022
Mur du repos des anciens, mai 2022
La semaine prochaine, je rejoins Nimic à Chaguaramas pour les derniers travaux avant de tracer vers Panama. En attendant, j'essaie de me réveiller demain matin pour voir l'éclipse de Lune qui nous est promise ! PS : Pas d'éclipse, juste des nuages, beuh...!

dimanche 13 mars 2022

Ça pédale dans le bitume

Saison sèche mais humide
Préparatifs pour peinture, mar. 2022
Difficile d'apprécier l'état de Nimic ces derniers jours... Il a tellement plu (une bonne averse toutes les cinq heures en moyenne) qu'il est impossible de prévoir la fin du chantier de peinture.
Pont avant peinture, mar. 2022
Entre deux grains, mar. 2022
Après peinture, mar. 2022
Certains travaux aboutissent quand même, comme le bitumage des fonds pour assurer meilleures protection et étanchéité... On m'a dit : it's a bit messy... ce qui s'appelle un understatement, héhé. Mais la matière première est une production locale, avec le plus grand lac naturel de bitume au monde, exploité déjà par les conquistadores pour leurs calfatages de coques, comme en témoigne un nom de mouillage dans le coin : Carénage en v.o. Alors...
Bitume dans les fonds, mar. 2022
Jaumière au bitume, mar. 2022
Jaumière côté face, mar. 2022
Camarade de chantier, mar. 2022
Pour la peinture, le pont est donc à moitié fini, la coque n'est pas commencée. Alors je me vote une pause ! Nimic au bitume, mar. 2022
Bitume chez les Yankees, mar. 2022
Plage au sirocco, mar. 2022
Et tant qu'à faire, je remplace le bitume trini ou yankee par du sirocco noirmoutrin coucou.gif, fév. 2020

samedi 5 février 2022

2022, année passoire

Pélican en vigie, fév. 2022
Eh quoi...? Déjà février, et pas de voeux ? C'est que la nouvelle année nous a réservé quelques surprises. La capitaine s'est retrouvée secouée par une fièvre qui n'avait rien d'un Coronavirus, et Nimic II s'est transformé du jour au lendemain en passoire rouillée. Il faut dire qu'il y a cinq ans, pressée de naviguer, j'avais pudiquement recouvert de mastic les craintes de faiblesse de la voute jusqu'à l'étambot, là où les plus petites entrées d'eau salée se retrouvent coincées dans des réduits inatteignables par des individus normalement constitués. Ce qui provoque alors de la corrosion par l'intérieur. Cinq ans de répit donc, jusqu'à cette préparation à la peinture et ses jolis trous sous la flottaison...
Hello Larry, how is it up there ? jan. 2022
Le temps de se remettre en forme et de dénicher l'artisan ad-hoc...
- Larry et ses dreadlocks, qui avait officié juste avant sur Nocciolino (voir leur blog par Xavier et Babeth)
Gare aux yeux ! jan. 2022
Découpes et ajustements, jan. 2022
Découpe à l'acétylène ou soudure à l'arc ? fév. 2022
Ça doit courber ! jan. 2022
Dentelle de métal, jan. 2022
Broderie soudée sur l'étambot, jan. 2022
...puis de mettre en route et faire aboutir le processus de rénovation
Préparation de l'ouverture sous la voute, fév. 2022
Mise à la cote de la feuille d'acier, fév. 2022
'Dogs and wedges', on dit ça comment en Français ?, fév. 2022
Ça doit rentrer ! fév. 2022
Larry sait parler à l'acier, fév. 2022
Feu d'artifice pour le finale, fév. 2022
...et le mois de janvier s'est écoulé comme un mirage. Nous voici reconduits au stade précédent : le bateau est de nouveau en odeur de flottaison (merci Larry !) et il ne me reste plus qu'à faire la peinture, haha !

Ah, il y a quand même une bonne nouvelle pour 2022 : mon amie Nooria et ses enfants sont arrivés il y a quelques jours auprès de ses frères en Californie, après cinq mois de péripéties éprouvantes entre camps de réfugiés et avions surprise depuis sa fuite de Kaboul en août dernier. Merci à tou.te.s ce.ux.lles qui ont permis ce miracle.

vendredi 24 décembre 2021

Noël à T&T ?

Noël à Chaguaramas ? ça en a tout l'air... Tout en pestant contre les GAFAM (merci Hugues de me donner l'occasion de me défouler...), je mets en forme quelques photos en utilisant - l'expression est appropriée - les moyens du bord... Vous jugerez de la différence de qualité ! Et d'abord ce clin d'oeil festif grâce à un ouvrier du chantier qui arborait un magnifique T-shirt : je lui en ai fait compliment, et il a fait en sorte de m'en procurer un du même style :)
Cadeau de Noël... déc. 2021
...de Trinidad et Tobago ! déc. 2021
Sinon, Nimic n'est pas en reste pour les cadeaux de Noël.
Le guindeau, son joint d'engrenage et ses relais (encore en attente de remontage)...
Engrenage de Noël, déc. 2021
Joint de Noël, déc. 2021
Commande de Noël, déc. 2021
La barre à roue, et ses poulies de transmission (vérifiées à temps avant que les axes ne lâchent prise)...
Poulie de Noël, déc. 2021
La révison de la voilure, et sa nouvelle trinquette (une garde-robe entièrement rénovée)...
Tenue de Noël, déc. 2021
La voie d'eau de la barre d'écoute (histoire de garder mon ordi au sec)...
Cabine du Pacha avant Noël..., déc. 2021
Les nouvelles anodes (la moitié des huit de la coque)... Anodes de Noël, déc. 2021
Et surtout, la vérification des réservoirs d'eau, qui a conduit à la pose d'un patch sur la coque (on espère que le petit goût de peinture brûlée dans l'eau aura disparu au prochain remplissage, c'est toujours mieux que de l'eau saumâtre)!
Cuvée de Noël percée, côté pile, déc. 2021
...et côté face !, déc. 2021
Préparation pour patch, déc. 2021
Olé... masquage de vent pour soudure, déc. 2021
Patch de Noël, déc. 2021
Epoxy de Noël, déc. 2021
Cuvée de Noël en fermentation, déc. 2021
Tous les petits ajustements annuels prennent aussi du temps, comme vérifier les batteries (elles ont été changées après le remplacement - superflu - du thermostat de la glacière)...
Batteries de Noël, déc. 2021
...remettre les winches en forme (j'ai trouvé ici les boulons idoines au format impérial, et cannibalisé des pièces sur du rebut local)...nettoyer le moteur, et tutti quanti !
Pour expliquer notre prolongation de séjour, il y a aussi les beauté du tourisme local...
Racines de la mangrove de Caroni, déc. 2021
Flamands roses..., déc. 2021
...et ibis rouges à Caroni, déc. 2021
Lépidoptères de Noël, déc. 2021
Arbre de Noël, déc. 2021
Cathédrale de bambous, déc. 2021
...et l'amitié des compagnons de chantier ;) Copain de Noël, déc. 2021
Bordée de Noël à Chinatown, déc. 2021
Départ de Noël, déc. 2021
Encore un départ de Noël, déc. 2021

Breakfast de Noël, déc. 2021
Et si tout ça ne suffisait pas, mes nuits sont animées par le concert des grenouilles arboricoles frog_star.gif, fév. 2020 dans le ficus géant à cinq mètres du bateau, juste de l'autre côté du ruisseau de boue - qui nous apporte aussi les moustiques, car tout ce beau monde (y compris les nuages persistants) n'a pas bien assimilé la notion de saison sèche inscrite au calendrier officiel, ce qui risque de perturber sérieusement les futures opérations de peinture du pont et de la coque ohno.gif, fév. 2020

dimanche 12 décembre 2021

Carrefour des Atlantes

Ca se bouscule à Chaguaramas, nov. 2021
Pétroliers panaméens, pêcheurs vénézuéliens...,, nov. 2021
...et voraces palmipèdes, nov. 2021
L'Océan tout entier se rencontre à Chaguaramas, et ce n'est pas Loïc et Mathilde, de Davaï, qui le réfuteront puisqu'ils viennent d'y arriver depuis Dégrad Des Cannes (où Loïc m'avait conseillé le chantier Peake's !)
Frégate en quarantaine, nov. 2021
Déjà, quand nous étions en quarantaine au mouillage, c'est une petite famille sur un cata alu qui s'était annoncée : "Hé du Nimic, l'Herbaudière ?" Emilie et Jérôme, un couple nantais, étaient en prospection à Noirmoutier en 2018 pour l'achat de leur futur bateau : ils avaient aperçu Nimic en chantier sur le port. Leur Aelig est maintenant au radoub ici, sur le chantier mitoyen, et ils n'ont pas manqué de venir admirer le coucher du soleil à bord en compagnie de leurs filles Lila et Olivia.
Equipage d'Aelig, nov. 2021L
Trois jours plus tard j'ai croisé Bertrand, déjà vu à DDC et ici en travaux pour son Girouette. C'est également Agathe et Jean-Marie de Melimila que nous avons retrouvés, avant qu'ils repartent pour de nouveaux horizons.
Mélimila au départ, déc. 2021
Famille d'Oceans Carisma encore terrienne..., déc. 2021
La plus jolie surprise fut de faire vraiment connaissance avec Tini et Gui, un tout jeune couple canaro-brésilien qui s'était approché de Nimic à la nage à Porto Santo pour admirer "le bateau de la dame qui navigue seule !" Ils ont fait de la route depuis deux ans, sautant d'île en île en bateau-stop sur leur premier bateau jusqu'à se trouver confinés ici à Chaguaramas, où ils ont découvert qu'ils étaient les futurs parents d'un magnifique garçon qui a maintenant quinze mois, nommé Caïri en l'honneur des habitants d'origine de la région. La petite famille vient de mettre à l'eau Oceans Carisma, un pêcheur traditionnel rééquipé pour les voyages de leurs prochaines années.
...sur les fonds baptismaux ! déc. 2021
Bravo Tini, bons vents à vous ! déc. 2021
A bientôt sur les océans ! déc. 2021
L'île de Trinidad - et son anse protégée de Chaguaramas - avait été découverte par Christophe Colomb, et disputée depuis entre Espagne, Hollande, France et Angleterre au gré des rapports de force de la conquête du monde. Indépendante depuis 1962 (avec sa petite soeur Tobago), elle vit de la rente pétrolière et de l'industrie nautique. Sa société accueillante et multiculturelle en fait un repaire naturel pour les capitaines en quête de chantier pour leurs navires, cargos aussi bien que yachts.
Gallion pirate ? Non,  plateforme pétrolière ! déc. 2021
Il pleut des cordes...., déc. 2021
Sinon... concernant l'avenir de ce blog, je suis pessimiste : depuis que j'ai réinstallé mon système à cause de la voie d'eau au large des îles du Salut, je fais face à de nombreux défis logiciels. C'est déjà très compliqué de programmer les nouveaux billets sur la connexion foireuse du chantier (la nuit sur le pont quand il ne pleut pas, parce que sinon la connexion est insuffisante, le soleil empêche de voir l'écran et la chaleur arrête l'ordi...) Nouveau problème du jour : Je ne peux pas réinstaller Office 2010, apparemment sous le coup d'une obsolescence programmée et juteuse pour Microsoft. Plus de mise en forme de photos, donc... :( Si je ne trouve pas de solution, celles-ci sont les dernières !

dimanche 14 novembre 2021

De Guyane à Trinidad

Cette image; il y a quinze jours, est une grande victoire ! Nimic II est en mer au large du Guyana, pas loin d'un couple de marques AIS en train de... de quoi, au juste ?
Activité pétrolière au large du Guyana, nov. 2021
Vérification faite auprès de mon AIS, il s'agit d'un navire de prospection offshore en procédure d'abordage de sa plateforme favorite mouillée dans les eaux de Georgetown, par environ 2000 mètres de fond...! C'est une très bonne nouvelle. C'est que, pour en arriver à ce résultat, la veille à la même heure, c'est-à-dire après mon casse-croûte et boostée par une bonne tasse de café, j'avais pris mon courage à deux mains pour refaire le paramétrage manifestement HS du sytème de traceurs. Ce qui m'a pris au total deux bonnes heures de navigation à l'aveuglette, le nez sous la ligne de visibilité, avec juste le pilote pour m'assurer que Nimic II allait bien dans la bonne direction sur la mer vide. Au bout d'une heure d'efforts, le traceur du cockpit s'était enfin résolu à afficher les informations correctes, et j'étais à la table à carte en train de faire subir le même traitement au deuxième pour les resynchroniser.
Pooooooon-it ! Au plus fort de ma concentration, un coup de trompe tout proche m'ahurit ! Non, ça ne peut pas être encore une illusion. Je me propulse sur le pont et me trouve nez à nez, à cinquante brasse sur babord, avec un navire que je prends pour un garde-côte du Surinam, et j'imagine presque que va apparaître à sa coupée mon trombone favori ;) J'étais manifestement trop occupée pour faire attention aux grésillements du canal 16 de ma VHF fixe. Je saisis mon émetteur portable pour échanger avec le curieux : il y a droit devant Nimic, à quelques milles, une équipe de forage remorquant une énorme nasse de matériel de prospection. Il m'est recommandé, pour ma sécurité, de faire un détour de 7 NM vers le Nord. Je m'exécute, puis confirme auprès de mon interlocuteur que lui voit bien le signal de Nimic II, ouf ! L'incident m'a néanmoins porté chance puisqu'après une demi-heure encore d'efforts, mon double reparamétrage a produit l'effet recherché : tout s'affiche sur les traceurs, y compris les signaux AIS de mes voisins ! CQFD... Évitement de la nasse, nov. 2021
Par contre, si vous n'avez pas vu la photo des îles du Salut que je vous avais promise, c'est qu'après notre départ effectif du 25 octobre, nous les avons doublées de nuit, au beau milieu d'un joli coup de vent qui nous avait fait courir 120 NM le premier jour et m'avais fait espérer arriver à Trinidad en un clin d’œil... LolLolLolLol.gif, fév. 2020 Mais le vent est rapidement tombé dès le lendemain et nous avons dû jouer avec l'allure que Nimic et moi aimons le moins, du grand largue mou avec des moyennes de 40 à 50 NM par vingt-quatre heures. Ce qui m'a donné envie de rompre ma promesse et sortir le gennaker... mais j'ai résisté.
Le grain est passé, nov. 2021
Vue le matin sur tribord, nov. 2021
Vue le soir sur babord, nov. 2021
Petit temps de grand largue, nov. 2021
Nous sommes finalement arrivés au passage des Gallions en huit jours...
En approche du passage des Gallions, nov. 2021
Dans les eaux de Trinidad, nov. 2021
...et le lendemain aux bouches du Dragon :) Pétrolier au mouillage devant les bouches du Dragon, nov. 2021
La renverse à l'entrée des bouches du Dragon, nov. 2021
Le Dragon à l'entrée des Bouches..., nov. 2021
... ou celui à la sortie ?, nov. 2021
...pour enfin mouiller à Chaguaramas le 3 novembre.
Enfin à Chaguaramas, nov. 2021
Et si je n'avais rien posté jusqu'ici, c'est que pendant le grain de la première nuit, de l'eau s'est infiltrée dans ma cabine depuis le pont, et le clavier de mon ordinateur est maintenant hors d'usage. Il a fallu attendre que je sois sortie de quarantaine, munie d'un visa réglementaire et bateau à terre pour pouvoir me procurer le clavier USB sur lequel je tape ces nouvelles.

dimanche 24 octobre 2021

Merci à la Guyane

Lever de soleil portuaire, oct. 2021
Mahury au Sud, oct. 2021
Mahury à l'Ouest, oct. 2021
Merci les taons et les moustiques, le soleil de plomb, l'humidité dégoulinante, qui se combinent pour en justifier le surnom d'Enfer Vert ;)
Fleurs des fossés guyanais, oct. 2021
Câblage du guindeau, oct. 2021
Merci à Valérie de ValServices, Maurin de la marina Dégrad-des-Cannes, Hafida de DB-Schenker, Jérôme et Alice de la Kaz-à-Vélos, Julien et André de Guyane Service Survie, d'en avoir fait une escale technique réussie malgré prolongations et frustrations.
Merci aux menues rencontres du quotidien qui donnent chair à l'impossible entente de l'Europe et de l'Amazonie, comme ici la file des camions-citernes bloqués, avec tous les automobilistes, par l'intransigeance du syndicalisme local dans la crise du passe sanitaire. Et vraiment désolée pour ceux que le passage de Nimic II a égratignés, en particulier notre voisin de ponton Nomade et son équipage, Christine et William.
Blocage de raffinerie, oct. 2021
Merci à Paul, journaliste créole, et à Henri, médecin libanais, amis défunts de ma prime activité professionnelle, natifs de Cayenne qui en ont généré l'imaginaire dans mon esprit. Merci à Philippe, musicien furtif, qui a fait prendre corps dans mes rêves à la France équinoxiale et l'a transformée en urgente nécessité.
Ce n'est pas le bagne, c'est la Guyane ! Dès notre passage aux Iles du Salut après le démarrage, je posterai la photo de confirmation ;)

mercredi 13 octobre 2021

Rendez-vous de la semaine

On avait passé du temps à préparer le bateau, on pensait avoir rendez-vous avec le large, ou du moins avec la route qui nous sépare de Trinidad, où je compte offrir à Nimic le carénage qu'il mérite bien...
Nimic réarmé pour un nouveau départ, oct. 2021
Nouveaux équipements sur Nimic, oct. 2021
Mais les vérifications de routine ont conduit à un rendez-vous avec Guyane Service Survie, pour donner une nouvelle jeunesse au guindeau. Le diagnostic est double. Un problème électrique concerne l'inverseur, car je peux juste remonter le mouillage à la télécommande. Bon, je pourrais le descendre à la main, mais pourquoi se faire inutilement du mal, hein ? D'autant que le deuxième problème, mécanique, celui-là, concerne la clavette du barbotin, cassée en deux par les mauvais traitements que je lui ai précédemment infligés. Du coup elle bloque l'usage du guindeau en roue libre... Bref, André et Julien sont venus déposer le bébé, que l'on me promet tout neuf d'ici le week-end.
Rendez-vous atelier pour le guindeau, oct. 2021
Clavette en mauvaise condition pour un rendez-vous, oct. 2021
Une fois à Trinidad, on verra à changer la partie du pont qui porte le guindeau. J'avais négligé de la contrôler avant de partir. Elle est bien corrodée, du coup...
Embase du guindeau à rénover, oct. 2021
Programme de rénovation en cours, oct. 2021
Tout cela me laisse largement le temps de ranger le bord et de me livrer à mon passe-temps favori, surveiller les allées-et-venues furtives, naturelles ou industrielles...
Martin-pêcheur à l'affut, oct. 2021
Helle Kosan, tanker en approche du soir, oct. 2021
Présentation, oct. 2021
Affleurement, oct. 2021
Introduction, oct. 2021
Recouvrement, oct. 2021
Dépassement, oct. 2021
Alignement, oct. 2021
Formation complète, oct. 2021
Retrait, oct. 2021
Helle Kosan en fin d'évolution, oct. 2021
Porte-container à quai, oct. 2021
Sinnamary en approche du matin, oct. 2021
Présentation, oct. 2021
Minéralier et porte-conteneur en convergence, oct. 2021
Effleurement, oct. 2021
Evitement, oct. 2021
...ainsi que divers rendez-vous techtoniques ou météorologiques ! Ici, en principe, c'est la saison sèche... mais le ciel n'a pas l'air de le savoir idee.gif, fév. 2020
Signe d'averse matinale, oct. 2021
Et plus loin en ligne directe, c'est la saison très, très, très chaude !
Cumbre Vieja, éruption lointaine en ligne directe, oct. 2021
Cumbre Vieja avec effusions, oct. 2021

mardi 28 septembre 2021

Livraison à Dégrad-des-Cannes

La palette était en route alors on s'est armé de patience en affinant notre observation des allées et venues du port dans tous ses états...
Attente du matin à DDC, sept. 2021
Mouvements à DDC, sept. 2021
Brume à DDC, sept. 2021
En compagnie de nos amis les ibis rouges...
Ibis rouge à DDC, sept. 2021
Ibis rouge à DDC, sept. 2021
Ibis rouge à DDC, sept. 2021
...et de nos nouveaux amis furtifs dans la bibliothèque du bord, les lézards !
Couple de lézards en lecture de Slocum, sept. 2021
Nos efforts ont été encouragés il y a une semaine : aux premières heures du samedi 18 septembre le porte-conteneurs marseillais Douce France s'est présenté dans le chenal du Mahury :)
Douce France sur l'AIS du bord, sept. 2021
Douce France en approche à DDC, sept. 2021
Les opérations de déchargement ont aussitôt commencé.
Douce France en déchargement à DDC, sept. 2021
Opération Douce France à DDC, sept. 2021
Il a encore fallu admirer Douce France sous la pleine Lune, puis le voir repartir...
Douce France en majesté lunaire, sept. 2021
... admirer les évolutions des pêcheurs dans la marina...
Pêcheurs en évolution portuaire, sept. 2021
... voir aussi partir nos amis de Mélimila...
Mélimila au départ, sept. 2021
... et signer une déclaration d'embarquement du matériel :)
Résultat, une palette enfin dédouanée, détaxée, encore emballée, posée tout-à-l'heure comme un cadeau au bout de la passerelle. Merci à tous ceux qui ont contribué à la chaîne de transport, en particulier Jean-Pierre Burgaud et Hafida Lasmi, chacun à leur extrémité.
Paquet cadeau, sept. 2021
Exercice de sécurité... sept. 2021
...ou débordement d'enthousiasme ? sept. 2021 Vu que ça fait quatre mois qu'on y travaille, on pourrait penser que le feu d'artifice à l'entrée de la marina en fête le résultat ;) Ou peut-être bien que, comme en Afghanistan, on peut juste dire "c'est ça la Guyane...!" Bon, ya plus qu'à ouvrir, réarmer Nimic II et partir nous aussi...
Aujourd'hui c'est Noël, sept. 2021

mercredi 15 septembre 2021

TransOcéan

Bien sûr qu'on souhaite ne jamais utiliser cette grosse caisse blanche qui pèse un âne mort sur la plage avant. Le radeau de survie nous nargue au bout de son cordon solidement amarré au pied du mât. Et sa révision obligatoire coûte presque huit cents euros tous les trois ans. Alors, puisqu'on en avait l'occasion ici chez Guyane Service Survie, on est venu assister à l'opération. Pour voir ce qu'il y a dedans.
Radeau de survie six places au pied du mât, nov.2020
Au naturel, pour ainsi dire, la caisse est balancée à la mer en urgence et coule à pic sous son poids. Le cordon d'une vingtaine de mètres se déroule jusqu'à se mettre en tension et faire sauter l'opercule de la bouteille d'air comprimé. L'air gicle, la caisse s'ouvre, l'enveloppe en plastique se déchire, la structure se gonfle et rejaillit à la surface : deux boudins jaunes en carré avec un fond thermoréfléchissant et un dôme en toile orange, en laisse au bout de l'amarre. L'esquif est équipé d'une échelle en sangles, d'une lampe de signalisation avec pile et d'un récupérateur d'eau de condensation. En mer, la bonbonne reste coincée à l'extérieur dans une poche scratchée.
Radeau de survie six places gonflé, sept. 2021
En atelier, c'est Julien qui gonfle la structure puisque la bonbonne est valide pour encore quatre ans. Il vérifie les équipements et change ceux qui sont périmés ou endommagés.
Paquet cadeau, sept. 2021
Pas vraiment grand..., sept. 2021
Apétissant, le menu, non ?, sept. 2021
Vérifier la flottabilité..., sept. 2021
Gonfler la structure, sept. 2021
Deux jours de rations pour six personnes, sous forme de compacts hyperprotéinés et sachets d'eau. Des fusées-parachute et des fumigènes. Deux lampes à piles. Une écope. Une éponge. Des rustines et de la colle.
Un mode d'emploi. yikes.gif, fév. 2020
Kit de signalisation, sept. 2021
Un kit de pharmacie. Un antiémétique. Des sachets pour vomi. Un gonfleur. Une pagaie.
Attirail d'urgence, sept. 2021
Un couteau pour couper l'amarre vers le bateau qui coule... Une ligne de sauvetage avec poignée flottante pour récupérer les naufragés à la mer... Deux couvertures de survie.
Le confort reste rudimentaire..., sept. 2021
Bon, ça ne donne vraiment pas envie, hein ? Mais Julien nous a remis ça parfaitement en ordre, histoire de se sentir quand même en sécurité. Il ne faudra tout de même pas oublier, si la nécessité se présente, d'emporter avec soi la balise de détresse du bord, le miroir de signalisation et le matériel de pêche. Et que chaque naufragé soit bien capelé dans son harnais auto-flottant.
Radeau de survie Transocéan six places, sept. 2021 On envierait presque notre voisin de ponton, Nomade, qui s'équipe d'un canot en trois morceaux stockables sur le pont et gréé d'une voile rabatable, pour des sorties de pêche en mer !
Annexe de pêche de Nomade, sept. 2021

dimanche 12 septembre 2021

Du matin ou du soir ?

Espoir... LolLolLolLol.gif, fév. 2020
Du matin ou du soir ? sept. 2021

dimanche 5 septembre 2021

Douce France

Bleu comme la liberté. La trace, le reflet, l'ombre, la couleur, l'image, le mot, la légende, le réseau, le code, les pixels... Tous ces signes informent une idée de la vie réelle qui les a suscité. Les facettes de la vérité.
Ebrouement de l'aigrette bleue, sept. 2021
Blanc comme l'égalité. Le mouvement du chasseur et celui de la proie, un cycle perpétuel !
Danse de chasse de l'aigrette blanche, sept. 2021
Vous et moi avons déjà aperçu Douce France, ce dernier cargo en novembre au large des îles du Cap Vert avant que Nimic II ne traverse l'Atlantique. Comme un clin d'oeil de reconnaissance. Nous l'avions retrouvé en août ici, à Dégrad-des-Cannes, amarré plus longtemps que d'autres pour cause, disait la rumeur des pontons, de travaux de maintenance. A moins qu'il n'ait pu se défaire de l'hypnotique spectacle en cours...
Douce France à Dégrad-des-Cannes, août 2021
Quoi qu'il en soit, Douce France est un porte-conteneur qui fait la ligne de Dégrad-des-Cannes, sur un circuit allant jusqu'à Rotterdam au Nord, et au Sud jusqu'à Fortaleza du Brésil. Arrivé cette nuit au Havre, Douce France sera de nouveau à DDC dans deux semaines, m'assure-t-on, avec dans ses soutes le matériel acheté ce printemps pour Nimic. Ca ne fait jamais que trois mois qu'on y travaille ;)
En approche du Havre, sept. 2021
Douce France au Havre, sept. 2021
Rouge comme la microcospique espérance de la fraternité ?
Approche frileuse de l'ibis rouge, sept. 2021
Ou noir comme le désespoir des abandonnés de l'Afghanistan...?
Surveillance morbide des urubus noirs... sept. 2021
...sous l'oeil transgressif, dominateur et acéré du grand taliban, sept. 2021

mercredi 18 août 2021

Pure laine...

...garantie par les mites, et hallal de surcroît ! Mes tapis afghans sont à la mode... non ?
Tapis de couchette tondu par les mites, août 2021
Les news nous ressassent les oreilles de la prise de Kaboul par les talibans, revenus tondre la population une fois assurés que les rats avaient quitté le navire. Cela ne fait jamais que vingt ans que les connaisseurs de la problématique locale - liée à l'affrontement des empires qui y jouent les gros bras - savent que la politique américaine est à côté de la plaque, tout comme la russe auparavant, et bien d'autres depuis trois mille ans en commençant par celle d'Alexandre le Grand.
Savez-vous pourquoi il n'y a pas de réseau de chemin de fer qui traverse l'Afghanistan, et pourrait alors permettre l'exploitation de ses ressources naturelles ? Vous donnez votre langue au Shah ? Parce que l'écartement des voies n'est pas le même à l'Est, frontière avec l'empire indien héritier du système britannique, au Nord-Est, frontière avec la Chine, au Nord, frontière avec le système russe, et à l'Ouest, frontière avec l'Iran utilisant le standard européen. Il est impossible à l'Afghanistan de régler à lui seul la concurrence politico-économique du monde. Les Afghans ne sont pas des barbares mais des humains comme vous et moi. Ils essaient juste de survivre au carrefour des empires, là où on n'a aucune chance si l'on n'est pas protégé par une tribu, et donc enfermé dans sa tradition. L'Etat-nation pensé par "le modernisme" est aveugle, imperméable à cette réalité. Mais les talibans sont comme des poissons dans l'eau dans ce fonctionnement. Ils attendaient juste que ça tombe.
Et donc, ce matin, pour me changer les idées car cela fait plusieurs semaines que je m'échine à trouver une sortie de secours à une amie afghane et ses deux jeunes enfants, je me suis lancée dans le ménage de la couchette supérieure du carré, qui sert pour l'instant de stockage au matériel de traversée: infirmerie, cartographie, kit de survie, boîte à pêche, etc... Je n'ai pas été déçue : un nuage volant a salué mon intrusion, et j'ai reconnu les insectes que j'avais pris pour de gros moustiques autour des lampes du soir, depuis que je suis rentrée à Cayenne... Des collections de leurs chrysalides sont incrustées dans les délicates broderies de mon tapis de touchak, ces nattes qu'on étend sur le sol le soir pour dormir.
J'avais donc eu un rat, de Lisbonne à Porto Santo. Et un poisson volant coincé dans les plis du ris de l'artimon, trouvé à mon arrivée en Guyane. À mon retour sur Nimic il y a un mois, j'ai aussi trouvé plusieurs nids de guêpes maçonnes, et maintenant un nid de lézards. Et ces mites, ça fait combien de temps qu'elles attendaient leur moment ? Depuis les Canaries, ou depuis que Nimic est arrivé en Guyane ? Impossible à dire vraiment, mais ce qui est sûr, c'est que je n'ai pas assez aéré !

Aigrette léopard, août 2021, août 2021 Bon allez... pour vous changer les idées (ne me remerciez pas, je sais...), voici un portrait de ma dernière copine, une aigrette léopard ! Une preuve que ce que je vous ai vendu pour un ibis bleu l'hiver dernier n'est en fait qu'une aigrette de couleur originale, et même que, le printemps étant passé par là, les deux peuvent se croiser, CQFD ! Une métaphore crédible pour la politique internationale ?

vendredi 13 août 2021

Ile de Cayenne

Vous vous souvenez peut-être de la mini-polémique survenue à l'occasion du passage du Premier ministre à Cayenne, il y a un an... Non, la Guyane n'est pas une île ! Mais ses administrations sont localisées sur ce qu'il est convenu d'appeler l'île de Cayenne, un territoire marécageux conquis sur la mangrove en remontant le dédale des cours d'eau se jetant dans l'Océan. Cayenne et Rémire-Montjoly sont effectivement séparées du continent par le Canal de la Crique Fouillée. Et plus au Sud le Tour de l'Ile, un bras vaseux reliant le fleuve Mahury et la rivière de Cayenne, raboute la commune de Matoury à ce coeur historique de la Guyane. Alors, île ou pas ? Il y en a bien qui disent que Noirmoutier, entourée de hauts-fonds franchissables à pied à marée basse, et maintenant accrochée à un pont, n'est pas une Île...
Ile de Cayenne, août 2021
Quoi qu'il en soit, la culture du fleuve est omniprésente dans l'imaginaire guyanais, et tout le monde passe une grande part de son temps libre en pirogue pour aller chercher l'air frais et le calme dans un carbet, ces petites constructions sur pilotis aménagées avec un confort rudimentaire.

Nimic a eu la chance, cette semaine, de voir partir deux expéditions...
...l'une en amont sur le ponton, en mode caravane familiale
ça se prépare en douceur, août 2021
ya plus qu'à lancer le moteur, août 2021
et hop, on est parti !, août 2021
...l'autre en aval, en mode baroudeur organisé
les boudins pour la flottabilité, août 2021
chaque chose à sa place dans sa touque, août 2021
un p'tit coup de pagaie vers le dégrad, août 2021
on charge tout dans le pickup, août 2021
sans oublier le moteur, août 2021
et la pirogue, bien sur !, août 2021
c'est prêt, paré pour la première étape, août 2021
Mais vu le temps hors saison qu'on se tape depuis un mois... yikes.gif, fév. 2020à l'arrivée de la nuit ils étaient tous aussi mouillés
on ne m'y reprendra plus !  août 2021

jeudi 5 août 2021

Lendemain d'orage chez les urubus

Eh dites, les gars, on s'est pris une sacrée dégelée cette nuit !
urubus_001.jpg, août 2021 Ah m'en parle pas, j'en ai encore les rémiges toutes mouillées, j'peux plus décoller !
urubus_002.jpg, août 2021 Ouhlà, l'est pas un brin kamikaze, l'autre là ?
urubus_003.jpg, août 2021 Om mani padmé hôum !
urubus_003_10.jpg, août 2021 Ah tiens, v'là les anciens qui se pointent pour la séance de dérouillage !
urubus_004.jpg, août 2021 Ils vont encore nous faire le coup du développement personnel, ouarf !
urubus_005.jpg, août 2021 Ben ça sera sans moi, les mecs, j'me casse !
urubus_006.jpg, août 2021 L'a p'têt pas tort, l'artiste, on fait comme lui ?
urubus_007.jpg, août 2021 Vénérable grand maître, merci de nous guider vers le dépassement.
urubus_011.jpg, août 2021 Un peu de méditation, les jeunes, ça peut pas vous faire de mal !
urubus_012.jpg, août 2021 Om mani padmé hum...
urubus_013.jpg, août 2021 Om mani... Allez, on tire bien sur les grands extenseurs !
urubus_014.jpg, août 2021 Oh le joyau dans le lotus !
urubus_015.jpg, août 2021 Dis-donc, c'est qu'il a l'air d'y croire...
urubus_016.jpg, août 2021 Bon, on se prend la tangente, là !
urubus_016_2.jpg, août 2021 Eh les jeunes, où croyez-vous aller comme ça ?
urubus_017.jpg, août 2021 Ah, revenez, vous deux !
urubus_018.jpg, août 2021 Mais... ils ont disparu !
urubus_019.jpg, août 2021 Oh le joyau dans le lotus...
urubus_020.jpg, août 2021 Grand maître, veuillez accepter ma misérable incompétence...
urubus_021.jpg, août 2021 Ben ça rouscaille dans tous les coins...!
urubus_022.jpg, août 2021 Grand maître, les jeunes générations ont besoin d'un guide comme vous...
urubus_023.jpg, août 2021 Eh là, vous troublez ma méditation...
urubus_024.jpg, août 2021 ...je vais chercher la sérénité ailleurs !
urubus_025.jpg, août 2021 Ah ça mes gaillards, ça ne ne passera pas comme ça !
urubus_026.jpg, août 2021 Mais c'est quoi, ces revendications ?
urubus_027.jpg, août 2021 Dites, les copains, si on se tirait d'ici ?
urubus_028.jpg, août 2021 Ya encore un peu de lourdeur au décollage...
urubus_029.jpg, août 2021 ...mais on va y arriver...
urubus_030.jpg, août 2021 Qui m'aime me suive !
urubus_030_2.jpg, août 2021 Piquet de grève, on ne passe pas !
urubus_031.jpg, août 2021 Ordre du politburo !
urubus_033.jpg, août 2021 Dans tes rêves !
urubus_034.jpg, août 2021 Eh, emmène-moi !
urubus_035.jpg, août 2021

samedi 31 juillet 2021

Ariane s'envoie en l'air

On a failli attendre, mais on l'a eu, notre show intersidéral de facture locale ;)
Ariane V pointe au ciel de la Guyane... juil. 2021
J'étais prête, sur la jetée, mon téléphone en main, pour saisir l'instant. J'aurais aussi bien dû me munir d'un chronomètre, car quelques secondes seulement après dix-huit heures, sans bruit, le panache a surgi derrière la forêt pour traverser le ciel vers l'Est en un instant et s'éteindre sous mes yeux, perdu dans l'immensité. J'ai compté jusqu'à 160 pour enfin entendre le modeste grondement qui confirmait qu'Ariane V avait bien été lancée, et probablement mise sur orbite comme prévu. Le spectacle aurait presque été décevant si les restes de la traînée n'avaient finalement offert une demi-heure plus tard, avec l'aide des alizés, une vaste fresque colorée dans le soleil déjà couché.
...et disparaît en un clin d'oeil, juil. 2021
...ne traînant qu'un panache bousculé par l'alizé, juil. 2021
...qui deviendra fresque intergalactique, juil. 2021
Cet intermède met heureusement un peu de zeste dans la déprimante attente de nouvelles de mon envoi de matériel. Avec les amis de ponton comme Agathe de Melimila, je passe mon temps sur les sentiers de découverte. Celui de Loyola rappelle que les pères jésuites voulaient sauver les âmes des Amérindiens en exploitant les ressources locales grâce aux services de centaines d'esclaves africains.
Vestiges du domaine Loyola, juil. 2021
Kapokier au domaine Loyola, juil. 2021
Ou bien est-ce un fromager ? juil. 2021
Attention, champignons ! juil. 2021
Primaire ou secondaire, cette forêt ? juil. 2021
Lianes jusqu'au ciel, juil. 2021
Il y a bien eu aussi un minuscule drame local, quand l'Opik de Valérie en excursion est tombé en panne de moteur. Nimic a participé au sauvetage grâce à sa vaillante annexe, armée de son infatigable moteur Malta et pilotée par l'intrépide Boris de Petit Grain. Tout ce beau monde s'est retrouvé poussant du nez au cul d'Opik pour le faire arriver au ponton.
Petit Grain et Nimic en équipe de sauvetage, juil. 2021
Sauvetage en cours, juil. 2021
Sauvetage bien conduit, juil. 2021
Quoi ? Orientés, mes commentaires ?
Spectacle à l'eau, juil. 2021
Spectacle couru, juil. 2021
C'est que, sauf quand il fait trop mauvais, il y a toujours un chaland pour se rincer l'oeil au spectacle permanent du port. Même les urubus, le soleil, la lune et les étoiles s'y mettent.
Urubu forçant l'entrée du spectacle, juil. 2021
Urubus au spectacle, juil. 2021
Lune au spectacle, juil. 2021
Soleil au spectacle, juil. 2021
Etoiles au spectacle, juil. 2021
Alors, le triolisme, c'est presque une anecdote ;)
Prendre part au spectacle, juil. 2021

vendredi 9 juillet 2021

Artisanat guyanais

Une grue de port cul par-dessus tête amoureusement adossée à la hanche de son souteneur, ça pourrait être du Jeff Koons, ou de l'Abdellatif Kechiche, c'est une co-production sino-guyanaise. Il a fallu quinze ans à l'esprit d'initiative chinois pour insuffler dans la spontanéité locale une créativité inédite. Le résultat est là : une oeuvre à 20 millions d'euros plantée dans le quai du port de Degrad-des-Cannes, juste en front de fleuve. Les esprits chagrins crieront à la démesure, ou même à la forfaiture. J'affirme qu'il s'agit d'une oeuvre unique, parfaitement symbolique de notre époque, qui propulse le petit monde de la Guyane à l'épitomé de la beauté, et moi du même coup dans le cercle très fermé des critiques internationaux de l'art contemporain. Et qu'on ne vienne pas me dire que les dockers du navire chinois maintenant retenu au large du port y sont plus - ou moins - que le directeur du Grand Port Maritime de Guyane. C'est du collectif, du sublime, de l'humain dans sa grandiose bêtise...
Jeff Koons à Degrad-des-Cannes ? juil. 2021
Ou alors Abdelatif Kechiche ? juil. 2021
Et c'est peut-être depuis Nimic II qu'on en apprécie au mieux le spectacle.
Oeuvre d'art en plan large, juil. 2021
Du coup, j'ose à peine revenir à notre niveau de simples mortels. Vous parler de la moisissure qui envahit les coques à la saison équatoriale des pluies : les quelques mois que j'ai passés en métropole ont laissé leur trace.
Les moisissures aussi font de l'art, juil. 2021
Moisissures contre amarres, juil. 2021
Ou encore vous apitoyer des difficultés logistiques (rien à voir avec l'exhubérance artistique locale, m'a-t-on assuré...) rencontrées chez Burgaud pour faire parvenir à Nimic II le matériel utile au programme de l'hiver prochain. Indice : ce sera l'été austral, mais quelque part en Patagonie, il fera tout de même plutôt froid ;)
Contre-jour artistique, juil. 2021

vendredi 25 juin 2021

Sac à terre

Basse mer à Carantec, mai 2021
Crue du Lot à Castel, février 2021
Des nouvelles ? Depuis février dernier, Nimic II est resté bien sage sur son ponton à Degrad des Cannes, en attente de la Capitaine. J'étais rentrée en métropole pour rebooster sa marraine risquant d'être submergée par l'inondation centennale du printemps. Eh oui, si vous ne le saviez pas encore, le mot 'nimic' - qui pourrait être allitération d'une plage de l'enfance de mon père à Saint-Malo - est surtout concaténation des petits noms de deux femmes qui l'ont inspiré. L'une d'entre elles, Mite, est ma mère. Elle va mieux maintenant, merci.
Boutons du Cluzel, avril 2021
Moutons aux Guérinières, juin 2021
Pendant ces quelques mois auprès d'elle, je me suis nourrie des splendeurs des paysages gascons, bretons ou vendéens : crues et jusants, saules et noyers, moulin à marée ou moulin au drap, moutons et boutons. Moulin à marée de Pen Castel, mai 2021
Moulin aux draps de Chantonnay, juin 2021
Saule gascon et noyer vendéen
Saule des rives du Lot, mars 2021
Noyer aux éoliennes de Fontenay-le-Comte, juin 2021
J'ai aussi profité des ressources du port d'attache pour rassembler les équipements nécessaires à la suite de l'aventure. Rendez-vous donc bientôt à bord !

dimanche 24 janvier 2021

Kourou

Maquette d'Ariane 5, échelle 1, janv. 2021
Le 20 janvier, pendant que vous étiez agglutinés devant vos télés pour surveiller le bon aboutissement de la procédure de changement de POTUS, je devais répondre à une angoissante question : lequel des trois programmes de l'Agence spatiale européenne aurait ma préférence ?

Le lanceur russe Soyouz pour les moyens cargos ?
Soyouz ou la coopération Est-Ouest, janv. 2021
Fosse de lancement de Soyouz, janv. 2021
Le programme Vega pour les petites charges ?
Rampe de tir Véga, coopération Nord-Sud, janv. 2021
Ariane 5 et ses batiment d'intégration lanceur ou bâtiment d'assemblage final ?
BIL et BAF d'Ariane 5, janv. 2021
Pas de tir d'Ariane 5 et son château d'eau, janv. 2021
Gicleurs pour tamponnage du lancement à l'eau, janv. 2021
A l'issue de la visite guidée du centre spatial guyanais, une seule réponse s'impose à moi : ils se complètent les uns les autres, dans une splendide métaphore du développement humain... BIL, BAM, ergol et autre tamponnage hydraulique sont autant d'éléments poétiques qui relient l'ingéniosité créatrice au sentiment diffus de son inutilité face à la puissance cosmique, de sa futilité dans la diversité naturelle.
Le guide nous l'a assuré, il y a un aï visible quelque part dans ce manteau de verdure, l'avez-vous trouvé ? Moi, non !
Biotope du mouton paresseux, l'aï pour les scientifiques, janv. 2021
Par contre, c'est sur l'estran du fleuve que le biotope exprime sa vitalité, par exemple quand l'ibis l'arpente en quête de son bol alimentaire.
Le long chemin de l'ibis bleu en pêche, janv. 2021

dimanche 3 janvier 2021

Bye bye 2020, le futur est à nous !

Vestiges de soudure, janv. 2021
Ça, c'est un des derniers couchers de soleil de l'année 2020, quand on profite des éclaircies entre les grains pour faire avancer les travaux en cours. Les voisins de mouillage sont toujours prêts à proposer leurs compétences variées, par exemple pour changer la partie rouillée du bordé (merci Benoît d'Adventure et Jules de Vénus II), et permettre ainsi au pont de Nimic de retrouver sa fraîcheur. Merci à eux tous !

Vestiges de papillons, janv. 2021
Pour encourager la sortie de l'année 2020, j'ai pu visiter le village forestier de Cacao, à une cinquantaine de kilomètres au Sud de Cayenne. C'est toute une colonie d'immigrants indochinois des années 1970 qui s'est vu attribuer par la France l'usufruit d'une ancienne exploitation de cacaotiers, où ils ont acclimaté des espèces apportées avec eux. Les Hmongs fournissent maintenant l'essentiel de la production maraîchères en Guyane, à base d'essences exotiques toutes plus délicieuses les unes que les autres. Sur les vestiges de la colonisation, c'est donc une expérience de mixité réussie. Du coup, Cacao est une des destinations préférées des touristes, et on y trouve même un musée de la Guyane, qu'un animateur passionné enrichit de trouvailles exceptionnelles, dépouilles de vie animale, vestiges de vies de bagnards ou des peuples autochtones.
Vestiges d'amérindiens, janv. 2021
Vestiges de bagnards, janv. 2021

Au fil des heures, mon safari photo perso rapporte des trouvailles que je vous livre en vrac :
...guêpe maçonne en charroi des matériaux de son prochain nid
Guêpe maçonne, janv. 2021
...aigrette à la poursuite de son prochain repas
Aigrette en chasse, janv. 2021
...ou poisson échappé à son prédateur naturel ;)
Poisson chassé, janv. 2021

Tout ça nous a fait entrer en douceur dans l'année 2021, en compagnies des équipages de Métisse et d'Opik, et, outre ceux déjà cités, avec l'amitié d'Obéron, Kerjadenn, Jocéba, Le Syrah, Océanite, Calysé, Nomade, Ti-Flod, Calogne et Marie-José, sans oublier Maurin, arbitre local ;) et toute la petite famille d'Anahita.
Que les projets aboutissent donc en 2021, en Guyane ou ailleurs dans le monde !
Front de mer à Cayenne, janv. 2021
Vestige de 2020, janv. 2021

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