Dans le ventre du port
Agrandissement du réseau de navigation
En prévision des grands frais d'automne, on avait déplacé Nimic au coeur du port, sur un ponton moins exposé à la houle, auprès des grands frères de la SNSM, en face des cousins de la criée. On y passait tranquillement le temps à compléter les équipements, au gré de la disponibilité des matériels et des techniciens, au rythme des variations de l'anticyclone. On attendait avec impatience le moment où seraient réglées les connexions du groupe froid, afin de s'installer à bord. Chaque soir, on rentrait sagement à terre après les contrôles de routine.

On regrettait bien de ne pas être prêt pour chevaucher jusqu'à la Corogne les ondes du régime d'Est installé depuis plusieurs semaines... On avait suivi avec intérêt la progression du coup de vent passager qui en bousculait temporairement l'empire. On ne s'était pas inquiété outre mesure. On aurait bien dû.
Coup de vent de nord
Les volets cognaient cette nuit. On est sorti vérifier l'amarrage à l'approche de la pleine mer. Nimic renaclait sous les rafales d'un méchant flux de nord-ouest tourbillonnant par dessus le terre-plein ouest. Ses quinze tonnes écrasaient les pare-battage. Le bateau raclait le ponton qui arrachait la peinture. Et en prime, un mauvait filet de vent s'est engouffré dans une poche de toile mal serrée du rouleau de la trinquette : elle s'en souvient, elle !