Fini les grandes balades dans les sables déserts de Puntarenas, ou les treks dans les marais de Salinas. Me voici revenue au village, dans la micro-société de La Libertad.
Son église garde à l'ombre ma chambre avec vue de plain-pied sur la promenade du front de mer, le malecòn.
Il me faut vingt minutes de marche vigoureuse en front de mer ou à travers le village pour retrouver mon bateau. C'est l'occasion de m'extasier sur les incroyables couleurs de l'eau. On notera au passage que le coût du loyer est équivalent à celui des droits demandés si je voulais résider sur mon bateau à la marina.
Nimic II est maintenant au sec sur la digue de Puerto Lucia, la marina de La Libertad : c'est la quatrième pointe, depuis la Chocolatera à l'Ouest - le bout sombre de la presqu'île de Salinas - et après les deux pointes flanquées de gratte-ciel qui marquent la baie de Salinas.
On y trouve les compétences indispensables aux travaux saisonniers de réparation : grand-voile, moteur, circuit électrique, réservoirs d'eau ; et d'entretien : peinture au zinc des fonds et des zones de rouille sur la coque, boiseries. J'en oublie sûrement.
La location mensuelle de la place, et de ses annexes, me coûte les trois-quarts de mes revenus de retraitée, alors comment financer le plan de travaux? Encore dans l'incertitude et avant de me retrouver, moi aussi, à sec (lol), j'ai entamé la procédure de transfert de propriété de l'anneau N548 à son locataire actuel. Ça me ferait un apport indispensable en liquidités. C'est plus long qu'espéré. Est-ce dû à l'éloignement ou en rapport aux ragots qui mentionnent des prises illégales d'intérêts dans ce type d'opérations ?
Mais bon, Nimic II est mon domicile officiel, basé à l'Herbaudière, et je n'ai pas encore décidé si je retourne en France avec lui ou si je le laisse à Timour, qui souhaite en faire un bateau de promenade. Il faut bien dire que les perspectives sur l'état du monde rendent difficile ce type de décision.
Tout ça pour dire que je serai peut-être vraiment SDF sous peu. C'est ça la liberté ?
Je viens de découvrir que dix pour cent des revenus d'exportation de l'Equateur proviennent du pétrole brut et ses dérivés... alors que soixante pour cent de la population est autochtone, que les revenus mensuels sont de l'ordre de 500USD, et qu'il n'y a ni service de santé universel ni réseau postal, entre autres facilités qui paraissent évidentes à nous autres Européens privilégiés.
Ah, j'allais oublier : on est en pleine période électorale, un deuxième tour de présidentielle et autres est prévu en mars ! On est aussi en saison des pluies...
vendredi 21 février 2025
Au sec en liberté ?
Par Agate le vendredi 21 février 2025, 14:04 - Saison 2025