Le blog de Nimic II

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vendredi 9 novembre 2018

Ronger son frein

Ebats de cormoran
Vérifier chaque jour les amarres en fonction de la météo annoncée. Ressortir son vélo pour parcourir les pontons entre artisans, capitainerie et sanitaires. Enregistrer le circuit des branchements des nouvelles batteries, coupe-circuits et autre cyrix. Déconnecter la prise de quai parce que les panneaux solaires assurent maintenant par tout temps. Regréer la trinquette réparée par notre voilier favori. Rester amie avec la famille de canards qui réclame des miettes. Se prendre pour le cormoran prêt à se jeter dans le grand bain.
Vélo de ponton
Nouvelle organisation énergétique Reprendre du service sur la route du Rhum en virtuel auprès des loups de mer. Hésiter entre les options nord et sud et opter pour la plus réaliste contre la probablement gagnante, bien qu'humainement impraticable. Se désoler des nombreux abandons chez les réels. Se féliciter de n'être pas en mer pour de vrai. Continuer à suivre Sam, François, Alex... et le capitaine Frog ;)
Attendre que les techniciens, commerciaux et autres intermédiaires se mettent d'accord sur la bonne solution pour faire fonctionner l'hydrogénérateur. Garder l'oeil sur les fichiers grib à l'affut de la prochaine fenêtre vers les Canaries. Eviter de trop taper dans l'avitaillement du bord. Se tenir aux balustres quand on pose le pied sur le ponton parce qu'on est déjà en mode marin. Accueillir avec plaisir les amis, cousins et voisins de passage pour recueillir les dernières nouvelles de la terre. Avoir la tête en mer. Ronger son frein.
Canette affamée

jeudi 25 octobre 2018

Avitaillement et autres tergiversations

Nouveau chargeur de quai
Connexion de l'antenne satellite
Tempête de crânes pour hydro
Le frigo est branché, le chargeur de quai a été changé, c'est le moment de s'installer à bord, de prendre ses marques en attendant la finition des équipements de navigation : antenne du téléphone satellite, branchement des panneaux solaires, modification de l'embase de l'hydrogénérateur. Chaque contretemps technique est l'occasion de tester sa résistance au stress. Le dernier en date : l'explosion de l'une des batteries entraîne la décision de changer le parc, qu'on espérait faire durer au moins une saison supplémentaire.
Appros médicales, merci Mapie !
Kit d'urgence
Appros longue durée
Appros gourmandise
A grands renforts de sachets congélation, on a transformé en kit d'urgence la montagne de boîtes de la pharmacie du bord. On teste la pertinence des provisions de la cambuse en espérant ne pas les épuiser avant le départ. Et on se change les idées avec le spectacle permanent du port, grandes manoeuvres de dragage et évolutions diverses.
Engin de creusement
Pilotage de drague
Effet artistique sur casier

mardi 16 octobre 2018

Scénario catastrophe

Traîne de tempête tropicale
La journée commence bien, la tempête tropicale a juste effleuré l'Ile et n'y laisse qu'un marasme d'Est avec ciel magnifique et mer se calmant. On a fait savoir à notre ship-chandler favori que l'installation de l'hydrogénérateur nouvelle formule met en évidence encore de graves dysfonctionnement (une turbine à moitié immergée ne peut produire son quota d'énergie...) et il a répondu avec une solution acceptable. On se dit que ce n'est qu'une occurrence supplémentaire des mini-catastrophes qui se produisent en salves au cours d'une préparation de grande navigation, qu'on y fait face avec détermination et bonne fortune, et qu'on aura bientôt largué les amarres.
Hydrogénérateur à mi-fonction
Alors on se fixe pour la journée une tâche mineure : remplacer les rivets vert-de-grisés des sangles de sécurité : timonerie, cuisine. On a repéré dans les stocks techniques un sachet de pièces qui pourraient être appropriées, bien qu'apparemment d'un matériau différent. On se met à la recherche d'une pince à riveter pour les fixer, et on s'adresse à notre voilier favori : il suffit de leur taper sur la tête au marteau, et oui, ce sont les mêmes, il s'agit de laiton chromé. On s'était fait toute une montagne de l'opération, mais elle est réglée en dix minutes. On bénit le paternel qui avait tout prévu : nos sangles sont prêtes à poser, juste une affaire de quelques noeuds.
Démontage de la pompe du réchaud
Et c'est là que ça déraille. Un magnifique bout en dyneema remplacerait les vieilles attaches datant de trente ans, coupées ras, non réutilisables. Il faudrait en arrêter les noeuds à la chaleur. On ferait chauffer à rouge sur le réchaud une lame de couteau qui permettrait des finitions nettes. On s'apprête à allumer le réchaud, un vieil optimus à pétrole avec pompe à pression et pré-chauffage à l'alcool. On regarde monter doucement l'aiguille de pression au rythme de nos bras et là, à mi-chemin, c'est la sortie de route : le joint en cuir de la pompe reste coincé dans le fond du tube. On démonte l'ensemble, sans succès. Pas de pompe, pas de pression, pas de feu, pas d'arrêt de noeuds, etc... Mais surtout, pas de réchaud pour la cuisine Yikes!
Va-t-on trouver une pompe de remplacement ? Si non, faudra-t-il changer le réchaud ? Réorganiser l'agencement de la cuisine ? Comme un jeu de dominos, la catastrophe se déroule dans la tête du skipper abasourdi... C'était ma séquence : "Comment dégringoler de son petit nuage en un tour de bras..."
Coucou ! Mise à jour le lendemain : c'est notre mécanicien favori qui a été pêcher le joint au fond du tube de la pompe... Ouf, ça va mieux !

mercredi 10 octobre 2018

Drague du jour

Plateforme de drague
Braveheart, c'est le nom de la barge qui vient d'investir le port de l'Herbaudière pour la saison. Cette plateforme logistique va procéder au déplacement de tonnes de vase de l'intérieur vers l'extérieur des jetées, pour satisfaire aux caractéristiques cartographiques du plan d'eau et de son chenal d'accès : "dragué à 1,2 m". Qui parlait de vider la mer à la petite cuiller ?
Pêche du jour
Sur Nimic, les travaux de Sisiphe continuent également. Outre le passage chez les artisans concernés pour réparer la trinquette ou repeindre la coque, on a raclé les cales pour les délester d'un lot conséquent de connexions électriques inutiles ou matériels défaillants : connexions "push-pull" du réfrigérateur remplacées par une bonne vieille soudure ; régulateur de charge du circuit de la génératrice 220V déjà virée ; divers câbles surnuméraires dans la simplification générale des circuits.
Soudure des branchements du frigo
Chargeur de quai hors service
Et pour parfaire notre pêche du jour, c'est le chargeur de quai qui manifeste une faiblesse qu'il faudra bien suppléer. On attendra encore un peu pour emménager à bord...

dimanche 7 octobre 2018

Avis de coup de vent

Dans le ventre du port
Agrandissement du réseau de navigation
En prévision des grands frais d'automne, on avait déplacé Nimic au coeur du port, sur un ponton moins exposé à la houle, auprès des grands frères de la SNSM, en face des cousins de la criée. On y passait tranquillement le temps à compléter les équipements, au gré de la disponibilité des matériels et des techniciens, au rythme des variations de l'anticyclone. On attendait avec impatience le moment où seraient réglées les connexions du groupe froid, afin de s'installer à bord. Chaque soir, on rentrait sagement à terre après les contrôles de routine.

On regrettait bien de ne pas être prêt pour chevaucher jusqu'à la Corogne les ondes du régime d'Est installé depuis plusieurs semaines... On avait suivi avec intérêt la progression du coup de vent passager qui en bousculait temporairement l'empire. On ne s'était pas inquiété outre mesure. On aurait bien dû.
Coup de vent de nord
Les volets cognaient cette nuit. On est sorti vérifier l'amarrage à l'approche de la pleine mer. Nimic renaclait sous les rafales d'un méchant flux de nord-ouest tourbillonnant par dessus le terre-plein ouest. Ses quinze tonnes écrasaient les pare-battage. Le bateau raclait le ponton qui arrachait la peinture. Et en prime, un mauvait filet de vent s'est engouffré dans une poche de toile mal serrée du rouleau de la trinquette : elle s'en souvient, elle !

dimanche 30 septembre 2018

Sauvetage en mer

#SaveAquarius
"#SaveRescueAtSea"

vendredi 28 septembre 2018

Autonomie hauturière

Panneaux solaires sur balcon
"Tu te prépares pour la prochaine coupe du monde !" plaisantent les promeneurs de ponton. C'est que quatre panneaux solaires sur balcon arrière ça vous change une ligne de bateau, non ? L'autonomie énergétique étant l'objectif principal de cette campagne de mise au point, on s'est livré à l'augmentation des productions renouvelables et à la diminution simultanée des utilisations thermiques : changement de toutes les ampoules par des leds, suppression du générateur 220V fonctionnant sur le moteur, et surtout recalibrage du groupe froid, en remplaçant le congélateur et son compresseur par un évaporateur en L directement dans la glacière. Ca en libère de la place, dans les caissons !
Dépose du vieux congélateur...
...remplacé par un tout petit compresseur
...et un évaporateur de poche
On va enfin pouvoir s'installer à bord et préparer les choses sérieuses (un déssalinisateur, par exemple ?), dès que l'hydrogénérateur nouvelle formule aura regagné sa position sur le tableau arrière :)
Hydrogénérateur nouvelle formule

samedi 22 septembre 2018

Double coeur

Pavillons multiples
National ou complaisance, l'étiquette maritime voudrait que chaque drisse de barre de flèche n'accueille qu'un seul pavillon. Celui du propriétaire à tribord, quand il est seul. Lequel pavillon de propriétaire se retrouverait à la drisse babord quand, en route dans des eaux étrangères, le capitaine arborerait un pavillon national de complaisance pour témoigner de son respect des règles locales.

Sur Nimic II, on transgresse, ce qui ne surprendra pas les familiers. Toujours dans nos eaux nationales - ce qui dispense de hisser un pavillon étranger, on fait flotter à tribord le pavillon de notre port d'attache - l'Herbaudière, accompagné de celui de notre département d'adoption - la Vendée et sa double allégeance royale et religieuse ;) Voilà pour le clin d'oeil de complaisance. Et pour l'identification, on déploie à babord la toute nouvelle flamme à double face qui est sortie des ateliers du bord : un côté pour la marguerite - et son rattachement breton ; et un côté pour la perle - sortie en collier de son huître persane.

Nous voilà donc - bateau et skipper - prêts à chevaucher la crête des vagues dans le recouvrement permanent des appartenances, dans la multiplication des signes, dans l'imbrication de la forme et de l'esprit, dans le mouvement de la vie. Bons vents !

vendredi 7 septembre 2018

Spenner

Le Spenner quitte l'Herbaudière
Décidément, les Norvégiens - qu'ils soient vikings ou afghans - aiment l'Herbaudière ;)

vendredi 31 août 2018

Porte de l'Orient

Nimic II au Kernével
Les rencontres sont souvent imprévues à Lorient. Cette fois-ci, c'est d'un drone que nous admirons notre coursier des mers, en compagnie des champions en cours de préparation pour de nouveaux records, comme ici le trimaran Banque Populaire juste remis à l'eau après son démâtage.
Trimaran Banque Populaire à la BSM de Lorient

mercredi 29 août 2018

Gros Rocher

Nimic II au Gros Rocher de Belle_Île
Lever au Gros Rocher
Rien de tel que l'annonce d'un petit coup de suroît pour donner des envies de mer à un bateau en cours de mise au point. Nimic II s'est donc retrouvé ce dimanche sur l'autoroute des îles, les Glénan peut-être au bon vouloir du vent. On n'avait pas trop forcé sur la toile pour ménager l'estomac de l'équipier non amariné, et on a trouvé avec bonheur l'abri du Gros Rocher de Belle-Île au coeur du grain, quand le vent a commencé à tourner au noroît.
Du coup, on s'est réveillé dans une brume magnifique, et la journée a passé comme une fleur à visiter le Palais et ses trésors servis à la Vauban : marins aux yeux de tempête, bateau au radoub à flanc de quai, galion d'époque, ferry mastodonte... Le Palais, Belle-ïle
Portraits de marins à Belle-ïle
Bassin de radoub au Palais
Aux marches du Palais
Atterrissage au Palais
Il ne restait plus qu'à immortaliser l'instant par un portrait du bateau en situation :) Et là, les inconstantes prévisions météo ont fini de nous dérouter. Essai infructueux d'attrapper une bouée à Sauzon par méchant vent d'est. Alors on est parti à l'abri de Quiberon, vers le nord, on a laissé les Birvideaux et Groix sur babord en se faisant pousser par des courants de marée favorables en pleine pétole. Nous revoilà au Kernével, quatre ans après !

vendredi 24 août 2018

Chaussé pour l'hiver

Chaussette de gennaker
David en tête de mât
Comment dompter ce gennaker qui me donne tant de fil à retordre à l'emballage ? Un début de solution a été trouvé en lui gréant une chouette chaussette... un peu courte il est vrai, mais les mains habiles de notre voilier favori - qu'on trouve aussi en funambule pour débloquer l'enrouleur de génois - vont remédier à ce détail ;)
Shunt pour contrôleur de batterie
Contrôleurs de batteries
Et tant qu'à se prémunir des frimas, on a aussi - avec notre électricien favori - gréé des contrôleurs sur le pack de batteries, afin d'évaluer au mieux la consommation en hauturier. Je n'oublie pas la grande nouvelle de la journée : grâce à Sylvain, on a identifié - et réparé - l'origine de la panne du réchaud : le tuyau d'adduction du combustible était cassé :(
En cadeau, et signature, ma bobine aux prises avec mon téléphone passé inopinément en selfie Yikes!
Selfie

lundi 13 août 2018

Mousse en formation

Mousse en formation

samedi 11 août 2018

Désenclaver l'Afghanistan ?

Quatre garçons afghans sur Nimic II
On en avait rêvé, Nimic l'a fait... amener les Afghans à la mer ;)
Les mêmes, douze ans auparavant

vendredi 10 août 2018

Changement de régime

Relais du démarreur en cours de remplacement
Relais de masse
Il y a un temps pour tout. D'abord la mise au point et la mécanique, et on en épuise rapidement les plaisirs et l'intérêt. Combien, par exemple, y a-t-il de relais sur le démarreur ? Celui qui partage sa gangue métallique avec la pièce toute neuve remplacée en Espagne, cela fait Un. Consulté sur mes déboires résiduels de démarrage, le mécano local déclare qu'il faut aussi 'changer le relais', une autre pièce extérieure au démarreur. J'imagine naïvement qu'il s'agit de la pièce corrodée sur lequel j'ai branché, deux fois au cours du retour, le shunt de secours confectionné par le mécano basque en cas de caprice. Eh bien, non, ce numéro Deux serait un 'relais de masse'. Il y en a donc un Trois, caché à l'arrière au-dessus de l'inverseur, qui nous a immobilisés deux semaines avant que la pièce de rechange n'arrive des stocks de Yanmar.

Le temps pour la nav est donc revenu, et c'est vers Belle-Île que Nimic s'est élancé en début de semaine, avec Michèle la méridionnale venue évaluer l'attrait du projet 'Nimic II autour du monde'.
Michèle et cargos
Eolienne à Basse Capella
Je suppose que c'est bien le relais Trois qui était fautif, car le démarreur a été sollicité sans rechigner au cours de notre aller-retour vers le Morbihan. Pas un souffle à l'aller, et donc obligation de slalomer dans le champs de cargos au mouillage à la Banche ou pour éviter les éoliennes qui poussent comme des champignons à Basse Capella. Pour le retour par contre, l'anticyclone avait cédé. On a eu droit à une fuite à la walkyrie dans un noroît surprise à force 6... il fallait bien s'aider au moteur pour faire les changements de voilure dans le méchant clapot qui n'a pas tardé à se lever. Alors on s'est offert - à la voile - des petites pointes à 10 noeuds et une moyenne dépassant 7 noeuds pour rentrer à Noirmoutier Yess !
Arrivé à pas d'heure plus tôt que prévu, Nimic II a squatté un moment le ponton de son grand frère Martroger. Et le beau temps est revenu !
Nimic II au ponton du Martroger
Lever de soleil à la Gardette

samedi 4 août 2018

Classiques

Bouchons dans le port
Derniers préparatifs Ca s'agite tôt dans le port de l'Herbaudière. Canards, poseurs de bouées, équipages en préparation, en course ou en démonstration animent les darses de leur polychromie, d'époque ou pas ;)
De Katic à Pen Duick
Défilé de classiques
Martroger en serre_file
A tout seigneur, tout honneur, c'est Martroger qui ferme la route pour accompagner toutes ces légendes.

mardi 31 juillet 2018

Danseuse indienne ?

Requins et dragons
Belle Hortense en sortie
Morgan
Grondin en essais
Apsara, Belle Hortense, Morgan, autant d'unités que leurs propriétaires polissent comme des joyaux pour participer aux festivités de l'été au Bois de la Chaise. C'est leur vibration intime qui s'exprime, perles de beauté insaisissable dans les houles de l'univers, auxquelles les artisans du port contribuent de leur indispensable compétence.

Nous, simples mortels, entretenons nos danseuses pour en extraire l'essence de nos vies et la promener autour du monde. Ainsi Manua, lancée vers le sud avec bagages et enfants. Ainsi bientôt, Nimic II, si tout va bien :)
Manua part vers le sud

lundi 23 juillet 2018

Encore des bricoles !

Jean-Leduc assure ;)
Départ du Jean-Leduc
Parmi la longue liste des bricoles à régler à notre retour de cette première virée depuis quatre ans, on a commencé par aller chercher la drisse de spi en tête de mât, où elle s'était logée au cours de l'ultime bataille avec le gennaker. On a mis à contribution nos charmants voisins du Jean Leduc, bien connus pour être les mieux amarinés du port :)
Tout en regagnant notre stabilité à terre, on s'est donc attaqué à la liste: combustible ad-hoc et joints de cuir pour la pompe du réchaud, nouvelles tiges de culbuteurs et réglages des sus-dits, commande d'un nouveau relais pour le démarreur, éventrage des winches, matage du buzzeur de la pompe automatique, reprise des coulures de rouille sous le bordé babord avant, chaque détail réglé ne semble pas vraiment la raccourcir ;) Eclaté de pompe de réchaud
Réglage des culbuteurs
Coulures de rouilles sous bordé
La meilleure nouvelle de la semaine, pourtant, concerne l'hydrogénérateur : le fabricant a mis au point un nouveau système d'enclenchement, et nous en fera l'échange standard dès sa disponibilité. Cool, non ?

dimanche 15 juillet 2018

Renverse

Lune du soir
Mer agitée
Murmure de vaguelettes en voile sombre sur la mer calme ? Météo ébouriffante et imprévisible ? Le reste de lunaison, le soleil impertubable et ponctué de redoutables brises thermiques, nous ont accompagnés dans ce retour d'Espagne jusqu'à notre port naturel, l'Herbaudière. Péripéties d'un moteur imprédictible, mais on a par deux fois utilisé avec succès le shunt du relais fabriqué à notre intention par le petit mécano basque. Changements de voilure et de cap au gré des vents, réduits souvent à pétole entre deux grands frais originaires de l'endroit où, justement, on voulait aller. Trois fois j'ai pensé faire escale, mais Bayonne, Royan, Yeu ont été successivement effacés de notre route quand le vent tournait trois heures avant d'y arriver, et nous réouvrait celle de notre but. Quatre nuits en mer, donc. Une arrivée un soir de grande marée, alors que la lune avait disparu du ciel. Nous avons pourtant traversé plusieurs fois la vague d'étrave qui témoigne de sa présence horlogère, et de sa puissance à organiser nos minuscules existences, à renverser deux fois par jour la masse de l'océan circulant sous nos coques au-dessus du plateau continental.
Pigeon en atterissage d'urgence
Escadrille de ramiers en escale hauturière
Probablement que mon parcours de capitaine solo n'est pas validé, pourtant, parce qu'un matin, poussé par la brise de terre qui forciçait, j'ai vu un clandestin couvert de bagues tenter un atterrissage sur les barres de flèches, puis sur le radar, avant d'échouer dans le cockpit. Il s'est goulument abreuvé de l'eau rouge de mes réservoirs - et que je retrouve au robinet de mon domicile, d'ailleurs. Un quart d'heure plus tard il était suivi d'une escadrille complète, mais tous se sont relancés dans la brise lors d'une nouvelle palanquée de manoeuvres.

Et chaque fois que je montais harnachée sur le pont, je clamais vers les vagues de l'infini : "Je t'ai dit que je m'accrochais, alors je le fais !"

samedi 7 juillet 2018

Ola Donostia !

Nimic II à San Sebastian Depuis mantenant trois jours que j'y traine, il ne fait aucun doute que c'est Nimic II le plus beau bateau du port de San Sebastian. Tout le monde a l'air de penser la même chose, et c'est probablement dû au fait que l'accueil portuaire y est limité aux bateaux de moins de dix mètres ;) Gorgo, le capitaine du port, m'a bien fait comprendre que les grosses unités ne peuvent rester que deux jours au quai d'honneur, mais on ne refuse pas un navire en avarie ! Du coup, alors que je revenais payer mon dû après un départ manqué, il s'est apitoyé sur mon sort et a donné un coup de canif au prix de la nuitée - qui n'a rien à envier à celui de l'Herbaudière, d'ailleurs. C'est Gorgo qui a déniché un jeune mécano survolté pour frotter sur les cosses du démarreur, me laissant espérer un départ en deux jours. Las, cela n'a pas suffit et il faudra bien changer la pièce, rouillée et vieille de dix ans, histoire de ne pas se faire coincer en situation difficile avec un problème de charbons. C'est annoncé pour lundi ou mardi. A voir, avec la facture en rapport...
Kayaks à l'appel
Optimists au retour d'entraiinement
Virage de rameurs
Rameurs en eau profonde
En attendant, je repasse à l'anthropologie. Quelle est la particularité basque ? Ils rament, ils nagent, ils naviguent. Filles ou garçons, on en voit partout, en kayak, en standup, en optimist, sur la plage, au mouillage, et surtout dans ces énormes pirogues menées par un chef de bord qui hurle ses instructions à une douzaine d'équipier, par tous les temps.
Entrée de la baie de San Sebastian avec ressac
Et parlons-en, du temps : on se croirait à Brest ! Averses fines et crachins, ciel très variable, orages à l'occasion, houle rentrant directement dans la baie et lumières éblouissantes. D'accord, il fait un peu plus chaud qu'en Armorique. La végétation verte et fournie prouve que c'est la norme. Bien à l'abri dans ce bijou baroque, on ne se plaint pas. Lumières du soir par le hublot Quoi, Donostia ? Vous ne savez pas ? C'est San Sebastian en euskadi, pardi ! Et les sourires s'agrandissent quand mes interlocuteurs apprennent que mon prénom est breton.

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