Le blog de Nimic II

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 29 novembre 2019

Vivre sur (dans) le volcan

Sur le volcan de Tahiche
Terrasse de la fondation Manrique
Une heure de marche bien tassée depuis le vieux port et huit euros à défalquer de la caisse du bord. La Fondation César Manrique à Tahiche les vaut bien. Cet architecte-peintre-philosophe des sixties a modelé l'imaginaire des Lanzarotais, aidé à préserver leur environnement naturel et continue à nous émerveiller, nous ébahir par l'audace et la beauté de ses créations. Sa maison devenue musée est creusée dans une bulle de lave. On descend dans les profondeurs du volcan et on se plait à vouloir y vivre, comme il le faisait.
Entrée du musée Manrique
Grand salon creusé dans la lave
Piscine encastrée avec fauteuils bulle
Subitement, au détour d'une porte en bois, on se croirait dans une maison nouristanie.
Porte en bois sculpté
Laver la mer...
Les bateaux aussi vivent sur le volcan, dont les coulées de lave ont dallé le fond de la mer, et donné son nom à la ville. Mais qui garde la vedette dans le port, du matin au soir ?
C'est qui, la star ?
C'est les bateaux, merci !

dimanche 24 novembre 2019

Fortunes de port

Coursiers de l'Atlantique
Environnement instable à Arrecife. Le vieux port est sensiblement à l'abri des alizés dominants de nordet, même si du soir au matin on aura vu disparaître des voisins finalement décrochés des dalles de lave.
Alizé du soir, espoir...
Alizé du matin, chagrin
Dès que l'anticyclone s'installe, le risque est d'éviter sur son mouillage et se retrouver à talonner sur le récif au milieu du plan d'eau. Alors on cherche refuge dans l'avant-port du port de commerce, où l'on dispute chèrement sa place aux remorqueurs et autres paquebots.
Paquebots du soir
Paquebot du matin
On aurait bien voulu saluer les cavaliers antiques qui veillent à l'entrée du chenal, mais ils ont été enlevés au ciel avant qu'on ait pu s'en approcher.
Cavaliers espoir
Cavaliers chagrin...
Pique-nique à Arrecife
Avant de retrouver le relatif confort du vieux port, on se fait un pique-nique entre deux coulées de lave sur la plage avec les copains. On aura aussi rempli les réservoirs d'eau potable à la marina, passé un coup de pinceau sur l'étrave, admiré au passage les merveilles technologiques en partance pour une transat, et abusé des douches et autres plaisirs oubliés depuis longtemps ;)
Plaisir coupable
Plaisirs de masse

jeudi 7 novembre 2019

Feu !

Arrecife
Nuit à Arrecife
Bon, d'accord, c'est un peu court... Pourtant, sous l'oeil attentif des touristes, c'est bien Nimic II au bout du canon, bien content d'avoir trouvé une enfractuosité de rocher pour crocher l'ancre entre les dalles de lave du vieux port d'Arrecife.
Eternellement merci à la fée Wendy du PetitHomme applo_girl_ qui a plongé pour produire ce miracle, alors que nos voisins décrochent les uns après les autres. On y tiendra tant que l'alizé restera dans la trentaine de noeuds comme maintenant, en attendant la dernière livraison de pièces pour l'hydrogénérateur... siffle
Et plutôt qu'une vaine défense du port, c'est sûrement pour lancer des régates que cette belle pièce d'artillerie est maintenant la plus efficace, ou peut-être même pour saluer la vaillance des équipages qui s'entraînent par tous les temps. Bravo les filles !
Entraînement quotidien
Les walkyries du 4.7 Espagne 18

dimanche 3 novembre 2019

Textures d'univers

ça veille
ça souffle
ça passe la crête
ça vient du large
ça court les combes
ça carresse les mamelons
ça les polit
ça décoiffe
ça pénètre
ça écume
C'est le souffle de l'univers :)

mardi 29 octobre 2019

Perfect Day

Caleta del Sebo, Graciosa
Orage de suroît qui cavale dans le détroit et efface les couleurs de l'horizon ?
Grain de suroît en approche
A contrevent dans le grain Poignée d'aiguilles cassées sur les fissures autour du renfort de point d'écoute du foc ?
Fissures de foc à réparer
Pièce cousue sur foc
Densité des voisins de mouillage en augmentation avec l'approche de la saison de traversée ?
Alignement des mâtures au mouillage de la Francesa
Voisin de mouillage surprise
Chaque petite misère trouve son clin d'oeil de satisfaction, de beauté ou de bonheur inopiné. C'est la vie de l'aventurière :) Et s'il fallait se faire consoler, les paysages sont là.
Piste pour Caleta del Sebo
Lanzarote en toile de fond
Fin de journée bien remplie
Flash back : avant celle-ci, la dernière fois que j'ai réellement vu une voiture tous terrains dans les sables, c'était en Afghanistan, et elle convoyait notre équipe d'installation d'un centre de santé dans les montagnes du Logar.
Transport public à Graciosa

mercredi 23 octobre 2019

Premiers alizés

Coucher de soleil derrière la houle
Volcan pare-alizé à Graciosa
Qu'y a-t-il entre ces photos, la première prise au coucher du soleil sur une longue houle noire et la seconde au mouillage derrière la pittoresque plage de la Française à Graciosa ? Les nouvelles avaries à traiter après ces seulement deux jours de mer dans un alizé bien installé entre 15 et 25 noeuds Yikes!
Parmi d'autres petites misères, le foc va me donner du fil à retordre pour rattrapper les déchirures apparues autour du point d'écoute. L'exercice ne serait d'ailleurs pas complet sans une nouvelle tentative d'abandon du navire par l'hydrogénérateur.
Mutinerie du piètement d'hydro
Ça change du rat, non ? Et merci à l'équipage d'Idefix qui m'a permis de débloquer la manille de jonction de chaînes qui était restée coincée dans le tube du guindeau :)

vendredi 18 octobre 2019

Confiserie

Livraison de bonbons et autres
Ils sont arrivés, les connecteurs électroniques, tellement craquants qu'on en mangerait, merci la confiserie Burgaud ;) Je les ai aussitôt utilisés à remettre en fonction les différents équipements attaqués par feu notre rongeur : alimentation de traceur, cable de moniteur de batterie ou encore connecteur de signal AIS. Tout cela a demandé l'oeil acéré d'un spécialiste débauché d'un voisin de mouillage, merci Jean-Claude. Et heureusement, il a réussi à identifier le dernier élément bloquant, que j'aurais cherché sans succès : le fusible grillé de l'alimentation du moniteur, bien planqué sous les planchers ! Une fois de plus, j'ai pu remercier la prévoyance paternelle, car un fusible tout neuf de même calibre attendait dans les réserves :)
Fusible de moniteur de batterie Branchement du moniteur
Rebranchement de l'AIS Toutes les autres petites misères de rognure découvertes sur les divers équipements du bord attendront plus tard. On est reparti vers le Sud, Graciosa dans le compas ! En cerise sur le gateau, et puisque c"est du large de Madère que je vous mets ce message, voici finalement ma meilleure photo de la grande île, et ma dernière de Porto Santo :)
Au large de Madère
Porto Santo côté face

dimanche 13 octobre 2019

Madère ou l'Arlésienne

Nuages orographiques sur Porto Santo
Chaque jour le port accueille au moins un émissaire de la grande voisine, que ce soit le ferry avec sa cargaison de touristes ou l'un des nombreux cargo chargés d'approvisionner les-dits touristes. A moins de trente milles nautiques, Madère se fait pourtant très discrète à l'horizon depuis la baie de Porto Santo.
Lobo Marinho, ferry de Madère
Cargo d'approvisionnement
Madère entre deux îles
Je n'ai pas réussi à en faire une photo correcte depuis un mois que je hante les sentiers locaux. Qu'elle soit masquée par les habituels nuages qui signalent les îles aux voyageurs océaniques. Ou, comme hier, alors que les vents du matin avaient laissé un ciel limpide et que j'avais décidé de traverser l'île pour obtenir satisfaction. Les quelques hauteurs qui séparent le port d'un rivage directement en face de Madère se sont montrées plus abruptes qu'imaginé. Et à chaque fois que je franchissais une crête, une autre se profilait.
Encore un effort !
Quand enfin j'ai atteint le lieu désiré, l'humidité avait repris ses droits dans l'éblouissement du soleil. Pas si loin pourtant entre les ilots protégeant sa petite soeur, Madère sous son nuage orographique est restée aussi mystérieuse qu'un personnage de Daudet.
Ilheu do Baixo
Ilheu Ferro
Madère, invisible au loin...

jeudi 3 octobre 2019

Requiem pour oura(t)gan

Plage da Calheta
Punta da Calheta
On avait anticipé. Plutôt qu'attendre que la mer durcisse, Nimic II a trouvé il y a une semaine une place derrière les jetées de Porto Santo. Et on a bien fait. Depuis trois jours, les bateaux se pressent pour y mouiller. L'un d'eux, il y a deux jours, arborait fièrement la flamme de l'ARC 2019, et se retrouva à chasser sur son ancre en direction de la sortie alors que ses heureux propriétaires faisaient la fête à terre. N'écoutant que son instinct marin, le vaillant skipper voisin se propulsa à bord pour sauver l'infortuné. Mais impossible de remonter le mouillage bloqué par son équipement électrique. On amarra le fuyard entre deux bateaux - dont Nimic - jusqu'à ce que l'équipage se pointe sur alerte du capitaine de port. Je vous épargne les noms d'oiseaux échangés - en allemand - entre les principaux protagonistes de l'incident. Nimic s'est contenté d'offrir un verre de réconfort aux différents sauveteurs ;) et nous avons épilogué en constatant l'absence de Britanniques, qui semblent avoir fui vers leur mère patrie pour savoir à quelle sauce l'ouragan Brexit les mangerait.
Joyeuse équipe d'urgence
Après plusieurs jours de bourrasques de sud-est générées par la traine de Lorenzo, ce matin est plus calme. Chacun pourtant de s'inquiéter de la forte houle annoncée. Jusqu'à constater que le port est animé d'un lent va-et-vient d'ascenceur qui fait varier la hauteur d'eau de quelques mètres entre deux ondes distantes de plusieurs dizaines de mètres. Rigolo.
Desde a lua até aqui
Conclusion, on va pouvoir retourner dans la baie, toujours en attente des sucres électroniques pour réparer la connexion du moniteur de batterie. Le rat ? Je l'ai finalement trouvé mort dans les fonds, à côté d'un joli nid en papier bulle construit dans un rouleau de fils. Je l'ai immergé en pleurant son errement. J'aurais pu l'enterrer dans les superbes dunes que son existence m'a menée à découvrir. J'ai aussi eu le temps de rajouter ma créativité aux fresques d'écussons qui signalent aux équipages de passage tous ceux qui les ont précédés.
Trace de passage noirmoutrin
...et autres
...et encore, encore !

samedi 21 septembre 2019

Grandes orgues

Mouillage de Porto Santo vu de la montagne
Montagnes avec palmiers...
...et moulins
A défaut de visiter l'usine de biocarburant - qui semble se claquemurer dans le secret, on découvre des paysages grandioses. Malgré la profusion de palmiers probablement destinée à masquer la déforestation ancienne. Et si la lumière semble un peu chafouine, c'est qu'on a préféré les jours de crachin pour crapahuter dans les montagnes plutôt que se faire calciner sous le soleil. Comme le terrain de golf qui accapare la plus grosse part des ressources aquifères de l'Ile.
Golf de Porto Santo
Montagne avec cactus
Montagne avec piano à Porto Santo
Ce qui ne nous a pas empêché d'admirer le grand théâtre naturel des orgues basaltiques, où l'on verrait bien un jour se produire un orchestre de cuivres. Histoire de se mettre en harmonie avec l'univers ;)
Et puis, souvent, il fait beau quand même :)
Cuisinier des Walkyries
Farniente à la plage
En attendant Fiflou
PS: Dans la série 'grandes orgues', je viens de découvrir un petit bijou sur U-Tube : Le vent siffle, en direct de Nimic II.

jeudi 12 septembre 2019

Migrant

Pointe des Galets
Lamanage au port
Personne ne se souvient plus vraiment d'où il arrivait. Tout le monde sait qu'il s'est installé ici avec des idées folles glanées dans les bibliothèques et les tavernes des ports. Il a épousé la fille du Gouverneur avant de repartir pour un long voyage. Et c'est lui qu'on fête aujourd'hui parce que sa vision du monde l'a transformé à tout jamais. Son nom ? J'ai déjà eu l'occasion de le citer dans ce blog... travaillez un peu, que diable ! Lui était un peu plus glamour que le parasite que je tente vainement d'implanter maintenant au même endroit, hinhin.
Collection de ratières
Dans la récente collection de ratières de Nimic, quelle est celle qui a produit le résultat souhaité, le cube de bois chinois, la méchante tapette industrielle ou la cage à ressort malaisienne ? Réponse : aucune ! Pendant toute la semaine l'animal a soigneusement évité les pièges disposés à son intention sur ses destinations gourmandes, et slalomé chaque nuit jusqu'au bouquet de ciboulette qu'il a dévoré avec délices, non sans laisser trace de ses agapes sur les coussins du carré. Je me suis résolue à semer en plus deux appâts empoisonnés, qui, oh miracle, ont disparu aussitôt ! Le rongeur rongé est probablement en train de cuver fatalement sa gourmandise quelque part dans les fonds, où je le repèrerai un de ces jours à cause de son odeur de putréfaction :(
L'énergie du vivant
Migrant de prestige, migrant des bas-fonds... migrants travailleurs ? C'est l'accroche du jour, la surprenante découverte, entre port et montagne, d'une toute nouvelle unité de production de carburant biosynthétique, qui fait travailler les algues : Buggy Power, l'énergie du vivant ! Je vous en dirai plus si j'ai l'occasion d'y aller voir de plus près :)
Mouillage à Porto Santo
Bon, allez... Pour ceux qui donnent leur langue au chat, je signale qu'un nouveau navire vient de se glisser dans le port... Ca vous en dit un peu plus sur ce mystérieux migrant, non ?
Santa Maria do Colombo

mercredi 4 septembre 2019

Faire le point

Un fleuve à la mer
Depuis presque quatre ans que je lui consacre toute mon énergie, Nimic II est aussi prêt que pourra jamais l'être un vieux bateau comme lui. Structures vérifiées et consolidées au besoin. Fonctions essentielles ramenées aux techniques contemporaines. Nouvelle fonction d'autonomie énergétique pour assurer le pilotage automatique. Assurance sécurité et maniabilité incluse dans la conception initiale : gréément en ketch, coque acier, prise minimale à la vague, calculs de résistance pris en compte au maximum, merci Papa.
Depuis presqu'un an que j'habite sur Nimic, j'ai eu le temps d'apprécier son habitabilité et son confort. J'y ai pris mes aises, à se demander même si un grand gabarit pourrait maintenant y trouver sa place... Mais bon, la hauteur disponible sur le tabouret de navigation sous la bulle est d'un mètre quatre-vingt-douze ;) ainsi que la hauteur sous barrots devant le hublot de veille à l'avant. Il est possible d'organiser la vie à bord en deux appartements avec sanitaires, séparés par le carré, merci Maman.
Depuis presque six mois que Nimic et moi sommes partis de l'Herbaudière, toutes les petites conneries qui pouvaient arriver sont arrivées, et réglées. Il y en aura d'autres, c'est le propre des vieux bateaux, on doit être prêt à bricoler dans n'importe quelles conditions, ou encore à faire des listes de problèmes à résoudre à l'escale. C'est ça ou un bateau neuf, dont je n'aurais jamais eu les moyens. Ni même l'envie, en aventure comme en transmission. Et puis, qui a dit qu'un bateau neuf n'avait pas d'avaries ? Ca flambe mieux, au propre comme au figuré, mais ça ne navigue pas forcément mieux. Merci Auzépy-Brenneur.
Incident de bricolage
Alors faisons le point. J'ai le sextant, le mode d'emploi, les tables, mais pas encore l'art et la manière. D'ailleurs, avec tous les outils GPS on obtient instantanément une position à quelques mètres près, alors que le meilleur point astronomique donne une incertitude de quelques milles. A quoi bon ? La vraie problématique pour la suite du programme, c'est de renouveler l'abonnement satellite, pour obtenir des prévisions météo à jour, de compléter la collection des instructions nautiques, pour le choix des atterrissages, et d'étendre la bibliothèque de cartes, qu'elles soient en papier ou en micro-chips à insérer dans la paire de traceurs qui a été attaquée la semaine dernière par notre passager clandestin. Ca coûte la peau des fesses, que je me suis déjà arrachée sur les précédentes dépenses. Dans l'état actuel de mes finances, la perspective est de continuer le projet avec les seules cartes Open CPN sur mon vieux micro, ce qui me paraît léger. Et qui annule l'intérêt des investissements divers précités. Comme si on revenait dix ans en arrière... ou à l'époque des Moitessier et autres Damien. Ben, c'est ça l'aventure. Merci qui ?
Mouillage sur sable fin Sinon, le rongeur laisse ses crottes la nuit, évite la tapette, ronge les liens de ma veste de quart, vole le crayon de la table à carte, panique un peu, quoi... Je le crois logé dans le circuit de chauffage. Quelques bricolages en instance, comme réajuster la hauteur de la capote quand j'aurai trouvé une lame de scie de rechange. Changer l'eau des réservoirs, trop boueuse à mon goût, soit qu'elle ait été remuée par notre navigation, soit que notre précédent plein ait été souillé. Et l'île, dans tout ça ? Volcanique, petite, lumineuse sous le soleil, avec une baie à fond de sable doré tellement limpide qu'on se croirait mouillé dans une piscine. Ca change de la vasière de Seixal ! Je pense que je vais y rester un petit moment histoire de promener mes chaussures de randonnée :) Merci la vie !
Ile de Porto Santo

samedi 31 août 2019

Rêve d'île

Lever de soleil en poupe
Ces quatre jours jusqu'à Porto Santo, le soleil est apparu le matin en poupe dans le sillage de Nimic II. Nous avons quitté le continent par brise modérée de nord-est sur un grand bord de largue tribord amure vers les îles du large pour une première vraie route océanique en solitaire. Euh... en duo, le bateau et moi !
Croisement de cargo
Ou plus sûrement même est-ce en trio, et je ne parle pas de notre furtif et indésirable rongeur de fils. Je ne suis pas seule. Tu es avec moi. Les étoiles étincelantes même cachées, les nuages et les vagues insaisissables, le vent de leur musique, les oiseaux grands voyageurs, les habitants des abysses mystérieuses, le bateau que tu as juste effleuré et son passager clandestin, tout me parle de toi. Fifou. Juste pour mesurer ma folie à la tienne, saches que tu n'es pas seul. Je suis avec toi. Tout le temps. Mon bonheur n'est pas de pavoiser une bannière de solo sailor, elle est là pour la sécurité et je suis prête à l'amener. Mon bonheur serait, est de partager cette aventure avec toi. Echange ou poésie, rêve ou partenariat réel, sous une forme ou sous une autre, c'est cadeau. Tu es avec moi. Tout le temps. Tout fou, tout flou que tu sois. Fiflou. Merci. Ce soir, plutôt que sur la couchette de quart je rêve au mouillage dans la cabine du pacha :)
Rêve de Porto Santo

mardi 27 août 2019

Le torchon brûle !

Remise à l'eau
On avait quitté Amora avec l'intention de faire du fuel à Cascais, puis de mettre le cap sur le grand large. C'était sans compter sur les projets de notre passager clandestin. Le traceur de la table à carte a refusé de faire son office, donner les fonds dans les eaux douteuses :( J'ai dû rester dans le cockpit en attendant de régler ce mystère, je penchais pour un coup d'humidité au moment du lavage du pont avant la remise à l'eau. Mais bernique, le traceur est resté impertubablement noir, et en arrivant au ponton des appros de Cascais mes soupçons se sont portés sur le rongeur du bord...
Connexions du traceur de table à carte Avec l'aide de Rodrigue, de chez Garmin, j'ai finalement identifié le lieu du problème et lui ai donné une solution... sûrement pas catholique, mais qui conviendra pour l'instant !
Régal de rongeur
Bricolage d'alimentation Ca fait quand même cher le morceau de collant, car le coût de la nuitée à Cascais laisse loin derrière celui de l'Herbaudière en pleine saison. J'espère bien que le rongeur aura pensé à y faire plus longue escale, nous, on s'en va ! Nous serons, si tout va bien, à Porto Santo dans moins d'une semaine. Atè jà, todos !

dimanche 25 août 2019

Héron, héron, petit patapon

Au ponton de Tagus Yacht Center
Largement plus d'un mois que Nimic II profite des aménités du chantier Tagus Yacht Center, à Amora. On a essayé de faire entrer dans le cadre le magnifique couple de hérons qui promène sa jeune famille autour de la lagune..
Couple de hérons en chasse
C'est qu'au rythme portugais, il a fallu une certaine patience pour obtenir les résultats souhaités : annexe, tube de chaîne, davier sont réparés. On a aussi amélioré la fixation du taquet de bordé avant tribord, qui ne tenait que grâce à une épaisse couche de mastic Yikes!
Tout ça m'a donné le temps d'une révision complète des winches :)
Winch de bôme en maintenance
Taquet de bordé à remonter
Du coup, trois semaines après l'arrivée au ponton, j'ai décidé de faire un carénage complet. Ca n'était pas du luxe, parce que la lagune en avait profité pour nous envahir.
Carène au karcher
Hélice au propre
Nouvelle carène
Bon, en échange des coquillages et diverses algues, on a récupéré un rongeur à bord :( Ca ne nous empêchera pas de partir vers les îles, Navigation hauturière la fenêtre est en train de s'ouvrir... Mais on ne le laissera pas piquer les vivres !

jeudi 25 juillet 2019

Fif

Fif maximal
Tu fais kiffer les motifs de mon vif. Tu glyphes d'une rime intuitive sur le récif de mes langueurs. Ton pif sniffe le résif de mes humeurs. Tu es l'as de l'esquive, fugitif, disruptif, rétif, répulsif, abrasif, tu griffes ta rancoeur quand le coeur a ses manifs que tes raisons ignorent. Mais le frisson persiste, naïf, convulsif, instinctif, exhaustif, affectif, inductif, combatif, cognitif, jouissif, et c'est le son de ton âme qui résonne dans la transe des cuivres et du trombone. Dans la danse du rire et de la blague. Dans le mouv qui souffle sur les vagues. Furtif. Fif.
Orchastre de fifs
Varech : 'Tout furtif est un orchastre. Son jazz intérieur touche au cosmos parce qu'il peut agir sur la matière même.' Louise : 'Il n'y a pas de lendemains qui chantent. Il n'y a que des aujourd'huis qui bruissent.' Toni : 'Entrer dans la métamorphose de soi. Faire muter les autres, les faire sortir de leur dedans. Accepter que le monde te percute et que tu percutes le monde.'
Lieu de rencontre furtive
Merci à Alain Damasio.

dimanche 21 juillet 2019

Hypalon vs. PVC

Lots de colle pour réparation d'annexe
Et (1), et (2), et (3), et (4) Yess !
Le dernier collage est encore en train de sécher. On croise les doigts. Comme un cosmonaute à l'isolement pendant six mois dans un caisson au sol pour renforcer sa résistance pour des vols spatiaux, me voici depuis plusieurs semaines sur Nimic mouillé au milieu de la baie de Seixal, dans l'attente de réparations indispensables et sans pouvoir descendre à terre. Reliée au plancher des vaches uniquement par le miracle de mon téléphone portable et sa connexion internet 4G, quoique bien pourrie dans cet environnement. Ca permet de tester les vivres stockés en prévision de navigations hauturières, salades de germes, compotes longue conservation et autres légumineuses séchées.
Débarquement risqué sur lagune
Le lecteur assidu se souvient qu'en arrivant à Seixal j'ai fait une visite aux séchoirs du banc de sable nord de la baie, soldée par une méchante estafilade au boudin babord de l'annexe. C'était la dernière semaine de mai, et l'événement avait déterminé Nimic à demander un mois sur coffre dans le chenal, pour disposer du service de passage du marin du port. En cale sèche j'avais fait une belle réparation... pensais-je ! J'avais utilisé la colle PVC PU bi-composants (2) achetée à Noirmoutier sur les conseils de mon shipchandler favori: "Mais non, c'est bien du PVC, votre annexe !", et j'avais en outre commandé sur Internet un lot de patches en PVC pour compléter mon kit de réparation (1), parce que d'autres déboires pouvaient surgir.
Pièce en PVC sur estafilade
Et puis, début juillet, après deux ou trois semaines de remise en service, je me suis retrouvée à souquer comme une malade sur les avirons pour arriver à bord avant que le boudin babord de l'annexe ne soit complètement dégonflé. Ca fuitait, sous la nouvelle pièce ! Il a suffi d'une légère traction sur un coin pour constater que la colle était magnifiquement adaptée aux pièces, mais absolument pas au matériau de l'annexe qui restait imperturbablement non-collé Yikes! Hypalon, donc ! J'ai fait une descente à Lisbonne pour trouver un kit de réparation Hypalon (colle et pièces, 3) chez DND, le shipchandler de Bélem. Puis retour au mouillage pour pratiquer le bricolage correspondant, en suivant toutes les règles de l'art : pièce interne pour garantir la forme, pièce externe débordant d'au moins cinq centimètres dans tous les sens.
Je n'ai même pas eu à attendre de remettre à l'eau. Après trois jours de séchage, un gonflage léger pour tester le collage a provoqué un écartement des lèvres de la plaie, avec suintement purulent d'un liquide ressemblant bien plus sûrement à du miel qu'à un quelconque produit adhésif. Le kit fourni était de l'arnaque, et ne présentait d'ailleurs aucun sceau pour en garantir l'intégrité ou la qualité. Tout était à refaire. Commander sur internet de la colle Hypalon bi-composant (Chez BigShip, 4). Attendre le bon vouloir des livreurs locaux. Trouver quelqu'un qui fasse la livraison à bord au milieu de la baie. Espérer qu'on a enfin entre les mains les produits ad-hoc. Faire les manipulations. Attendre. Prier pour que la transformation de pièces PVC en pièces adaptées Hypalon par le truchement de la colle PVC soit une réalité plutôt qu'un fantasme d'internaute. Attendre encore.
Protection contre la chaleur
Et tester le résultat. Dans l'attente de l'heureuse confirmation de la réussite de mes efforts, on peut se donner les quelques règles suivantes. Ne pas confondre PVC et Hypalon. S'assurer que les produits sont adaptés. Ne pas faire passer l'annexe dans des eaux douteuses. Et enfin, se réjouir d'avoir passé le test, il y en aura d'autres :) Accessoirement, ces conclusions tendent à expliquer pourquoi mes précédentes tentatives pour colmater les fuites d'eau du plancher de l'annexe se sont révélées infructueuses...

mercredi 17 juillet 2019

Furtifs

Fin de coquillage
Patrouille de cigognes
Force cinq sur un plan d'eau protégé du clapot, c'est le bonheur du véliplanchiste. Ils s'en donnent à coeur joie si le vent se lève, dès que la lagune a été libérée par les pêcheurs à pied. Deux mondes qui ne se cotoyent pas mais se partagent les ressources au bon vouloir de la lune, sous l'oeil vigilant des cigognes.
Poursuite sur plan d'eau
Poursuite bis
Planche furtive
Invocation furtive
Sur Nimic II, maintenant qu'on est bien imprégné du dernier Damasio, on essaye de les faire entrer dans le cadre en attendant l'aboutissement des petites réparations en instance.

dimanche 14 juillet 2019

Fête Nat

Casse-croûte de fête
Une salade d'avocat au basilic, une tome fraiche de brebis, le tout lesté de la miche tiède et croquante tout juste sortie du four du bord. Quoi de mieux pour des agapes de fête, ou peut-être même d'anniversaire ;) Bon appétit, musicien !

dimanche 7 juillet 2019

Clandestins

Marque de banc de sable
Ils étaient quatre, il y a trois jours, dans l'eau jusqu'à la taille, en train de pousser leur embarcation dans la marée montante au milieu la baie. L'un d'entre eux a désespérément utilisé un bout de pagaie pour la faire avancer. Le moteur relevé sur le tableau arrière signale l'origine du problème. Une fois de plus, Nimic est en train de manoeuvrer pour ajuster le mouillage qui tient mal au moment de la renverse de vives-eaux. Je viens juste d'envoyer l'ancre par le fond, je les vois en relevant la tête, à deux cents mètres. Je fais un signe et crie : "Vous avez besoin d'aide ?" Le concert de leurs voix indique qu'ils sont étonnés de mon souci, et qu'ils se débrouilleront bien tout seuls. Tout de même, je vois que pour rejoindre le rivage avec leur stock de palourdes arrachées à la lagune, ils vont être obligés de nager en poussant la barque. La brise thermique s'est méchamment levée contre le courant, le clapot est puissant. Je passe un appel sur la VHF du port pour signaler leur situation. Pas de réponse.
Le lendemain, l'un de ces pécheurs à pied était à vingt mètres du bateau, dans cette activité qui me sidère. Pendant des heures en suivant la ligne de fond accessible entre fin de jusant et début de flot, ils baignent dans l'eau jusqu'à la poitrine, creusent la vase autour d'eux à l'aide d'une spatule tamisée à long manche et versent leur butin de coquillages dans une hotte sur leur dos. Certains même fument. Celui-ci, me voyant émerger sur le pont, me lance un joyeux : "Eh bonjour, tu as besoin d'aide ?". Nous échangeons des encouragements ;)
En touchant terre pour ma douche du jour, pourtant, je tiens à demander au marin du port s'il a entendu mon appel de la veille. Comme pour éviter de répondre, il explique : "Ce sont des illégaux, ils vendent leur pêche aux restaurants du coin sans respecter les procédures d'assainissement. Les coquillages doivent passer trois mois en viviers avant d'être consommés." Bien sûr, il ne me serait pas venu à l'idée, sauf en extrême urgence, de manger les produits naturels de ces eaux polluées par l'environnement humain. Mais bon, est-ce une raison pour abandonner des personnes en danger ? Ce sont des illégaux, répète encore hier l'un des moniteurs de l'école de voile, en train de poser des bouées pour l'entraînement d'optimist féminin dont les parcours démarrent à cinquante mètres de Nimic. Il voulait éliminer une petite bouée de signalisation manifestement posée là par les pêcheurs pour marquer la limite du domaine accessible à pied. Je l'ai néanmoins convaincu que par effet miroir, cette bouteille en plastique donnait une indication précise sur la bonne zone de mouillage.
Optimists à l'entraînement
Retour de pêche
Aujourd'hui que Nimic est enfin mouillé sainement, et que les coefficients décroissants vont rendre le séjour plus confortable, j'ai pris le temps de regarder le ballet des pêcheurs à pied à marée basse. J'ai constaté qu'il y en a deux clans différents. Ceux qui débarquent du village de Seixal et y rentrent en sécurité dès que la mer commence à couvrir. Et ceux qui surgissent du bois d'Amora, plus nombreux, moins bien équipés, et surtout plus colorés. Associé au souvenir des bidonvilles d'immigrants que j'ai vus là-bas au cours de mon tour de la baie, ce détail donne un double sens à la notion d'illégalité et de non-assistance à personne en danger. En voyant passer vers Amora leur canot lourdement chargé de sept hommes et femmes aux discussions animées, resté.e.s jusqu'au dernier instant à compléter la cargaison de vivres fraîches pour leurs familles, je me suis dit qu'ils avaient probablement vécu des traversées autrement difficiles avant d'échouer ici.

- page 1 de 16