mercredi 13 octobre 2021

Rendez-vous de la semaine

On avait passé du temps à préparer le bateau, on pensait avoir rendez-vous avec le large, ou du moins avec la route qui nous sépare de Trinidad, où je compte offrir à Nimic le carénage qu'il mérite bien...
Nimic réarmé pour un nouveau départ, oct. 2021
Nouveaux équipements sur Nimic, oct. 2021
Mais les vérifications de routine ont conduit à un rendez-vous avec Guyane Service Survie, pour donner une nouvelle jeunesse au guindeau. Le diagnostic est double. Un problème électrique concerne l'inverseur, car je peux juste remonter le mouillage à la télécommande. Bon, je pourrais le descendre à la main, mais pourquoi se faire inutilement du mal, hein ? D'autant que le deuxième problème, mécanique, celui-là, concerne la clavette du barbotin, cassée en deux par les mauvais traitements que je lui ai précédemment infligés. Du coup elle bloque l'usage du guindeau en roue libre... Bref, André et Julien sont venus déposer le bébé, que l'on me promet tout neuf d'ici le week-end.
Rendez-vous atelier pour le guindeau, oct. 2021
Clavette en mauvaise condition pour un rendez-vous, oct. 2021
Une fois à Trinidad, on verra à changer la partie du pont qui porte le guindeau. J'avais négligé de la contrôler avant de partir. Elle est bien corrodée, du coup...
Embase du guindeau à rénover, oct. 2021
Programme de rénovation en cours, oct. 2021
Tout cela me laisse largement le temps de ranger le bord et de me livrer à mon passe-temps favori, surveiller les allées-et-venues furtives, naturelles ou industrielles...
Martin-pêcheur à l'affut, oct. 2021
Helle Kosan, tanker en approche du soir, oct. 2021
Présentation, oct. 2021
Affleurement, oct. 2021
Introduction, oct. 2021
Recouvrement, oct. 2021
Dépassement, oct. 2021
Alignement, oct. 2021
Formation complète, oct. 2021
Retrait, oct. 2021
Helle Kosan en fin d'évolution, oct. 2021
Porte-container à quai, oct. 2021
Sinnamary en approche du matin, oct. 2021
Présentation, oct. 2021
Minéralier et porte-conteneur en convergence, oct. 2021
Effleurement, oct. 2021
Evitement, oct. 2021
...ainsi que divers rendez-vous techtoniques ou météorologiques ! Ici, en principe, c'est la saison sèche... mais le ciel n'a pas l'air de le savoir idee.gif, fév. 2020
Signe d'averse matinale, oct. 2021
Et plus loin en ligne directe, c'est la saison très, très, très chaude !
Cumbre Vieja, éruption lointaine en ligne directe, oct. 2021
Cumbre Vieja avec effusions, oct. 2021

mardi 28 septembre 2021

Livraison à Dégrad-des-Cannes

La palette était en route alors on s'est armé de patience en affinant notre observation des allées et venues du port dans tous ses états...
Attente du matin à DDC, sept. 2021
Mouvements à DDC, sept. 2021
Brume à DDC, sept. 2021
En compagnie de nos amis les ibis rouges...
Ibis rouge à DDC, sept. 2021
Ibis rouge à DDC, sept. 2021
Ibis rouge à DDC, sept. 2021
...et de nos nouveaux amis furtifs dans la bibliothèque du bord, les lézards !
Couple de lézards en lecture de Slocum, sept. 2021
Nos efforts ont été encouragés il y a une semaine : aux premières heures du samedi 18 septembre le porte-conteneurs marseillais Douce France s'est présenté dans le chenal du Mahury :)
Douce France sur l'AIS du bord, sept. 2021
Douce France en approche à DDC, sept. 2021
Les opérations de déchargement ont aussitôt commencé.
Douce France en déchargement à DDC, sept. 2021
Opération Douce France à DDC, sept. 2021
Il a encore fallu admirer Douce France sous la pleine Lune, puis le voir repartir...
Douce France en majesté lunaire, sept. 2021
... admirer les évolutions des pêcheurs dans la marina...
Pêcheurs en évolution portuaire, sept. 2021
... voir aussi partir nos amis de Mélimila...
Mélimila au départ, sept. 2021
... et signer une déclaration d'embarquement du matériel :)
Résultat, une palette enfin dédouanée, détaxée, encore emballée, posée tout-à-l'heure comme un cadeau au bout de la passerelle. Merci à tous ceux qui ont contribué à la chaîne de transport, en particulier Jean-Pierre Burgaud et Hafida Lasmi, chacun à leur extrémité.
Paquet cadeau, sept. 2021
Exercice de sécurité... sept. 2021
...ou débordement d'enthousiasme ? sept. 2021 Vu que ça fait quatre mois qu'on y travaille, on pourrait penser que le feu d'artifice à l'entrée de la marina en fête le résultat ;) Ou peut-être bien que, comme en Afghanistan, on peut juste dire "c'est ça la Guyane...!" Bon, ya plus qu'à ouvrir, réarmer Nimic II et partir nous aussi...
Aujourd'hui c'est Noël, sept. 2021

mercredi 15 septembre 2021

TransOcéan

Bien sûr qu'on souhaite ne jamais utiliser cette grosse caisse blanche qui pèse un âne mort sur la plage avant. Le radeau de survie nous nargue au bout de son cordon solidement amarré au pied du mât. Et sa révision obligatoire coûte presque huit cents euros tous les trois ans. Alors, puisqu'on en avait l'occasion ici chez Guyane Service Survie, on est venu assister à l'opération. Pour voir ce qu'il y a dedans.
Radeau de survie six places au pied du mât, nov.2020
Au naturel, pour ainsi dire, la caisse est balancée à la mer en urgence et coule à pic sous son poids. Le cordon d'une vingtaine de mètres se déroule jusqu'à se mettre en tension et faire sauter l'opercule de la bouteille d'air comprimé. L'air gicle, la caisse s'ouvre, l'enveloppe en plastique se déchire, la structure se gonfle et rejaillit à la surface : deux boudins jaunes en carré avec un fond thermoréfléchissant et un dôme en toile orange, en laisse au bout de l'amarre. L'esquif est équipé d'une échelle en sangles, d'une lampe de signalisation avec pile et d'un récupérateur d'eau de condensation. En mer, la bonbonne reste coincée à l'extérieur dans une poche scratchée.
Radeau de survie six places gonflé, sept. 2021
En atelier, c'est Julien qui gonfle la structure puisque la bonbonne est valide pour encore quatre ans. Il vérifie les équipements et change ceux qui sont périmés ou endommagés.
Paquet cadeau, sept. 2021
Pas vraiment grand..., sept. 2021
Apétissant, le menu, non ?, sept. 2021
Vérifier la flottabilité..., sept. 2021
Gonfler la structure, sept. 2021
Deux jours de rations pour six personnes, sous forme de compacts hyperprotéinés et sachets d'eau. Des fusées-parachute et des fumigènes. Deux lampes à piles. Une écope. Une éponge. Des rustines et de la colle.
Un mode d'emploi. yikes.gif, fév. 2020
Kit de signalisation, sept. 2021
Un kit de pharmacie. Un antiémétique. Des sachets pour vomi. Un gonfleur. Une pagaie.
Attirail d'urgence, sept. 2021
Un couteau pour couper l'amarre vers le bateau qui coule... Une ligne de sauvetage avec poignée flottante pour récupérer les naufragés à la mer... Deux couvertures de survie.
Le confort reste rudimentaire..., sept. 2021
Bon, ça ne donne vraiment pas envie, hein ? Mais Julien nous a remis ça parfaitement en ordre, histoire de se sentir quand même en sécurité. Il ne faudra tout de même pas oublier, si la nécessité se présente, d'emporter avec soi la balise de détresse du bord, le miroir de signalisation et le matériel de pêche. Et que chaque naufragé soit bien capelé dans son harnais auto-flottant.
Radeau de survie Transocéan six places, sept. 2021 On envierait presque notre voisin de ponton, Nomade, qui s'équipe d'un canot en trois morceaux stockables sur le pont et gréé d'une voile rabatable, pour des sorties de pêche en mer !
Annexe de pêche de Nomade, sept. 2021

dimanche 12 septembre 2021

Du matin ou du soir ?

Espoir... LolLolLolLol.gif, fév. 2020
Du matin ou du soir ? sept. 2021

dimanche 5 septembre 2021

Douce France

Bleu comme la liberté. La trace, le reflet, l'ombre, la couleur, l'image, le mot, la légende, le réseau, le code, les pixels... Tous ces signes informent une idée de la vie réelle qui les a suscité. Les facettes de la vérité.
Ebrouement de l'aigrette bleue, sept. 2021
Blanc comme l'égalité. Le mouvement du chasseur et celui de la proie, un cycle perpétuel !
Danse de chasse de l'aigrette blanche, sept. 2021
Vous et moi avons déjà aperçu Douce France, ce dernier cargo en novembre au large des îles du Cap Vert avant que Nimic II ne traverse l'Atlantique. Comme un clin d'oeil de reconnaissance. Nous l'avions retrouvé en août ici, à Dégrad-des-Cannes, amarré plus longtemps que d'autres pour cause, disait la rumeur des pontons, de travaux de maintenance. A moins qu'il n'ait pu se défaire de l'hypnotique spectacle en cours...
Douce France à Dégrad-des-Cannes, août 2021
Quoi qu'il en soit, Douce France est un porte-conteneur qui fait la ligne de Dégrad-des-Cannes, sur un circuit allant jusqu'à Rotterdam au Nord, et au Sud jusqu'à Fortaleza du Brésil. Arrivé cette nuit au Havre, Douce France sera de nouveau à DDC dans deux semaines, m'assure-t-on, avec dans ses soutes le matériel acheté ce printemps pour Nimic. Ca ne fait jamais que trois mois qu'on y travaille ;)
En approche du Havre, sept. 2021
Douce France au Havre, sept. 2021
Rouge comme la microcospique espérance de la fraternité ?
Approche frileuse de l'ibis rouge, sept. 2021
Ou noir comme le désespoir des abandonnés de l'Afghanistan...?
Surveillance morbide des urubus noirs... sept. 2021
...sous l'oeil transgressif, dominateur et acéré du grand taliban, sept. 2021

mercredi 18 août 2021

Pure laine...

...garantie par les mites, et hallal de surcroît ! Mes tapis afghans sont à la mode... non ?
Tapis de couchette tondu par les mites, août 2021
Les news nous ressassent les oreilles de la prise de Kaboul par les talibans, revenus tondre la population une fois assurés que les rats avaient quitté le navire. Cela ne fait jamais que vingt ans que les connaisseurs de la problématique locale - liée à l'affrontement des empires qui y jouent les gros bras - savent que la politique américaine est à côté de la plaque, tout comme la russe auparavant, et bien d'autres depuis trois mille ans en commençant par celle d'Alexandre le Grand.
Savez-vous pourquoi il n'y a pas de réseau de chemin de fer qui traverse l'Afghanistan, et pourrait alors permettre l'exploitation de ses ressources naturelles ? Vous donnez votre langue au Shah ? Parce que l'écartement des voies n'est pas le même à l'Est, frontière avec l'empire indien héritier du système britannique, au Nord-Est, frontière avec la Chine, au Nord, frontière avec le système russe, et à l'Ouest, frontière avec l'Iran utilisant le standard européen. Il est impossible à l'Afghanistan de régler à lui seul la concurrence politico-économique du monde. Les Afghans ne sont pas des barbares mais des humains comme vous et moi. Ils essaient juste de survivre au carrefour des empires, là où on n'a aucune chance si l'on n'est pas protégé par une tribu, et donc enfermé dans sa tradition. L'Etat-nation pensé par "le modernisme" est aveugle, imperméable à cette réalité. Mais les talibans sont comme des poissons dans l'eau dans ce fonctionnement. Ils attendaient juste que ça tombe.
Et donc, ce matin, pour me changer les idées car cela fait plusieurs semaines que je m'échine à trouver une sortie de secours à une amie afghane et ses deux jeunes enfants, je me suis lancée dans le ménage de la couchette supérieure du carré, qui sert pour l'instant de stockage au matériel de traversée: infirmerie, cartographie, kit de survie, boîte à pêche, etc... Je n'ai pas été déçue : un nuage volant a salué mon intrusion, et j'ai reconnu les insectes que j'avais pris pour de gros moustiques autour des lampes du soir, depuis que je suis rentrée à Cayenne... Des collections de leurs chrysalides sont incrustées dans les délicates broderies de mon tapis de touchak, ces nattes qu'on étend sur le sol le soir pour dormir.
J'avais donc eu un rat, de Lisbonne à Porto Santo. Et un poisson volant coincé dans les plis du ris de l'artimon, trouvé à mon arrivée en Guyane. À mon retour sur Nimic il y a un mois, j'ai aussi trouvé plusieurs nids de guêpes maçonnes, et maintenant un nid de lézards. Et ces mites, ça fait combien de temps qu'elles attendaient leur moment ? Depuis les Canaries, ou depuis que Nimic est arrivé en Guyane ? Impossible à dire vraiment, mais ce qui est sûr, c'est que je n'ai pas assez aéré !

Aigrette léopard, août 2021, août 2021 Bon allez... pour vous changer les idées (ne me remerciez pas, je sais...), voici un portrait de ma dernière copine, une aigrette léopard ! Une preuve que ce que je vous ai vendu pour un ibis bleu l'hiver dernier n'est en fait qu'une aigrette de couleur originale, et même que, le printemps étant passé par là, les deux peuvent se croiser, CQFD ! Une métaphore crédible pour la politique internationale ?

vendredi 13 août 2021

Ile de Cayenne

Vous vous souvenez peut-être de la mini-polémique survenue à l'occasion du passage du Premier ministre à Cayenne, il y a un an... Non, la Guyane n'est pas une île ! Mais ses administrations sont localisées sur ce qu'il est convenu d'appeler l'île de Cayenne, un territoire marécageux conquis sur la mangrove en remontant le dédale des cours d'eau se jetant dans l'Océan. Cayenne et Rémire-Montjoly sont effectivement séparées du continent par le Canal de la Crique Fouillée. Et plus au Sud le Tour de l'Ile, un bras vaseux reliant le fleuve Mahury et la rivière de Cayenne, raboute la commune de Matoury à ce coeur historique de la Guyane. Alors, île ou pas ? Il y en a bien qui disent que Noirmoutier, entourée de hauts-fonds franchissables à pied à marée basse, et maintenant accrochée à un pont, n'est pas une Île...
Ile de Cayenne, août 2021
Quoi qu'il en soit, la culture du fleuve est omniprésente dans l'imaginaire guyanais, et tout le monde passe une grande part de son temps libre en pirogue pour aller chercher l'air frais et le calme dans un carbet, ces petites constructions sur pilotis aménagées avec un confort rudimentaire.

Nimic a eu la chance, cette semaine, de voir partir deux expéditions...
...l'une en amont sur le ponton, en mode caravane familiale
ça se prépare en douceur, août 2021
ya plus qu'à lancer le moteur, août 2021
et hop, on est parti !, août 2021
...l'autre en aval, en mode baroudeur organisé
les boudins pour la flottabilité, août 2021
chaque chose à sa place dans sa touque, août 2021
un p'tit coup de pagaie vers le dégrad, août 2021
on charge tout dans le pickup, août 2021
sans oublier le moteur, août 2021
et la pirogue, bien sur !, août 2021
c'est prêt, paré pour la première étape, août 2021
Mais vu le temps hors saison qu'on se tape depuis un mois... yikes.gif, fév. 2020à l'arrivée de la nuit ils étaient tous aussi mouillés
on ne m'y reprendra plus !  août 2021

jeudi 5 août 2021

Lendemain d'orage chez les urubus

Eh dites, les gars, on s'est pris une sacrée dégelée cette nuit !
urubus_001.jpg, août 2021 Ah m'en parle pas, j'en ai encore les rémiges toutes mouillées, j'peux plus décoller !
urubus_002.jpg, août 2021 Ouhlà, l'est pas un brin kamikaze, l'autre là ?
urubus_003.jpg, août 2021 Om mani padmé hôum !
urubus_003_10.jpg, août 2021 Ah tiens, v'là les anciens qui se pointent pour la séance de dérouillage !
urubus_004.jpg, août 2021 Ils vont encore nous faire le coup du développement personnel, ouarf !
urubus_005.jpg, août 2021 Ben ça sera sans moi, les mecs, j'me casse !
urubus_006.jpg, août 2021 L'a p'têt pas tort, l'artiste, on fait comme lui ?
urubus_007.jpg, août 2021 Vénérable grand maître, merci de nous guider vers le dépassement.
urubus_011.jpg, août 2021 Un peu de méditation, les jeunes, ça peut pas vous faire de mal !
urubus_012.jpg, août 2021 Om mani padmé hum...
urubus_013.jpg, août 2021 Om mani... Allez, on tire bien sur les grands extenseurs !
urubus_014.jpg, août 2021 Oh le joyau dans le lotus !
urubus_015.jpg, août 2021 Dis-donc, c'est qu'il a l'air d'y croire...
urubus_016.jpg, août 2021 Bon, on se prend la tangente, là !
urubus_016_2.jpg, août 2021 Eh les jeunes, où croyez-vous aller comme ça ?
urubus_017.jpg, août 2021 Ah, revenez, vous deux !
urubus_018.jpg, août 2021 Mais... ils ont disparu !
urubus_019.jpg, août 2021 Oh le joyau dans le lotus...
urubus_020.jpg, août 2021 Grand maître, veuillez accepter ma misérable incompétence...
urubus_021.jpg, août 2021 Ben ça rouscaille dans tous les coins...!
urubus_022.jpg, août 2021 Grand maître, les jeunes générations ont besoin d'un guide comme vous...
urubus_023.jpg, août 2021 Eh là, vous troublez ma méditation...
urubus_024.jpg, août 2021 ...je vais chercher la sérénité ailleurs !
urubus_025.jpg, août 2021 Ah ça mes gaillards, ça ne ne passera pas comme ça !
urubus_026.jpg, août 2021 Mais c'est quoi, ces revendications ?
urubus_027.jpg, août 2021 Dites, les copains, si on se tirait d'ici ?
urubus_028.jpg, août 2021 Ya encore un peu de lourdeur au décollage...
urubus_029.jpg, août 2021 ...mais on va y arriver...
urubus_030.jpg, août 2021 Qui m'aime me suive !
urubus_030_2.jpg, août 2021 Piquet de grève, on ne passe pas !
urubus_031.jpg, août 2021 Ordre du politburo !
urubus_033.jpg, août 2021 Dans tes rêves !
urubus_034.jpg, août 2021 Eh, emmène-moi !
urubus_035.jpg, août 2021

samedi 31 juillet 2021

Ariane s'envoie en l'air

On a failli attendre, mais on l'a eu, notre show intersidéral de facture locale ;)
Ariane V pointe au ciel de la Guyane... juil. 2021
J'étais prête, sur la jetée, mon téléphone en main, pour saisir l'instant. J'aurais aussi bien dû me munir d'un chronomètre, car quelques secondes seulement après dix-huit heures, sans bruit, le panache a surgi derrière la forêt pour traverser le ciel vers l'Est en un instant et s'éteindre sous mes yeux, perdu dans l'immensité. J'ai compté jusqu'à 160 pour enfin entendre le modeste grondement qui confirmait qu'Ariane V avait bien été lancée, et probablement mise sur orbite comme prévu. Le spectacle aurait presque été décevant si les restes de la traînée n'avaient finalement offert une demi-heure plus tard, avec l'aide des alizés, une vaste fresque colorée dans le soleil déjà couché.
...et disparaît en un clin d'oeil, juil. 2021
...ne traînant qu'un panache bousculé par l'alizé, juil. 2021
...qui deviendra fresque intergalactique, juil. 2021
Cet intermède met heureusement un peu de zeste dans la déprimante attente de nouvelles de mon envoi de matériel. Avec les amis de ponton comme Agathe de Melimila, je passe mon temps sur les sentiers de découverte. Celui de Loyola rappelle que les pères jésuites voulaient sauver les âmes des Amérindiens en exploitant les ressources locales grâce aux services de centaines d'esclaves africains.
Vestiges du domaine Loyola, juil. 2021
Kapokier au domaine Loyola, juil. 2021
Ou bien est-ce un fromager ? juil. 2021
Attention, champignons ! juil. 2021
Primaire ou secondaire, cette forêt ? juil. 2021
Lianes jusqu'au ciel, juil. 2021
Il y a bien eu aussi un minuscule drame local, quand l'Opik de Valérie en excursion est tombé en panne de moteur. Nimic a participé au sauvetage grâce à sa vaillante annexe, armée de son infatigable moteur Malta et pilotée par l'intrépide Boris de Petit Grain. Tout ce beau monde s'est retrouvé poussant du nez au cul d'Opik pour le faire arriver au ponton.
Petit Grain et Nimic en équipe de sauvetage, juil. 2021
Sauvetage en cours, juil. 2021
Sauvetage bien conduit, juil. 2021
Quoi ? Orientés, mes commentaires ?
Spectacle à l'eau, juil. 2021
Spectacle couru, juil. 2021
C'est que, sauf quand il fait trop mauvais, il y a toujours un chaland pour se rincer l'oeil au spectacle permanent du port. Même les urubus, le soleil, la lune et les étoiles s'y mettent.
Urubu forçant l'entrée du spectacle, juil. 2021
Urubus au spectacle, juil. 2021
Lune au spectacle, juil. 2021
Soleil au spectacle, juil. 2021
Etoiles au spectacle, juil. 2021
Alors, le triolisme, c'est presque une anecdote ;)
Prendre part au spectacle, juil. 2021

vendredi 9 juillet 2021

Artisanat guyanais

Une grue de port cul par-dessus tête amoureusement adossée à la hanche de son souteneur, ça pourrait être du Jeff Koons, ou de l'Abdellatif Kechiche, c'est une co-production sino-guyanaise. Il a fallu quinze ans à l'esprit d'initiative chinois pour insuffler dans la spontanéité locale une créativité inédite. Le résultat est là : une oeuvre à 20 millions d'euros plantée dans le quai du port de Degrad-des-Cannes, juste en front de fleuve. Les esprits chagrins crieront à la démesure, ou même à la forfaiture. J'affirme qu'il s'agit d'une oeuvre unique, parfaitement symbolique de notre époque, qui propulse le petit monde de la Guyane à l'épitomé de la beauté, et moi du même coup dans le cercle très fermé des critiques internationaux de l'art contemporain. Et qu'on ne vienne pas me dire que les dockers du navire chinois maintenant retenu au large du port y sont plus - ou moins - que le directeur du Grand Port Maritime de Guyane. C'est du collectif, du sublime, de l'humain dans sa grandiose bêtise...
Jeff Koons à Degrad-des-Cannes ? juil. 2021
Ou alors Abdelatif Kechiche ? juil. 2021
Et c'est peut-être depuis Nimic II qu'on en apprécie au mieux le spectacle.
Oeuvre d'art en plan large, juil. 2021
Du coup, j'ose à peine revenir à notre niveau de simples mortels. Vous parler de la moisissure qui envahit les coques à la saison équatoriale des pluies : les quelques mois que j'ai passés en métropole ont laissé leur trace.
Les moisissures aussi font de l'art, juil. 2021
Moisissures contre amarres, juil. 2021
Ou encore vous apitoyer des difficultés logistiques (rien à voir avec l'exhubérance artistique locale, m'a-t-on assuré...) rencontrées chez Burgaud pour faire parvenir à Nimic II le matériel utile au programme de l'hiver prochain. Indice : ce sera l'été austral, mais quelque part en Patagonie, il fera tout de même plutôt froid ;)
Contre-jour artistique, juil. 2021

vendredi 25 juin 2021

Sac à terre

Basse mer à Carantec, mai 2021
Crue du Lot à Castel, février 2021
Des nouvelles ? Depuis février dernier, Nimic II est resté bien sage sur son ponton à Degrad des Cannes, en attente de la Capitaine. J'étais rentrée en métropole pour rebooster sa marraine risquant d'être submergée par l'inondation centennale du printemps. Eh oui, si vous ne le saviez pas encore, le mot 'nimic' - qui pourrait être allitération d'une plage de l'enfance de mon père à Saint-Malo - est surtout concaténation des petits noms de deux femmes qui l'ont inspiré. L'une d'entre elles, Mite, est ma mère. Elle va mieux maintenant, merci.
Boutons du Cluzel, avril 2021
Moutons aux Guérinières, juin 2021
Pendant ces quelques mois auprès d'elle, je me suis nourrie des splendeurs des paysages gascons, bretons ou vendéens : crues et jusants, saules et noyers, moulin à marée ou moulin au drap, moutons et boutons. Moulin à marée de Pen Castel, mai 2021
Moulin aux draps de Chantonnay, juin 2021
Saule gascon et noyer vendéen
Saule des rives du Lot, mars 2021
Noyer aux éoliennes de Fontenay-le-Comte, juin 2021
J'ai aussi profité des ressources du port d'attache pour rassembler les équipements nécessaires à la suite de l'aventure. Rendez-vous donc bientôt à bord !

dimanche 24 janvier 2021

Kourou

Maquette d'Ariane 5, échelle 1, janv. 2021
Le 20 janvier, pendant que vous étiez agglutinés devant vos télés pour surveiller le bon aboutissement de la procédure de changement de POTUS, je devais répondre à une angoissante question : lequel des trois programmes de l'Agence spatiale européenne aurait ma préférence ?

Le lanceur russe Soyouz pour les moyens cargos ?
Soyouz ou la coopération Est-Ouest, janv. 2021
Fosse de lancement de Soyouz, janv. 2021
Le programme Vega pour les petites charges ?
Rampe de tir Véga, coopération Nord-Sud, janv. 2021
Ariane 5 et ses batiment d'intégration lanceur ou bâtiment d'assemblage final ?
BIL et BAF d'Ariane 5, janv. 2021
Pas de tir d'Ariane 5 et son château d'eau, janv. 2021
Gicleurs pour tamponnage du lancement à l'eau, janv. 2021
A l'issue de la visite guidée du centre spatial guyanais, une seule réponse s'impose à moi : ils se complètent les uns les autres, dans une splendide métaphore du développement humain... BIL, BAM, ergol et autre tamponnage hydraulique sont autant d'éléments poétiques qui relient l'ingéniosité créatrice au sentiment diffus de son inutilité face à la puissance cosmique, de sa futilité dans la diversité naturelle.
Le guide nous l'a assuré, il y a un aï visible quelque part dans ce manteau de verdure, l'avez-vous trouvé ? Moi, non !
Biotope du mouton paresseux, l'aï pour les scientifiques, janv. 2021
Par contre, c'est sur l'estran du fleuve que le biotope exprime sa vitalité, par exemple quand l'ibis l'arpente en quête de son bol alimentaire.
Le long chemin de l'ibis bleu en pêche, janv. 2021

dimanche 3 janvier 2021

Bye bye 2020, le futur est à nous !

Vestiges de soudure, janv. 2021
Ça, c'est un des derniers couchers de soleil de l'année 2020, quand on profite des éclaircies entre les grains pour faire avancer les travaux en cours. Les voisins de mouillage sont toujours prêts à proposer leurs compétences variées, par exemple pour changer la partie rouillée du bordé (merci Benoît d'Adventure et Jules de Vénus II), et permettre ainsi au pont de Nimic de retrouver sa fraîcheur. Merci à eux tous !

Vestiges de papillons, janv. 2021
Pour encourager la sortie de l'année 2020, j'ai pu visiter le village forestier de Cacao, à une cinquantaine de kilomètres au Sud de Cayenne. C'est toute une colonie d'immigrants indochinois des années 1970 qui s'est vu attribuer par la France l'usufruit d'une ancienne exploitation de cacaotiers, où ils ont acclimaté des espèces apportées avec eux. Les Hmongs fournissent maintenant l'essentiel de la production maraîchères en Guyane, à base d'essences exotiques toutes plus délicieuses les unes que les autres. Sur les vestiges de la colonisation, c'est donc une expérience de mixité réussie. Du coup, Cacao est une des destinations préférées des touristes, et on y trouve même un musée de la Guyane, qu'un animateur passionné enrichit de trouvailles exceptionnelles, dépouilles de vie animale, vestiges de vies de bagnards ou des peuples autochtones.
Vestiges d'amérindiens, janv. 2021
Vestiges de bagnards, janv. 2021

Au fil des heures, mon safari photo perso rapporte des trouvailles que je vous livre en vrac :
...guêpe maçonne en charroi des matériaux de son prochain nid
Guêpe maçonne, janv. 2021
...aigrette à la poursuite de son prochain repas
Aigrette en chasse, janv. 2021
...ou poisson échappé à son prédateur naturel ;)
Poisson chassé, janv. 2021

Tout ça nous a fait entrer en douceur dans l'année 2021, en compagnies des équipages de Métisse et d'Opik, et, outre ceux déjà cités, avec l'amitié d'Obéron, Kerjadenn, Jocéba, Le Syrah, Océanite, Calysé, Nomade, Ti-Flod, Calogne et Marie-José, sans oublier Maurin, arbitre local ;) et toute la petite famille d'Anahita.
Que les projets aboutissent donc en 2021, en Guyane ou ailleurs dans le monde !
Front de mer à Cayenne, janv. 2021
Vestige de 2020, janv. 2021