Traîne de tempête tropicale
La journée commence bien, la tempête tropicale a juste effleuré l'Ile et n'y laisse qu'un marasme d'Est avec ciel magnifique et mer se calmant. On a fait savoir à notre ship-chandler favori que l'installation de l'hydrogénérateur nouvelle formule met en évidence encore de graves dysfonctionnement (une turbine à moitié immergée ne peut produire son quota d'énergie...) et il a répondu avec une solution acceptable. On se dit que ce n'est qu'une occurrence supplémentaire des mini-catastrophes qui se produisent en salves au cours d'une préparation de grande navigation, qu'on y fait face avec détermination et bonne fortune, et qu'on aura bientôt largué les amarres.
Hydrogénérateur à mi-fonction
Alors on se fixe pour la journée une tâche mineure : remplacer les rivets vert-de-grisés des sangles de sécurité : timonerie, cuisine. On a repéré dans les stocks techniques un sachet de pièces qui pourraient être appropriées, bien qu'apparemment d'un matériau différent. On se met à la recherche d'une pince à riveter pour les fixer, et on s'adresse à notre voilier favori : il suffit de leur taper sur la tête au marteau, et oui, ce sont les mêmes, il s'agit de laiton chromé. On s'était fait toute une montagne de l'opération, mais elle est réglée en dix minutes. On bénit le paternel qui avait tout prévu : nos sangles sont prêtes à poser, juste une affaire de quelques noeuds.
Démontage de la pompe du réchaud
Et c'est là que ça déraille. Un magnifique bout en dyneema remplacerait les vieilles attaches datant de trente ans, coupées ras, non réutilisables. Il faudrait en arrêter les noeuds à la chaleur. On ferait chauffer à rouge sur le réchaud une lame de couteau qui permettrait des finitions nettes. On s'apprête à allumer le réchaud, un vieil optimus à pétrole avec pompe à pression et pré-chauffage à l'alcool. On regarde monter doucement l'aiguille de pression au rythme de nos bras et là, à mi-chemin, c'est la sortie de route : le joint en cuir de la pompe reste coincé dans le fond du tube. On démonte l'ensemble, sans succès. Pas de pompe, pas de pression, pas de feu, pas d'arrêt de noeuds, etc... Mais surtout, pas de réchaud pour la cuisine Yikes!
Va-t-on trouver une pompe de remplacement ? Si non, faudra-t-il changer le réchaud ? Réorganiser l'agencement de la cuisine ? Comme un jeu de dominos, la catastrophe se déroule dans la tête du skipper abasourdi... C'était ma séquence : "Comment dégringoler de son petit nuage en un tour de bras..."
Coucou ! Mise à jour le lendemain : c'est notre mécanicien favori qui a été pêcher le joint au fond du tube de la pompe... Ouf, ça va mieux !