Giboulées de printemps Deux fois dans l'hiver on avait démarré. On était revenu. Trop de pépins techniques, trop d'impondérables météo. Il ne s'agit pas de risquer tout, il s'agit de prendre du plaisir en retombant en enfance, à bord d'un bateau ami, aimé, auquel on a tout donné. Et voilà qu'on en reçoit les grands bonheurs du large, comme ces virgas au lever du soleil le jour du printemps. Les grains d'est qui s'en sont suivis racontaient des légendes de tempêtes à venir. Mais on se glissera jusqu'aux îles avant qu'elles ne fassent céder la dorsale anticyclonique qui s'est installée des Açores à la pointe de Bretagne, avant que les doutes ne prennent le dessus sur les bonheurs.
Et si vous lisez ce post, c'est que la dorsale a tenu... ou alors que la skipper de Nimic II connaît ses limites et a mené sa barque dans un des nombreux ports d'accueil sur la route. Ou plutôt (info de dernière minute), qu'on a rencontré du réseau favorable au large de la Corogne ;)
Cinq jours à manoeuvrer dans le golfe de Gascogne à la recherche du meilleur vent. Tempête de pétole au large de la pointe d'Espagne, les escadrilles de cargos surgissent de nulle part et repartent de même. Les bataillons serrés de goélands se posent à deux cents mètres devant nous sur la mer, dans l'espoir de quelques agapes quand le bateau traverse laborieusement leur groupe. Toutes les demi-heures, un signal est donné et le pack s'envole derrière pour reprendre sa place devant. Ce manège s'est produit une demi-douzaine de fois, j'en ai déduit que nous avions avancé de presqu'un mille sur l'eau. Sur le fond, c'est une autre histoire, le GPS donnait parfois des vitesses négatives par la grâce des courants côtiers ou de marée.
Qu'importe, nous sommes en mer, il fait beau, en journée les panneaux solaires étalent parfaitement la consommation du pilote. Seul petit souci, l'hydro a faussé compagnie à son embase, la ferrure est complètement déformée par la force de l'eau, mal calculée, mal dimensionnée par des novices en matière de mécanique marine. On a récupéré l'engin qui faisait ancre flottante sur son bout de sécurité. On attendra la prochaine escale pour étudier la question. Peut-être même que d'ici-là on aura tout bonnement décidé de se passer d'hydrolienne !
On vous embrasse Bise