Le blog de Nimic II

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mercredi 17 juillet 2019

Furtifs

Fin de coquillage
Patrouille de cigognes
Force cinq sur un plan d'eau protégé du clapot, c'est le bonheur du véliplanchiste. Ils s'en donnent à coeur joie si le vent se lève, dès que la lagune a été libérée par les pêcheurs à pied. Deux mondes qui ne se cotoyent pas mais se partagent les ressources au bon vouloir de la lune, sous l'oeil vigilant des cigognes.
Poursuite sur plan d'eau
Poursuite bis
Planche furtive
Invocation furtive
Sur Nimic II, maintenant qu'on est bien imprégné du dernier Damasio, on essaye de les faire entrer dans le cadre en attendant l'aboutissement des petites réparations en instance.

dimanche 14 juillet 2019

Fête Nat

Casse-croûte de fête
Une salade d'avocat au basilic, une tome fraiche de brebis, le tout lesté de la miche tiède et croquante tout juste sortie du four du bord. Quoi de mieux pour des agapes de fête, ou peut-être même d'anniversaire ;) Bon appétit, musicien !

dimanche 7 juillet 2019

Clandestins

Marque de banc de sable
Ils étaient quatre, il y a trois jours, dans l'eau jusqu'à la taille, en train de pousser leur embarcation dans la marée montante au milieu la baie. L'un d'entre eux a désespérément utilisé un bout de pagaie pour la faire avancer. Le moteur relevé sur le tableau arrière signale l'origine du problème. Une fois de plus, Nimic est en train de manoeuvrer pour ajuster le mouillage qui tient mal au moment de la renverse de vives-eaux. Je viens juste d'envoyer l'ancre par le fond, je les vois en relevant la tête, à deux cents mètres. Je fais un signe et crie : "Vous avez besoin d'aide ?" Le concert de leurs voix indique qu'ils sont étonnés de mon souci, et qu'ils se débrouilleront bien tout seuls. Tout de même, je vois que pour rejoindre le rivage avec leur stock de palourdes arrachées à la lagune, ils vont être obligés de nager en poussant la barque. La brise thermique s'est méchamment levée contre le courant, le clapot est puissant. Je passe un appel sur la VHF du port pour signaler leur situation. Pas de réponse.
Le lendemain, l'un de ces pécheurs à pied était à vingt mètres du bateau, dans cette activité qui me sidère. Pendant des heures en suivant la ligne de fond accessible entre fin de jusant et début de flot, ils baignent dans l'eau jusqu'à la poitrine, creusent la vase autour d'eux à l'aide d'une spatule tamisée à long manche et versent leur butin de coquillages dans une hotte sur leur dos. Certains même fument. Celui-ci, me voyant émerger sur le pont, me lance un joyeux : "Eh bonjour, tu as besoin d'aide ?". Nous échangeons des encouragements ;)
En touchant terre pour ma douche du jour, pourtant, je tiens à demander au marin du port s'il a entendu mon appel de la veille. Comme pour éviter de répondre, il explique : "Ce sont des illégaux, ils vendent leur pêche aux restaurants du coin sans respecter les procédures d'assainissement. Les coquillages doivent passer trois mois en viviers avant d'être consommés." Bien sûr, il ne me serait pas venu à l'idée, sauf en extrême urgence, de manger les produits naturels de ces eaux polluées par l'environnement humain. Mais bon, est-ce une raison pour abandonner des personnes en danger ? Ce sont des illégaux, répète encore hier l'un des moniteurs de l'école de voile, en train de poser des bouées pour l'entraînement d'optimist féminin dont les parcours démarrent à cinquante mètres de Nimic. Il voulait éliminer une petite bouée de signalisation manifestement posée là par les pêcheurs pour marquer la limite du domaine accessible à pied. Je l'ai néanmoins convaincu que par effet miroir, cette bouteille en plastique donnait une indication précise sur la bonne zone de mouillage.
Optimists à l'entraînement
Retour de pêche
Aujourd'hui que Nimic est enfin mouillé sainement, et que les coefficients décroissants vont rendre le séjour plus confortable, j'ai pris le temps de regarder le ballet des pêcheurs à pied à marée basse. J'ai constaté qu'il y en a deux clans différents. Ceux qui débarquent du village de Seixal et y rentrent en sécurité dès que la mer commence à couvrir. Et ceux qui surgissent du bois d'Amora, plus nombreux, moins bien équipés, et surtout plus colorés. Associé au souvenir des bidonvilles d'immigrants que j'ai vus là-bas au cours de mon tour de la baie, ce détail donne un double sens à la notion d'illégalité et de non-assistance à personne en danger. En voyant passer vers Amora leur canot lourdement chargé de sept hommes et femmes aux discussions animées, resté.e.s jusqu'au dernier instant à compléter la cargaison de vivres fraîches pour leurs familles, je me suis dit qu'ils avaient probablement vécu des traversées autrement difficiles avant d'échouer ici.

jeudi 4 juillet 2019

TGIT (blague pour initiés)

A quoi ai-je passé ces derniers jours ?
Clôture de fête traditionnelle
On tire des bords
Aromates amarinés
A profiter des festivités locales tout en soignant ma ligne ;)
Tube de chaîne amoché Mais surtout, à essayer de résorber la liste des travaux en instance, tout en constatant avec horreur qu'elle augmente plus vite que l'énergie qu'on y consacre... Comme des légendes qui se rappellent à nous, les tracas paternels ressurgissent au moment où je fais la fausse manoeuvre qui aboutit au même résultat. Ici, par exemple, le tube d'entrée de la chaîne dans le pont sous le guindeau vient d'être défoncé au cours de manoeuvres de mouillage répétées à cause des grandes marées en cours. Leçon à retenir : ne pas relever l'ancre en tension ! Ca n'imprime que quand on a soi-même fait la connerie, bien sûr ! Donc, je cours les shipchandlers, les artisans locaux, pour des réparations sans réelle valeur ajoutée, mais indispensables à la sécurité générale du bord. J'ai quand même réussi à modifier la hauteur de l'embase de l'hydrogénérateur, qui maintenant n'a plus le cul à demi dans l'eau en position de repos.
Et alors, quel est le programme ? Eh bien, continuer à perdre du temps en flânant sur la côte puis dans les îles, puisque la prochaine saison de traversée de l'Atlantique ne sera pas ouverte avant l'automne... Ce temps de latence a en outre l'avantage d'améliorer l'état du bateau après un départ un peu précipité mais souhaité depuis longtemps, tout en renforçant les compétences de l'équipage Tope-là ! Souriez, on est jeudi !

dimanche 23 juin 2019

Grand pavois

Grand pavois sur Nimic II
C'était l'occasion rêvée de sortir pour la première fois la collection de pavillons de Nimic II : la fête des bateaux traditionnels du Tage, qui se tient pendant une semaine avec pour pivot la baie de Seixal.
Baia do Seixal
Molta, bateau traditionnel du Tage
Voilier traditionnel du Tage
De la musique, de la danse, des jeux d'eaux, du commerce, des balades sur le fleuve, des photos, tout le village est au grand pavois.
Initiation au kayak
Retour d'entraînement
Le repos du scout marin
Prêtes pour le spectacle
Heureusement que j'avais emmagasiné de la bonne humeur. Comme si Nimic faisait une crise de jalousie, j'étais juste rentrée à bord hier soir quand un sinistre glouglou m'a alertée, puis le déclenchement de la pompe du circuit d'eau douce, et enfin la sirène de la pompe de cale.
Yikes! Je vous laisse deviner dans quelle position j'étais à cet instant précis. Mais il m'a fallu beaucoup de concentration pour maîtriser ma panique, identifier dans le noir l'origine du cataclysme, organiser mes pensées et lui trouver une solution. Joint du tuyau d'adduction d'eau déboîté sous l'évier. Problème réglé. Il faudra néanmoins que je me procure du ruban de joint silicone, qui conviendra certainement mieux que le ruban électrique que j'ai utilisé... En synthèse, tout fonctionne parfaitement. Il vaut mieux toutefois que j'ai été présente au moment idoine, à défaut de quoi les réservoirs d'eau douce auraient été vidés dans la mer par le truchement de ces deux pompes en tandem, et je l'aurais découvert au plus mauvais moment, bien sûr. Sans être capable d'identifier le lieu de la fuite, puisqu'il n'y en aurait plus...!
Grand pavois traditionnel
Pavois de fronton administratif
Pavois de rue
Pavois philarmonique
Pavois d'école
Colifichets
Encore des colifichets
Stand de sportifs
Friandises
Pares-soleil
Pavois de fenêtre
Encore une fenêtre
Fenêtre à vendre
Pour garder le sourire : il y a une intruse hors contexte dans ces photos de grand pavois. La personne qui saura la détecter et lui réattribuer ses lieu et date aura gagné une semaine gratuite sur Nimic II ;) Ah, et puis, il paraît que la France entre en canicule, et bien ici, aujourd'hui, c'est vent du sud, avec temps bouché, pluie et froid ! Allez comprendre...

lundi 17 juin 2019

Envers du décor

Mar da Palha, ria de Lisbonne
Baie de Seixal et ria du Tage sur OpenCPN
Déjà, à Baiona, ça m'avait démangée : faire le tour de la baie à pied. J'y avais renoncé à cause de l'impossibilité de traverser le goulet au retour de mon équipée. Ici, à Seixal, le marin du mouillage a accepté de me déposer à la pointe des Corbeaux, le bout de la langue de sable au nord de la ria où Nimic est actuellement sur coffre - tout en m'avertissant que le périple risquait d'être éprouvant. J'ai mesuré, il y a environ trois kilomètres depuis l'entrée du chenal de Seixal jusqu'à l'extrémité ouest de la lagune, où s'élèvent les immeubles d'Alfeite, la banlieue populaire d'Almada, ville de la marine portugaise. Pas de quoi fouetter un chat, me dis-je, ça va me dégourdir les pattes après tout ce temps sur le bateau. J'en profiterai aussi pour récupérer au chantier naval d'Amora, juste en face dans la baie, un boulon pour remplacer celui qui j'ai malencontreusement laissé choir à la baille en cherchant à remonter le tabouret - modifié - de l'hydrogénérateur.
Après le choc esthétique en découvrant la grande plage ouverte sur la 'mer de Paille', baie intérieure de la ria du Tage, je n'ai pas raté l'occasion d'examiner directement les lieux de l'incendie de ces derniers jours.
Vestiges d'incendie sur marais
Squat industriel
Bienvenue chez les furtifs
Ecluse de la saline
Front de défense des marais salants
Herbes sèches semées de détritus. Bâtiments industriels squattés. Marais salants à l'abandon, avec tags pour leur protection. Tous les ingrédients d'un désastre économique, écologique et humain. Ricardo, le marin du port, m'a expliqué que la friche industrielle des anciens séchoirs est détenue par plusieurs conglomérats qui ne trouvent aucun accord, ni pour leur vente ni pour leur réhabilitation. Pour compliquer encore la situation, la partie nord du banc de sable, là où j'ai entendu des manoeuvres militaires au matin de mon arrivée, est un domaine public détenu par la marine.
Une fois satisfaite de ma collection de photos, je me suis lancée bravement sur la piste. Pour découvrir la réalité de la vie locale. Edifiant. Absence du moindre équipement pour piétons. Pistes cyclables, voies de trams ou viaducs d'autoroutes stoppés à mi-construction. Zones commerciales truffées de marques françaises, accessibles uniquement en voiture. Bidonvilles en contreplaqué et tôle ondulée, accolés à des jardins ouvriers, au pied d'immeubles futuristes. Equipements (dé)polluants au milieu des zones d'habitation. Monuments anciens à l'abandon. Globalement, une activité bourdonnante bénéficiant à un petit nombre. Et toujours un accueil ouvert et chaleureux. Sauf à la quincaillerie tenue par une famille chinoise, où l'on a voulu me faire admettre que leur boulon en ferraille était exactement identique à celui, en inox marine, que je leur exhibais. Heureusement, le chantier d'Amora en détenait bien un exemplaire. Et j'en ai trouvé un autre dans les fonds du bateau en rentrant ;)
Point de vue sur la baie de Seixal (NE)
Point de vue sur la baie de Seixal (SE)
Point de vue sur la baie de Seixal (N)
Tout compte fait, le tour de la baie de Seixal, sans me presser, mais les jambes bien lourdes sur la fin, m'a pris presque sept heures de crapahut dans la brousse et de déambulation en front de mer Bise

mardi 11 juin 2019

Fogos

Convoi d'artifices
Mettre le feu au bateau ? Il y a deux nuits, à une heure trente du mat, j'ai été réveillée par une pétarade assourdissante qui m'a fait craindre le pire et m'a jetée tremblante sur le pont... pour admirer un superbe feu d'artifice tiré du fond de la baie de Seixal. Ce qui a finalement donné sens au convoi de caissons hérissés de fanions que j'avais vu la veille remonter le chenal, et qui est repassé le lendemain dans l'autre sens : les rampes de lancement des fusées préparées par les pompiers locaux. Lesquels pompiers avaient également eu fort à faire pour éteindre une reprise de feu de l'autre côté de la baie : les herbes sèches non encore dévorées étaient devenues la proie d'un retour de flamme à cause d'un changement de vent.
Reprise d'incendie
Pièces de brûleur pour le réchaud
Sur Nimic II, pourtant, on se réjouissait de l'arrivée des pièces pour le réchaud de la cuisine, ce qui nous met à l'abri d'un accident de brûleur. Message personnel à mon partenaire de coeur : merci de ta contribution à la sécurité Bise Je tiens à mentionner, néanmoins, que les tapis afghans en laine de la couchette du pacha la protègent de tout risque d'incendie ;)
Ignifugation de couchette

jeudi 6 juin 2019

Cale sèche à Seixal

Nimic II à l'écomusée de Seixal
Comme son nom l'indique, Seixal est l'endroit idéal pour séchages en tous genres. En ce qui concerne Nimic II, on a profité d'un quai asséchant aux grandes marées basses pour procéder à quelques travaux et à un léger carénage. Débarrasser l'hélice de son paquet-cadeau en sacs plastique et coquillages. Eliminer la mousse marine colonisant la ligne de flottaison. Passer cinq couches de composants divers sur l'étrave et autres égratignures des oeuvres mortes. Attendre autant de basses mers pour laisser sécher chaque couche. On notera au passage l'amélioration progressive de la compétence de l'équipage pour gérer la mise au sec et les sarcasmes des badauds étonnés de la position du bateau.
Faveur d'hélice
Primaire sur étrave et autres égratignures
Laque blanche de beauté
Profiter des temps morts pour mélanger une proportion appropriée de durcisseur dans de la colle pour engin gonflable. En enduire une pièce de réparation correspondant à la surface déchirée de l'annexe. Laisser sécher les quelques minutes nécessaires. Appliquer fermement. Laisser la lessive du jour frémir au soleil et au vent jusqu'à obtention du séchage parfait. Ne pas oublier de relever le niveau des réservoirs d'eau laissés quasiment à sec par les dernières semaines à bord. L'ensemble des opérations est un succès, merci !
Annexe en attente de reprendre du service
Petit linge à sécher au vent Après trois jours de yoyo au gré de la lune, Nimic est de retour au coffre au milieu de la baie dans l'attente de pièces pour le réchaud. Au passage, on a découvert quelques coutumes locales, comme le club de kayak-polo qui complète les nombreux clubs de canoé. Peut-être bien que l'incendie de ruines et d'herbes sèches attisé par le coup de suroît de Miguel en fait partie ? Heureusement, la pluie est venue en aide aux pompiers pour l'éteindre. Et sur Nimic, c'est un nettoyage de pont bienvenu après tous ces pataugeages dans la vase du port ;)
Entraînement au kayak-polo
Incendie sur la lagune

samedi 1 juin 2019

Lisbonne de haut en bas

Funiculaire à flanc de Bairro Alto
Petite pause en haut de la rue
Ouvrez la cage aux papillons
Le même, vu du bas
Quand on traîne dans la banlieue de Lisbonne en attendant des pièces - comme des rustines pour l'annexe ou des grilles de brûleur pour le réchaud, on en profite pour parfaire sa connaissance du terrain. Je n'avais jamais eu l'occasion de visiter le Bairro Alto ou le Chiado, c'est chose faite ! Le tram à flanc de colline, côté pile ou face. Les graffitis pour habiter les enfilades de rues. Les cavalcades de toutes époques et de tous âges. Les ex-votos à la paix ou à la repentance. La liberté lisboète est animée de sagesse plutôt que de richesses, c'est ce qu'en retiennent les touristes.
Au trot, au trot, au trot
Prières de pierres pour la paix
Mémorial de l'armada esclavagiste

jeudi 30 mai 2019

Ascension à Seixal

Ellie sur TaiMoShan
Westenwind à Seixal
Capella Endeavour à Seixal
Trente degrés à l'ombre au midi solaire. C'est l'occasion d'un défilé de belles unités de tous calibres que la pleine mer encourage à traverser la lagune pour atteindre au grand large. TaiMoShan - avec ses deux voiles de jonque et sa ligne asiatique - a couru tous les océans avec Ellie, qui n'a rien à lui envier en matière d'ambiguïté et d'audace. Westenwind ou Capella Endeavour sont plus classiques, chacun dans leur genre.
En ce qui concerne le nombre de mâts ou la singularité du skipper, Nimic II n'a pourtant rien à leur envier, coucou ;)
Ma bobine au soleil de Seixal

dimanche 26 mai 2019

Damnés de la terre

Coucher de soleil sur les séchoirs à morue de Seixal
Lagune de Seixal avec grand pont en arrière plan
On m'avait dit, Seixal est une municipalité communiste, c'est pas cher et ils sont très gentils. OK, j'ai pratiqué pendant trente ans, je connais. Le gars qui fait office de capitaine de port dans sa cahute en bois sur la jetée explique fièrement les hauts lieux à visiter, vestiges du monde ouvrier local. La fabrique de bouchons de liège, en ruines, qui n'abrite plus qu'un café-bar pour soirées festives. Les séchoirs à morue sur le banc de sable, également en voie de disparition avancée, et mystérieusement animés de vacarmes guerriers quand s'y déroulent des manoeuvres militaires, à l'ombre du grand pont sur le Tage. Village de Seixal
Street art à Seixal
Liberté toujours
Après une visite du village où se côtoient les ruines et les maisonnettes retapées - le Trentemoult local, j'ai résolu de me rendre dans la lagune. Une fois emmagasinée ma collecte de photos, la réalité locale s'est rappelée à moi, comme pour que je n'oublie pas de payer mon écôt : quand je la remettais à flot pour rentrer à bord, l'annexe s'est crevée sur les éboulis de pierre qui encombrent la grève. Heureusement, je ne suis pas rentrée à pied ;) Merci Bruce et Ellie pour le sauvetage Bise
Pêcheurs à pied avec héron
Tradition locale

jeudi 23 mai 2019

Sauts de puce

Mouillage de Cascais
Pittoresque, accueillant, ce coin de baie de Cascais où Nimic II a posé l'ancre pour plus d'une semaine. C'est oublier tous les bateaux qui sont passés avant, laissant au fond câblots, chaînes, casiers et autres déchets de navigation. Après Baiona et Peniche, le mouillage de Cascais s'avère un champ de mines. Il a fallu quatre jours pour se défaire d'une méchante chaîne dont les anneaux font quinze centimètres de diamètre, et l'intervention d'un pêcheur - reparti fâché de son échec, puis de deux bateaux voisins - merci André, Curt et Khenda, avant le plongeon réussi du club local. Ils interviennent souvent, presqu'une fois par semaine... Quand j'ai demandé qui était en charge de l'assainissement des fonds, ils répondent : "La Marine, mais ils ne le font pas...!" A se demander qui en profite. La police maritime, passée avec l'intention de me coller une amende parce que Nimic avait quitté la zone de mouillage marquée sur les cartes pour se rapprocher de la plage, a finalement fait preuve d'indulgence...
Panoplie de bricolage
Réparation à la plage
Avant de repartir, il a fallu réparer : les deux feux du balcon avant avaient sauté quand j'avais voulu utiliser l'orin pour dégager l'ancre avec la drisse de spi. A un moment, j'ai eu peur d'avoir à refaire entièrement le câblage, car les fils avaient été arrachés. Et puis, une fois de plus, j'ai pu bénir le perfectionnisme paternel : il y avait toute la longueur nécessaire cachée sous le pont Yess !
Grand pont sur le Tage
Nous voilà maintenant à Seixal, petite commune ouvrière sur la rive gauche du Tage, après le grand pont. Poussés par la marée montante et un joli vent de travers, nous avons fait défiler en quelques heures les installations portuaires et monuments fluviaux de Lisbonne, avant de nous laisser choir dans la lagune, qui offre elle aussi son lot de surprises. Cette nuit, à marée basse, Nimic a pris de la gite !
Mouillage de Seixal

vendredi 17 mai 2019

Yachting à Cascais

Peixe A Borda et Prenda De Natal
Chronos et Purusa
Ici, on s'appelle 'Poisson à bord', ou 'Cadeau de Noël'. L'humour du pêcheur portugais n'a rien à envier à celui des Herbaudrins. Les visiteurs voient plus grandiose comme, en toute simplicité, le Chronos, 49 par 9. Pas en pieds, en mètres, et avec vingt séries de hublots, s'il vous plait ! Ce ketch de passage est à mettre en perspective avec le ketch rouge de seulement onze mètres qui le côtoie au mouillage - le Purusa, rouge en sanskrit, ou avec la demi-douzaine d'autres ketchs au milieu desquels Nimic II fait figure de nain. Depuis trois jours, on a tout loisir d'admirer la fine fleur du yachting dans ce haut lieu de la vie sociale lisboète.
On ne va pas bouger de sitôt, notre ancre est encore engagée dans une chaîne plus grosse que ma cuisse, que notre orin n'arrive pas à dégager. On attendra que le vent soit plus calme, pour que le club de plongée local vienne y exercer ses talents. C'est quand même le quatrième incident de mouillage depuis que Nimic et moi flirtons avec la péninsule ibérique. Heureusement, on n'est pas pressé. Je continuerai à admirer les azulejos et autres curiosités locales.
Azulejos dans les rues de Cascais
Promenade à Cascais

mardi 14 mai 2019

Cascais en tapis volant

Sur foil à Cascais
Depuis que Nimic II est en baie de Cascais à l'entrée de la ria du Tage, on a l'impression de marcher sur l'eau ! Non pas tant parce qu'on est parti de Peniche juste à temps pour voir le coucher du soleil sur les Berlengas, qu'on avait loupées à l'arrivée à cause du crachin breton. Ni parce qu'on a passé le Cabo da Roca (point le plus occidental d'Europe continentale) au moment du lever du soleil suivant. Mais parce qu'ici le spectacle est produit par des fous volants sur leurs drôles de planches à foil. Impressionnant !
En prime, depuis une semaine on est devenu pointu en matière de brises thermiques. Ca décoiffe à l'occasion ;) Coucher de soleil sur les Berlengas
Lever de soleil au Cabo da Roca
Thermique du matin au Cabo Raso

samedi 11 mai 2019

Réveil en fanfare

Citadelle de Peniche
Hommage aux victimes du fascisme
Prainha de San Pedro
Falaises de Peniche
Plaisirs du palais
Mémoire des prisonniers de Salazar que préserve la sinistre prison de la citadelle de Peniche ? Les vieilles murailles sous le soleil témoignent du courage et de la résistance des humains devant les éléments naturels aussi bien que devant l'oppression. Réveil de nos papilles sollicitées par la saveur d'une grillade de sardines fraiches ? Retour du vent du nord qui a lavé le ciel de tous ses nuages et raye le plan d'eau de ses filets d'écume ? Ou bien alarme de dérive du mouillage qui nous surprend en plein brossage de dents ?
C'est pieds nus et en pyjama que je me suis retrouvée sur la plage avant après avoir démarré le moteur en urgence, commande du guindeau à la main pour relever le mouillage à quelques mètres du bateau voisin et de la digue. Quand je me suis rendu compte que l'ancre était crochée dans un câble du fond, j'ai enfin pu rassembler mes esprits, cracher le dentifrice par dessus le bastinguage et m'équiper plus pratiquement : brassière, gants et vêtements de pont. Ca a quand même demandé que passe un pêcheur compatissant pour couper le câblot avant de retrouver le calme d'un mouillage conventionnel. Merci à lui ! Tout va bien, il fait beau à Peniche Yess !

jeudi 9 mai 2019

Crachin breton à Peniche

Jetée ouest de Peniche
Jetée est de Peniche
Ecole de voile à Peniche
Police maritime à Peniche
Guerreiro Do Mar
Entrée des artistes
Remparts de Peniche
Bien à l'abri derrière ses gigantesques jetées renforcées au cours des millénaires avec les techniques les plus modernes, il sert à tout, le large bassin du port de Peniche. De mouillage pour les aventuriers de passage, quand le vent d'ouest ne laisse plus d'échappatoire. De bassin de radoub pour le deuxième port de pêche du Portugal, et de base arrière à ses guerriers de la mer. D'école de voile pour l'équipe nationale catégorie Optimist. De port d'attache pour les fonctionnaires de la police maritime, dont le bateau croisait à l'entrée quand nous y sommes arrivés au milieu du coup de chien - comme pour s'assurer que tout le monde rentrait bien au bercail.
Le tout a été gagné sur la mer au cours du temps, rehaussé méthodiquement depuis la période romaine pour garantir la sécurité de la petite communauté, et protégé d'éventuels envahisseurs par d'épais remparts. Bien qu'on n'ait pas encore eu le plaisir de voir le tout sous le soleil, on ne s'en plaindra pas ;)

mardi 7 mai 2019

Zone de pêche

Skyte surfers à Baiona
Lever sur la route de Peniche
Sieste sur la route de Peniche
Rencontre sur la route de Peniche
Nous voilà à Peniche, petit port de pêche de la côte portugaise au nord de Lisbonne, qui doit son nom à sa position de paquebot faisant face à la mer. Nimic II vient de faire le tour de ces falaises, dans le coup de tabac prématuré, impressionnant ! Il nous a fallu trois nuits depuis Baiona, car les vents n'ont pas été coopératifs. Du sud-ouest oscillant en fin de parcours nous a valu une longue période de bords de près. J'ai peaufiné ma technique pour faire passer le foc sans le coincer dans l'étai de la trinquette, et donc sans être obligée d'aller sur la plage avant pour le faire passer : petite reprise à l'enrouleur, virement vent arrière, et le tour est joué :)
Reste quelques questions couleur locale. D'abord, il y a sur la carte à environ cinq milles de la côte une magnifique ligne continue dessinée en poissons qui porte la mention 'zone de pêche'. Comme il y a des pêcheurs, des filets ou des casiers partout, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de cette ligne, quelle est sa signification : dedans ou dehors ? particuliers ou professionnels ? espèces protégées ? Mystère, un éclairage serait le bienvenu.
Paz no mundi de Nazaré Ce matin bien avant l'aube, je louvoyais laborieusement entre la côte et le rail au large, et nous franchissions donc régulièrement cette démarcation en tâchant d'éviter les bouées des pêcheurs. Alors que je venais de mener à bien mon dernier virement à terre, un coup d'oeil à la carte AIS me signale l'apparition sur le plan d'eau d'un bateau tout juste sorti du port de Nazaré, que nous venons de passer un peu plus au nord. Il est nommé Paz No Mundo, fort à propos pour un nazaréen, me dis-je. Il est encore à une poignée de milles et je décide de surveiller son chemin vers les zones de pêche avant d'aller repiquer un petit roupillon. Rapidement, sa route indique une trajectoire de collision avec celle de Nimic II. Nous sommes établis au près serré, sur un bord qui doit durer au moins trois heures, donc je le laisse venir pour qu'il fasse les corrections nécessaires. Une heure plus tard, il a légèrement infléchi sa route, qui semble indiquer qu'il va nous rattrapper et croiser la nôtre un peu devant. Je le regarde passer sous le vent, tous feux allumés, en attendant qu'il dégage la route pour aller me recoucher. Et là, surprise : le bateau s'arrête à trois cents mètres juste devant nous, puis commence à faire le bouchon pour une manoeuvre de... je ne sais pas trop quoi, puisqu'il n'est pas indiqué 'en pêche'. Nous avons juste la place de glisser à son vent, à quelques dizaines de mètres.
Je suis ahurie, abasourdie, sous le choc. Depuis deux heures, n'a-t-il pas repéré notre bateau, tout occupé qu'il était à préparer sa manoeuvre ? Ce serait tout de même incroyable. A-t-il au contraire voulu optimiser les contraintes en allant jusqu'à la limite qui lui permettait de démarrer ses opérations tout en nous laissant le passage ? Alors là, chapeau ! Il faut bien dire que ma première réaction était de nous penser l'objet d'une certaine hostilité... Dix heures plus tard, le Paz No Mundo est toujours au même endroit, sans plus d'indications sur les opérations en cours. Encore un mystère de la zone de pêche portugaise. Quelqu'un aurait des expériences similaires à raconter ?

mercredi 1 mai 2019

Fête du travail

Régates à Baiona
Boum ! Sept coups de canon à dix heures du matin, sept encore à sept heures du soir, on pourrait penser que les Galiciens aiment particulièrement la fête du travail... si on n'avait déjà entendu ces salves régulièrement depuis qu'on est ici, en provenance de la ria de Vigo derrière les collines. L'amirauté locale respecte ses traditions ;)
A notre grande déception pourtant, c'est à la corne de brume qu'a été donné le départ de la magnifique régate du 1er mai qui s'est élancée sous nos yeux à treize heures pétantes dans le clapot de la baie, pour aller affronter au large les 25 à 35 noeuds de vent du nord annoncés par la météo. On ne les a pas vus revenir... je parierais pour une annulation en cours de route !
Hydrogénérateur à poste
Pièces d'hydro déposées
Tout cela animait agréablement nos petits jeux de clés diverses pour démonter et remonter les pièces de rechange du piètement de l'hydrogénérateur. Il est à nouveau en place, on le teste dès que possible, c'est-à-dire quand le vent sera rentré dans des proportions plus négociables. :)

mardi 30 avril 2019

Il est arrivé, le paquet !

Livraison pour hydro
On ne l'a pas encore ouvert, on vous tient au courant depuis notre petit coin de paradis :)
Nimic au mouillage de Baiona
Le même vu de l'avant
Petit matin vu de l'intérieur

samedi 27 avril 2019

Flekkeroy

Flekkeroy en baie de Baiona
Pas sûr que le titre de ce post soit au goût de ses destinataires, parce qu'on n'a pas trouvé sur notre clavier le caractère approprié pour prononcer le "eu" qui doit se lire sous le o : en norvégien, le o est barré en oblique ;) Mais j'espère que Klara et Bernhardt me le pardonneront. Ils étaient conviés hier soir à bord de Nimic II pour les remercier (surtout Klara) d'avoir aidé à nous dégager de la vilaine bouée précédemment signalée. Aujourd'hui ils partent vers les îles Cies à bord de leur magnifique vieux gréement, autour duquel Bernhardt fait sa vie depuis une quinzaine d'années, et que Klara a rejoint il y a presque dix ans. Depuis lors, ils utilisent leurs compétences propres pour financer leurs aventures communes autour de l'Atlantique : il est mécanicien, elle est charpentier de marine. Quand on leur demande comment ils font pour entretenir leur monture, leur réponse symétrique est : "je me suis adjoint les compétences nécessaires !". Et on aura remarqué, sur le cliché joint, que les outils les plus solides (comme un guindeau à bringuebale, par exemple) ne résistent pas à Klara ;)
D'ailleurs, tandis que Flekkeroy étalait stoïquement le coup de vent au mouillage dans la baie, Nimic profitait de l'annonce de l'arrivée imminente de ses pièces de rechange pour se la couler douce au ponton. En compagnie d'oiseaux de passage venus profiter de l'abri local, comme le superbe et tout neuf RM Natalia, par exemple, que Thomas et sa famille nomade ont tout de suite repéré. Bons vents à tous ces navigateurs.
Natalia démarre vers la Méditerrannée
Quant à Nimic, euh... comment dire ? Pour éviter d'avoir à incriminer les transporteurs locaux, les trafiquants internationaux ou les prestataires approximatifs, on dira qu'il y a toujours des bricoles en cours pour vous retenir à bon port, comme ici un ajustement de la casquette de la chaussette du gennaker Yess ! De retour au mouillage dans l'attente de meilleures nouvelles, je vous embrasse !
Mise au point du gennaker

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