Le blog de Nimic II

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samedi 30 mars 2019

Pinta et château de Baiona

La Pinta voisine de ponton
La Pinta à la plage
Voiles de la Pinta
C'est ici, à Baiona, qu'est revenue l'une des deux caravelles de l'expédition qui découvrit l'Amérique sous l'autorité de Christophe Colomb. Et voilà Nimic II quasiment bord à bord avec la Pinta (bon, d'accord, sa réplique seulement) amarrée et exposée pour exalter le souvenir et l'esprit d'aventure. Sait-on qu'avant de découvrir les hamacs aux Caraïbes les marins dormaient à même le pont ? Apprécions-nous autant qu'eux l'odeur nauséabonde des fonds de cale, signe qu'il n'y avait pas de voies d'eau... Sifflote... Connait-on la longue liste des plantes (patates, tomates, maïs, tabac, et tant d'autres) qui s'implantèrent en Europe après 1492 ?
Château de Baiona
Promenade de Baiona
Vieux murs de Baiona
Le commerce vers les Indes orientales fit la richesse de l'Espagne, la vieille ville de Baiona en garde de beaux vestiges. Nimic II a passé une nuit au ponton pour donner l'occasion à l'équipage de les visiter. Et pour refaire l'avitaillement avant de retrouver son mouillage au centre de la baie, dans l'attente des pièces de rechange pour l'hydrogénérateur Coucou !
Nimic au ponton à Baiona

lundi 25 mars 2019

Baiona

Baie de Baiona côté port
Baie de Baiona côté plage
Baie de Baiona côté îles
Quelques amis étaient passés nous aider à larguer les amarres. L'un d'entre eux, bien avisé, avait glissé : si besoin, arrête-toi à Baiona ! Eh bien, nous y voilà, après avoir constaté que le complément de charge fourni par l'hydrolienne serait indispensable à l'équilibre énergétique du bord. Je vous présente donc l'objet du délit : un piètement d'engin non adapté à son environnement, ici une machine soumise à de fortes turbulences marines.
Piètement d'hydrolienne déchaussé
Du coup, on admire la baie depuis son centre, où Nimic est venu tranquillement mouiller au cours de la nuit dernière. On en profite pour se reposer, en tenue de circonstances, avant de descendre à terre régler les divers dossiers en cours. Et en attendant que les vents repassent au-dessous des 30 noeuds...!
Chapeau de paille pour selfie

samedi 23 mars 2019

C"est le printemps sur Nimic II

Giboulées de printemps Deux fois dans l'hiver on avait démarré. On était revenu. Trop de pépins techniques, trop d'impondérables météo. Il ne s'agit pas de risquer tout, il s'agit de prendre du plaisir en retombant en enfance, à bord d'un bateau ami, aimé, auquel on a tout donné. Et voilà qu'on en reçoit les grands bonheurs du large, comme ces virgas au lever du soleil le jour du printemps. Les grains d'est qui s'en sont suivis racontaient des légendes de tempêtes à venir. Mais on se glissera jusqu'aux îles avant qu'elles ne fassent céder la dorsale anticyclonique qui s'est installée des Açores à la pointe de Bretagne, avant que les doutes ne prennent le dessus sur les bonheurs.
Et si vous lisez ce post, c'est que la dorsale a tenu... ou alors que la skipper de Nimic II connaît ses limites et a mené sa barque dans un des nombreux ports d'accueil sur la route. Ou plutôt (info de dernière minute), qu'on a rencontré du réseau favorable au large de la Corogne ;)
Cinq jours à manoeuvrer dans le golfe de Gascogne à la recherche du meilleur vent. Tempête de pétole au large de la pointe d'Espagne, les escadrilles de cargos surgissent de nulle part et repartent de même. Les bataillons serrés de goélands se posent à deux cents mètres devant nous sur la mer, dans l'espoir de quelques agapes quand le bateau traverse laborieusement leur groupe. Toutes les demi-heures, un signal est donné et le pack s'envole derrière pour reprendre sa place devant. Ce manège s'est produit une demi-douzaine de fois, j'en ai déduit que nous avions avancé de presqu'un mille sur l'eau. Sur le fond, c'est une autre histoire, le GPS donnait parfois des vitesses négatives par la grâce des courants côtiers ou de marée.
Qu'importe, nous sommes en mer, il fait beau, en journée les panneaux solaires étalent parfaitement la consommation du pilote. Seul petit souci, l'hydro a faussé compagnie à son embase, la ferrure est complètement déformée par la force de l'eau, mal calculée, mal dimensionnée par des novices en matière de mécanique marine. On a récupéré l'engin qui faisait ancre flottante sur son bout de sécurité. On attendra la prochaine escale pour étudier la question. Peut-être même que d'ici-là on aura tout bonnement décidé de se passer d'hydrolienne !
On vous embrasse Bise

vendredi 15 mars 2019

Jamais deux sans trois

A l'heure où vous lirez ces lignes, nous serons peut-être déjà en mer pour notre troisième tentative de départ ;) Alors, pour vous faire patienter dans l'attente des nouvelles de l'arrivée prochaine de Nimic II aux îles Canaries (ou peut-être sera-ce seulement Madère...), je vous propose une lecture : Couverture de Sept Voiles
Argumentaire : "Entre la petite histoire et la grande, Ariane démêle les légendes qui l'ont conduite en Afghanistan, un pays enclavé à mille milles de toute étendue marine alors qu'elle est une fille des îles adonnée à la voile depuis l'enfance. Comment vit-on sa vie quand on n'y a pas trouvé de sens, quand les gens que l'on côtoie y rajoutent en mensonges délibérés, quand la société se délite dans le virtuel ? Le roman nous distrait-il par des sornettes, ou y trouvons-nous matière à nous construire dans la crudité de situations réelles, leurs risques et leurs perspectives, fussent-elles la fuite, l'impuissance ou le combat ? La brûlure de l'expérience et l'urgence de l'écriture recollent les péripéties de l'absurde, recentrent le vécu, et nourrissent l'étincelle d'espoir."
Couverture : dessin de Kaci, avec l'amicale autorisation de l'auteur et l'accord de l'éditeur. Photo : droits réservés. Enjoy !

mercredi 13 mars 2019

Avis de recherche - Wanted

Brûleur de réchaud Optimus
Il est d'origine, fonctionnel, sécurisant, le réchaud à pétrole Optimus du bord. On pourra entendre les arguments contraires des partisans d'un réchaud à gaz, et c'est ce dernier type qui équipe les cuisines des voiliers modernes. Sur Nimic II, on reste attaché aux choix du grand ordonnateur... Sauf que parfois, des pièces viennent à faire défaillance, comme aujourd'hui la grille de l'un des brûleurs, qui vient de céder sous l'emprise de l'âge, l'humidité, la corrosion...
Grille de brûleur HS
Ce modèle n'est plus commercialisé :( L'équipage serait très reconnaissant.e à quiconque disposerait de pièces de ce type et pourrait nous les faire parvenir. Merci d'avance !
Grille de brûleur réchaud Optimus

dimanche 24 février 2019

Jamais fini les bricoles

Grand-voile libérée
Il y a toujours quelque chose à faire sur un bateau qui attend sa fenêtre ! Mais les jours propices au bricolage sont peu nombreux, alors on cumule : hisser la grand-voile pour enlever les ris de la dernière nav, changer les attaches de la capote, changer les poignées en bois du panneau arrière, mettre des tapons un peu partout pour faire beau, imaginer une rehausse à la taille de la capitaine pour la timonerie intérieure, tout ça c'est du détail.
Ferrures de capote et tapons de descente
Nouvelles poignées pour panneau La tête dans la bulle
Le plus important de nos travaux des dernières semaines fut de placer des taquets sur le maître bau (histoire de ne plus se retrouver en drapeau lors d'un apontage solitaire), de poser l'antenne GPS de l'AIS, et de terminer la mise au point de l'hydrolienne. Avec tout ça, on devrait être prêt quand la Corogne sera enfin dégagée :)
Amarrage sur le maître bau
Anttenne GPS pour le transpondeur AIS
Fort Boyard en action
Et en attendant, on admire les derniers travaux de dragage du port, avec le magnifique Fort-Boyard en évolution au mètre près !

lundi 4 février 2019

Vélo de balade ?

Vélo de ponton
Vélo de balade
Mi-coque en noir
Rendez-vous d'affaires
Vélo d'affaires, vélo de chantier, vélo de ponton ? Il m'a accompagnée à chaque moment depuis trois ans, mon seul moyen de locomotion sur le projet Nimic II autour du monde. Je lui promettais justement une révision complète pour restaurer ses fonctions de freinage ou d'embrayage, aux bons soins de Charier qui me l'avait préparé et entretenu tout ce temps. Mais hier, au déclin du jour sur la jetée Est du port de l'Herbaudière, alors que le joli soleil avait pu donner des envies de changement d'air, il a préféré la fonction vélo de balade à celle de vélo de charge, et pris la poudre d'escampette.
J'en appelle aux liens d'amitié qui se sont noués depuis trois ans, ainsi qu'au remord qui'il pourrait ressentir à me laisser ainsi totalement démunie. Je gage que mon fidèle vélo retrouvera sa place sur le projet. Peut-être que les deux dames repérées à l'aider à prendre sa liberté sauront lui faire entendre raison ?

mercredi 30 janvier 2019

Gabrielle

Nimic dans sa toile de sécurité Ils disaient : tu ne vas pas rester à bord, hein ? Comme une araignée dans sa toile, Nimic II s'est préparé à accueillir Gabrielle, la première tempête à traverser le Golfe cet hiver. Le noroît prévu juste par le travers du bateau le basculerait vers le ponton sous l'effet du fardage. Fallait-il fuir vers le fond du port, ou rester appuyé sur le gros pieu du ponton de la SNSM ? On a choisi. Le jeu est d'éviter que les deux masses entrent en collision, avec retenues, amarres et autres défenses renforcées style pneus de camion. L'équipe du port n'était d'ailleurs pas en reste de vérifications.
Vérifications avant tempêteRafales à 12 Finalement, en situation, ça ne dépasse pas les quinze degrés de gite. Par contre, l'anémonètre s'est pris quelques trépidations, dont on a pu saisir les plus modérées. La pointe à 62,1 noeuds a échappé à la vivacité de notre objectif ;) On s'en tire avec un sommeil bien moins troublé qu'en mer et juste quelques traces noires sur le gras de la coque Yess !

lundi 28 janvier 2019

Calme et tempête

Petit matin lumineux à l'Herbaudière
David au secours de l'enrouleur de foc
Florent à l'aiguille pour le Martroger
Les amis sont venus, merci ! Depuis trois semaines maintenant, les petits travaux avancent, aux bons soins de nos voiliers favoris, Simonin dans le gréement, ou Burgaud pour l'électronique. On attend les taquets et les boulons pour renforcer l'amarrage au maître bau. Et bientôt on pourra se mettre à l'affût de la prochaine fenêtre. Pour l'instant, elle est bien fermée, il suffit de jeter un oeil par le hublot pour s'en convaincre, si les oreilles n'y suffisaient pas ;)
Noroît à force 10
Bonne année à tous !

samedi 5 janvier 2019

Réveillon à la mer

Météo de Nouvel An
Une hirondelle à bord
On a largué les amarres à la Saint-Sylvestre en début d'après-midi, avec une météo maussade quoique prometteuse : peut-être une dizaine de jours en régime d'est garantissant une calme traversée du golfe et une descente vers les Canaries dans les meilleures conditions. On passait la bouée de la Grise avec toute la voilure établie au portant sous pilote. Route au 220, la mer est belle, le vent léger, la vitesse entre 4 et 5 noeuds, c'est l'euphorie du grand départ. Ça n'a pas duré.
Dès la tombée de la nuit, soit deux heures et demie sans charge au moteur, on notait une baisse à 88% de la charge du parc des instruments de navigation, qui reçoit pourtant en priorité les imports des panneaux solaires (manifestement inopérants avec ce ciel plombé) et de l'hydrogénérateur (pourtant en situation favorable d'autant que la vitesse augmentait à six noeud avec le vent forcissant). Le moniteur donnait une autonomie de 10 heures. On est alors passé en couplage avec le parc de batteries lumières histoire d'améliorer notre autonomie, soit 22 heures dans ces nouvelles conditions. Et puisqu'on était parti pour réveillonner en mer, on décidait de ne décider que le lendemain ;)
A l'heure de l'extinction des feux le 1er janvier, on a découvert une hirondelle de mer transie dans le cockpit, on lui a promis de la ramener à terre. L'autonomie était passée à 13 heures, et le ciel commençait à s'éclaircir, laissant espérer l'apparition du soleil et l'apport d'énergie par les panneaux solaires. On a alors lancé une requête météo. Ca nous a pris vingt minutes de connexion satellitaire tout de même, pour constater une dégradation des conditions au niveau de la Corogne. La raison était de rentrer à l'Herbaudière. Pour ramener l'hirondelle au sec, bien sûr.
Lever de soleil babord amure
Coucher de soleil tribord amure Chacun aura deviné que, du coup, il fallait rentrer au près. Nos dix-huit heures de grand largue babord amures se sont soldées par soixante heures de près en tirant des bords à voilure progressivement réduite dans le vent forcissant, pour se terminer le dernier jour avec deux ris dans la grand-voile et la moitié du foc enroulé, avec 20 à 30 noeuds de vent et une mer agitée. Heureusement le bateau navigue tout seul barre amarrée dans ces conditions, plus besoin de pilote, et comme le soleil est apparu le 2 janvier, les batteries se sont stabilisées à 70% de capacité. Ouf !
On frôle Belle-Ile
Après un coucou au Goulphar, Nimic II a croisé sa route à la bouée de la Grise pour rentrer avec le flot dans la nuit du 3 au 4 janvier. La capitaine a connu un grand moment de solitude pour l'arrivée au ponton de nuit par vent d'est de 20 noeuds. Le bateau s'est retrouvé en drapeau par l'arrière, il a fallu une demi-heure de reprise d'amarres pouce à pouce pour regagner sa place au ponton visiteurs, sans casser personne dans le port Yess !
L'hirondelle est arrivée vivante, mais pas bien en forme. Peut-être ses mânes nous ont-elles jeté un sort, parce que le lendemain, en complétant mon amarrage, je me suis retrouvée à l'eau, juste à l'endroit où je l'avais délicatement déposée pour qu'elle rejoigne les éléments de l'univers.
Epilogue. On a peut-être trouvé une explication à la défaillance de l'hydrogénérateur : un des boulons de fixation a sauté ! Cela vient compléter la liste des menues défaillances que ces trois jours de mer ont apportées, et qu'on va s'attacher à réparer en attendant la prochaine fenêtre météo et les visites de nos amis.
Hydrogénérateur déboulonné

lundi 31 décembre 2018

Nouveaux horizons pour 2019

Ce n'est pas la perspective de la nouvelle année, c'est l'examen attentif du fichier météo de ce matin qui m'y invite : je me prépare à passer le réveillon en mer ! Bonne année à tous, je vous embrasse

vendredi 21 décembre 2018

Les Canaries à l'automne?

Arc-en-ciel de solstice
C'était le projet, arriver aux Iles avant l'hiver, y retrouver notre partenaire de coeur. En ce jour de solstice, il devient évident que ni l'un ni l'autre ne se feront. La voile n'est pas une science exacte. Le superbe arc-en-ciel signale la prochaine fin de la tempête. Nimic II attendra encore avant de prendre son élan vers le sud.
Les cartes aussi semblent d'accord. Alors, on les laissera dans cet ordre gagnant ;)
Réussite gagnante à neuf

jeudi 13 décembre 2018

Loch Ness

Brisants à la sortie
Force 11 ?
Il était annoncé sur les fichiers météo, il est tapi dans les brisants de la sortie du port, le monstre de la météo chaotique de ces jours-ci. On avait cru pouvoir le fuir en se glissant dans une lucarne vers la Corogne. Las ! A la première entrée dans le journal de bord, une fois passé le chenal de la Grise - entre l'Île d'Her et celle des Pucelles ;) - on a constaté que les instruments ne s'accordaient pas sur le point GPS. Sans synchronisation, il était difficile en l'état de fonder sa navigation sur ce système. Il fallut se résoudre à faire demi-tour, se réamarrer à notre ponton d'attente, en sachant qu'une prochaine occasion ne se présentera pas avant Noël. On se terre...
L'équipe du port au boulot
Mais le monstre serait-il entre les jetées ? Depuis des semaines, les équipes techniques jouent aux chaises musicales avec les embarcations du port, histoire de ménager la place aux évolutions de la drague et de la plateforme technique en grandes manoeuvres de repiquage de pieux. On pensait, en partant, s'éviter la proximité de ces gros engins. Et puis, ce matin, on a été réveillé par la suceuse du trépan logé dans l'aspirateur de la drague, qui commençait à attaquer les fonds dans notre environnement. Quand on a senti un frottement contre la quille de Nimic II, la barge était à moins de dix mètres, le museau de son tuyau logé dans l'eau boueuse, invisible, menaçant, dans notre direction. On a manifesté notre émoi aux ouvriers. On s'est fait rembarrer sans le moindre respect.

Tête chercheuse de la drague Elle est bien agitée cette période, où les 'professionnels de la profession' semblent ne plus accepter la moindre remarque des 'plaisanciers' pour qui ils travaillent et qui pourtant financent leur activité... Le monstre est partout.

jeudi 6 décembre 2018

Longue vue pour un dégolfage

Fenêtre météo pour dimanche
Situation prévue une semaine plus tard
Sur Nimic II, on a l'oeil coincé sur la fenêtre météo qui semble prête à s'ouvrir dans la journée de dimanche. On sort des gribs tous les matins, et on compare les variations de prévision que proposent les modèles déboussolés par le changement climatique. Pour nous, l'enjeu est d'atteindre le large de la Corogne, puis le sud de la péninsule ibérique, sans rencontrer de forts vents défavorables, et si possible avec une mer accueillante. En langage sud-breton, ça s'appelle 'dégolfer en douceur'. C'est que, s'il assure une relative clémence des températures, le suroît qui domine actuellement installe une forte houle de face possiblement croisée par les fluctuations, et obligerait à tirer des bords jusqu'à la Corogne si on se lançait maintenant.
Mais la dépression qui avance vers le nord de l'Irlande s'accompagnera chez nous d'une phase de noroît, virant au nordet par le nord, des conditions nettement plus favorables pour quitter l'Herbaudière. L'idée est de franchir la pointe nord de l'Espagne trois jours plus tard, juste au moment du passage du front de la nouvelle dépression : après un tour complet du cadran, les vents repasseront au noroît et nous propulseront alors vers le sud. Etre au bon endroit au bon moment, un rendez-vous à ne pas manquer à trois heures près.
Passage de front à la Corogne prévu dans la nuit de mercredi 12 à jeudi 13 décembre Toute cette belle construction est largement théorique. Elle pourrait être remise en cause par l'incertitude sur la vitesse du bateau, l'imprécision des cartographies proposées et surtout par la versatilité de plus en plus grande des prévisions dans le temps. Quant ne s'y ajoutent pas les interprétations différentes selon l'école de météolorogie qui les a mises en forme... Autant dire que si nous partions effectivement dimanche, comme nous le souhaitons aujourd'hui, rien ne dit que nous rencontrerions les conditions espérées, et donc que nous arriverions à bon port (les Canaries ?) dans la quinzaine qui suivrait. Il y a toujours des solutions de repli en Espagne et au Portugal, et on a déjà vu des départs se solder par des retours au port sous quarante-huit heures. La voile n'est pas une science exacte. Ce qui n'en fait pas pour autant une activité de charlatans, ni même une illusion collective.
Du neuf pour du vieux
Arpentage pour nouvelle implantation
On aurait bien aimé, avant de dégolfer, se convaincre que nos politiques et nos concitoyens sont arrivés à la même perspicacité. On peut en douter. Pour exemple, les travaux herculéens entrepris dans le port de l'Herbaudière par l'équipe des gilets oranges locaux. Il s'agit de remplacer les vieux pieux d'ancrage des pontons par des pieux tous neufs, une opération qui bloque le port pour trois mois au moins. Quoiqu'on en ait cru, le bureau d'études qui y préside n'a pas jugé utile de rallonger d'un ou deux mètres les pieux pourtant arrivés au bout de leur capacité à l'occasion de la tempête Xynthia. Est-ce courte vue scientifique (l'économie, la météorologie), pensée magique (anne, ma soeur anne, ne vois-tu rien venir ?), ou manifestation bien comprise des intérêts d'un petit nombre de décideurs qui surfent sur le conjoncturel parce qu'ils pensent qu'ils se tireront toujours du structurel (pince-mi et pince-moi sont dans un bateau...)?
Bonne traversée à tous, gardez l'oeil !

mercredi 28 novembre 2018

Tout nu et tout mouillé...

Lumière de ponton
Barge de génie maritime
Quand la caisse à savon qui sert de plateforme de travaux publics est arrivée dans le port de l'Herbaudière, on disait que les poteaux d'ancrage des pontons y seraient changés durant l'hiver. C'est qu'ils ont fait leur temps... et que le mètre qui leur avait été rajouté au lendemain des remous de Xynthia semble bien riquiqui au regard des hauteurs que peut prendre la marée par fort coefficient. On disait aussi que les nouveaux poteaux arriveraient ce lundi, et que les anciens seraient déplantés au fur et à mesure du plantage des nouveaux, dans le mouvement de la campagne de dragage en cours. Histoire de limiter autant que possible le jeu de chaises musicales qui trimbale des bateaux du port d'un ponton à un autre pour libérer les espaces.
Déplantage de poteaux de ponton
C'était sans compter sur la hargne des gilets jaunes... qui ont bloqué le transport des poteaux quelque part dans la France profonde Yikes! Alors, aujourd'hui, au lieu de planter, les valeureux - et tout aussi jaunes - ingénieurs du génie maritime s'emploient à tester le déplantage à chaud, laissant le plan d'eau vide sous les pluies de suroît... tout nu et tout mouillé ;)
Double n°1, par Nicolas Garnier
L'hydro nouveau est arrivé En ce qui concerne Nimic II, pourtant, les nouvelles sont revigorantes : l'hydro nouveau, les paneaux solaires sont en place et en fonction ! Pour fêter ça en attendant la fenêtre météo adhoc pour un bord direct vers les Canaries (et pas le suroît annoncé pour les prochains jours), j'ai embarqué et posté dans le carré (tout nu et tout mouillé, lui aussi) le Double n°1 qui sera le signe tangible du soutien des amis de Nimic dans sa rénovation. Merci Nicolas :) Un pisse-mémé pour les visiteurs en attendant le départ ?
Réchaud frondeur

vendredi 9 novembre 2018

Ronger son frein

Ebats de cormoran
Vérifier chaque jour les amarres en fonction de la météo annoncée. Ressortir son vélo pour parcourir les pontons entre artisans, capitainerie et sanitaires. Enregistrer le circuit des branchements des nouvelles batteries, coupe-circuits et autre cyrix. Déconnecter la prise de quai parce que les panneaux solaires assurent maintenant par tout temps. Regréer la trinquette réparée par notre voilier favori. Rester amie avec la famille de canards qui réclame des miettes. Se prendre pour le cormoran prêt à se jeter dans le grand bain.
Vélo de ponton
Nouvelle organisation énergétique Reprendre du service sur la route du Rhum en virtuel auprès des loups de mer. Hésiter entre les options nord et sud et opter pour la plus réaliste contre la probablement gagnante, bien qu'humainement impraticable. Se désoler des nombreux abandons chez les réels. Se féliciter de n'être pas en mer pour de vrai. Continuer à suivre Sam, François, Alex... et le capitaine Frog ;)
Attendre que les techniciens, commerciaux et autres intermédiaires se mettent d'accord sur la bonne solution pour faire fonctionner l'hydrogénérateur. Garder l'oeil sur les fichiers grib à l'affut de la prochaine fenêtre vers les Canaries. Eviter de trop taper dans l'avitaillement du bord. Se tenir aux balustres quand on pose le pied sur le ponton parce qu'on est déjà en mode marin. Accueillir avec plaisir les amis, cousins et voisins de passage pour recueillir les dernières nouvelles de la terre. Avoir la tête en mer. Ronger son frein.
Canette affamée

jeudi 25 octobre 2018

Avitaillement et autres tergiversations

Nouveau chargeur de quai
Connexion de l'antenne satellite
Tempête de crânes pour hydro
Le frigo est branché, le chargeur de quai a été changé, c'est le moment de s'installer à bord, de prendre ses marques en attendant la finition des équipements de navigation : antenne du téléphone satellite, branchement des panneaux solaires, modification de l'embase de l'hydrogénérateur. Chaque contretemps technique est l'occasion de tester sa résistance au stress. Le dernier en date : l'explosion de l'une des batteries entraîne la décision de changer le parc, qu'on espérait faire durer au moins une saison supplémentaire.
Appros médicales, merci Mapie !
Kit d'urgence
Appros longue durée
Appros gourmandise
A grands renforts de sachets congélation, on a transformé en kit d'urgence la montagne de boîtes de la pharmacie du bord. On teste la pertinence des provisions de la cambuse en espérant ne pas les épuiser avant le départ. Et on se change les idées avec le spectacle permanent du port, grandes manoeuvres de dragage et évolutions diverses.
Engin de creusement
Pilotage de drague
Effet artistique sur casier

mardi 16 octobre 2018

Scénario catastrophe

Traîne de tempête tropicale
La journée commence bien, la tempête tropicale a juste effleuré l'Ile et n'y laisse qu'un marasme d'Est avec ciel magnifique et mer se calmant. On a fait savoir à notre ship-chandler favori que l'installation de l'hydrogénérateur nouvelle formule met en évidence encore de graves dysfonctionnement (une turbine à moitié immergée ne peut produire son quota d'énergie...) et il a répondu avec une solution acceptable. On se dit que ce n'est qu'une occurrence supplémentaire des mini-catastrophes qui se produisent en salves au cours d'une préparation de grande navigation, qu'on y fait face avec détermination et bonne fortune, et qu'on aura bientôt largué les amarres.
Hydrogénérateur à mi-fonction
Alors on se fixe pour la journée une tâche mineure : remplacer les rivets vert-de-grisés des sangles de sécurité : timonerie, cuisine. On a repéré dans les stocks techniques un sachet de pièces qui pourraient être appropriées, bien qu'apparemment d'un matériau différent. On se met à la recherche d'une pince à riveter pour les fixer, et on s'adresse à notre voilier favori : il suffit de leur taper sur la tête au marteau, et oui, ce sont les mêmes, il s'agit de laiton chromé. On s'était fait toute une montagne de l'opération, mais elle est réglée en dix minutes. On bénit le paternel qui avait tout prévu : nos sangles sont prêtes à poser, juste une affaire de quelques noeuds.
Démontage de la pompe du réchaud
Et c'est là que ça déraille. Un magnifique bout en dyneema remplacerait les vieilles attaches datant de trente ans, coupées ras, non réutilisables. Il faudrait en arrêter les noeuds à la chaleur. On ferait chauffer à rouge sur le réchaud une lame de couteau qui permettrait des finitions nettes. On s'apprête à allumer le réchaud, un vieil optimus à pétrole avec pompe à pression et pré-chauffage à l'alcool. On regarde monter doucement l'aiguille de pression au rythme de nos bras et là, à mi-chemin, c'est la sortie de route : le joint en cuir de la pompe reste coincé dans le fond du tube. On démonte l'ensemble, sans succès. Pas de pompe, pas de pression, pas de feu, pas d'arrêt de noeuds, etc... Mais surtout, pas de réchaud pour la cuisine Yikes!
Va-t-on trouver une pompe de remplacement ? Si non, faudra-t-il changer le réchaud ? Réorganiser l'agencement de la cuisine ? Comme un jeu de dominos, la catastrophe se déroule dans la tête du skipper abasourdi... C'était ma séquence : "Comment dégringoler de son petit nuage en un tour de bras..."
Coucou ! Mise à jour le lendemain : c'est notre mécanicien favori qui a été pêcher le joint au fond du tube de la pompe... Ouf, ça va mieux !

mercredi 10 octobre 2018

Drague du jour

Plateforme de drague
Braveheart, c'est le nom de la barge qui vient d'investir le port de l'Herbaudière pour la saison. Cette plateforme logistique va procéder au déplacement de tonnes de vase de l'intérieur vers l'extérieur des jetées, pour satisfaire aux caractéristiques cartographiques du plan d'eau et de son chenal d'accès : "dragué à 1,2 m". Qui parlait de vider la mer à la petite cuiller ?
Pêche du jour
Sur Nimic, les travaux de Sisiphe continuent également. Outre le passage chez les artisans concernés pour réparer la trinquette ou repeindre la coque, on a raclé les cales pour les délester d'un lot conséquent de connexions électriques inutiles ou matériels défaillants : connexions "push-pull" du réfrigérateur remplacées par une bonne vieille soudure ; régulateur de charge du circuit de la génératrice 220V déjà virée ; divers câbles surnuméraires dans la simplification générale des circuits.
Soudure des branchements du frigo
Chargeur de quai hors service
Et pour parfaire notre pêche du jour, c'est le chargeur de quai qui manifeste une faiblesse qu'il faudra bien suppléer. On attendra encore un peu pour emménager à bord...

dimanche 7 octobre 2018

Avis de coup de vent

Dans le ventre du port
Agrandissement du réseau de navigation
En prévision des grands frais d'automne, on avait déplacé Nimic au coeur du port, sur un ponton moins exposé à la houle, auprès des grands frères de la SNSM, en face des cousins de la criée. On y passait tranquillement le temps à compléter les équipements, au gré de la disponibilité des matériels et des techniciens, au rythme des variations de l'anticyclone. On attendait avec impatience le moment où seraient réglées les connexions du groupe froid, afin de s'installer à bord. Chaque soir, on rentrait sagement à terre après les contrôles de routine.

On regrettait bien de ne pas être prêt pour chevaucher jusqu'à la Corogne les ondes du régime d'Est installé depuis plusieurs semaines... On avait suivi avec intérêt la progression du coup de vent passager qui en bousculait temporairement l'empire. On ne s'était pas inquiété outre mesure. On aurait bien dû.
Coup de vent de nord
Les volets cognaient cette nuit. On est sorti vérifier l'amarrage à l'approche de la pleine mer. Nimic renaclait sous les rafales d'un méchant flux de nord-ouest tourbillonnant par dessus le terre-plein ouest. Ses quinze tonnes écrasaient les pare-battage. Le bateau raclait le ponton qui arrachait la peinture. Et en prime, un mauvait filet de vent s'est engouffré dans une poche de toile mal serrée du rouleau de la trinquette : elle s'en souvient, elle !

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