Un fleuve à la mer
Depuis presque quatre ans que je lui consacre toute mon énergie, Nimic II est aussi prêt que pourra jamais l'être un vieux bateau comme lui. Structures vérifiées et consolidées au besoin. Fonctions essentielles ramenées aux techniques contemporaines. Nouvelle fonction d'autonomie énergétique pour assurer le pilotage automatique. Assurance sécurité et maniabilité incluse dans la conception initiale : gréément en ketch, coque acier, prise minimale à la vague, calculs de résistance pris en compte au maximum, merci Papa.
Depuis presqu'un an que j'habite sur Nimic, j'ai eu le temps d'apprécier son habitabilité et son confort. J'y ai pris mes aises, à se demander même si un grand gabarit pourrait maintenant y trouver sa place... Mais bon, la hauteur disponible sur le tabouret de navigation sous la bulle est d'un mètre quatre-vingt-douze ;) ainsi que la hauteur sous barrots devant le hublot de veille à l'avant. Il est possible d'organiser la vie à bord en deux appartements avec sanitaires, séparés par le carré, merci Maman.
Depuis presque six mois que Nimic et moi sommes partis de l'Herbaudière, toutes les petites conneries qui pouvaient arriver sont arrivées, et réglées. Il y en aura d'autres, c'est le propre des vieux bateaux, on doit être prêt à bricoler dans n'importe quelles conditions, ou encore à faire des listes de problèmes à résoudre à l'escale. C'est ça ou un bateau neuf, dont je n'aurais jamais eu les moyens. Ni même l'envie, en aventure comme en transmission. Et puis, qui a dit qu'un bateau neuf n'avait pas d'avaries ? Ca flambe mieux, au propre comme au figuré, mais ça ne navigue pas forcément mieux. Merci Auzépy-Brenneur.
Incident de bricolage
Alors faisons le point. J'ai le sextant, le mode d'emploi, les tables, mais pas encore l'art et la manière. D'ailleurs, avec tous les outils GPS on obtient instantanément une position à quelques mètres près, alors que le meilleur point astronomique donne une incertitude de quelques milles. A quoi bon ? La vraie problématique pour la suite du programme, c'est de renouveler l'abonnement satellite, pour obtenir des prévisions météo à jour, de compléter la collection des instructions nautiques, pour le choix des atterrissages, et d'étendre la bibliothèque de cartes, qu'elles soient en papier ou en micro-chips à insérer dans la paire de traceurs qui a été attaquée la semaine dernière par notre passager clandestin. Ca coûte la peau des fesses, que je me suis déjà arrachée sur les précédentes dépenses. Dans l'état actuel de mes finances, la perspective est de continuer le projet avec les seules cartes Open CPN sur mon vieux micro, ce qui me paraît léger. Et qui annule l'intérêt des investissements divers précités. Comme si on revenait dix ans en arrière... ou à l'époque des Moitessier et autres Damien. Ben, c'est ça l'aventure. Merci qui ?
Mouillage sur sable fin Sinon, le rongeur laisse ses crottes la nuit, évite la tapette, ronge les liens de ma veste de quart, vole le crayon de la table à carte, panique un peu, quoi... Je le crois logé dans le circuit de chauffage. Quelques bricolages en instance, comme réajuster la hauteur de la capote quand j'aurai trouvé une lame de scie de rechange. Changer l'eau des réservoirs, trop boueuse à mon goût, soit qu'elle ait été remuée par notre navigation, soit que notre précédent plein ait été souillé. Et l'île, dans tout ça ? Volcanique, petite, lumineuse sous le soleil, avec une baie à fond de sable doré tellement limpide qu'on se croirait mouillé dans une piscine. Ca change de la vasière de Seixal ! Je pense que je vais y rester un petit moment histoire de promener mes chaussures de randonnée :) Merci la vie !
Ile de Porto Santo